"La plume est la langue de la pensée"
Miguel de Cervantes Saavedra

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05/12/2011

Droits de l'Homme: le Mexique montré du doigt

 Le Mexique est un pays où il ne fait pas bon être défenseur des Droits de l'Homme, où il ne fait pas bon ouvrir sa gueule. L'article de Proceso présente le rapport annuel de l'Observatoire pour le protection des défenseurs des Droits de l'Homme. En voici une traduction, suivie de l'originale.

Bonne lecture

  Le Mexique reste sur la liste des pays avec le plus d'atteintes contre les défenseurs des droits

Gloria Leticia Díaz

Le Mexique demeure l'un des pays avec les plus haut indices d'atteintes aux défenseurs des Droits de l'Homme dans le monde, selon le rapport annuel 2011 de l'Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme.
Parrainé par l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH), le rapport pointe le Mexique comme l'une des nations d'Amérique Latine où les défenseurs sont menacés, attaqués et harcelés « de manière constante » et où on criminalise la protestation sociale. De plus, poursuit le rapport, les défenseurs des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des personnes transgenre (LGBT) sont victimes de discriminations et de stigmatisations, et les défenseurs de l'environnement et les leaders indigènes sont menacés, harcelés et dans certains cas assassinés. De même, insiste-t-il, la liberté d'expression est menacé par les meurtres de journalistes.
Entre janvier 2010 et avril 2011, l'organisme a émis 32 alertes urgentes suite à des attaques contre des défenseurs des droits et de journalistes. Parmi les motifs de ces alertes, on compte des meurtres et des détentions arbitraires.
L’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme a émis un communiqué spécial, car au Mexique « la vulnérabilité des défenseurs des droits de l'Homme qui luttent contre l'impunité des féminicides demeure un motif de préoccupation. » Le document met en exergue le fait que l'année passée, parmi les groupes militants les plus vulnérables figurent ceux qui dénoncent « les violations des droits de l'Homme par les forces armées ».
Il met en garde sur la stratégie du président Felipe Calderon dans son combat contre le crime organisé et le narcotrafic, avec « le déploiement de l'armée pour des taches qui légalement incombent à la police (…), ont augmenté les violations des droits de l'Homme imputables aux forces armées sans contrôle efficace de la part des organes civils. »
Une autre des préoccupations de l'Observatoire réside dans l'augmentation des violations des droits des migrants, dont l'expression la plus cruelle fut la découverte des fausses clandestines de centaines de corps au Tamaulipas et au Durango entre 2010 et 2011. Bien que ces faits aient été imputés au crime organisé, l'Observatoire fait remarquer qu'il existe des dénonciations mettant en cause l'intervention de fonctionnaires publics dans certains cas de maltraitance.
Au sujet de la liberté d'expression, le rapport recense 139 agressions de journalistes et 21 de médias, pour la seule année 2010, ce qui fait de notre pays le « plus dangereux pour exercer le journalisme » en Amérique.
L'Observatoire reprend les conclusions du rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme (HCNUDH), et souligne son étonnement face à d'inopérants mécanismes de protection pour les militants, officialisés par Felipe Calderon lors de la visite de la Haut Commissaire, Navi Pillay.
Comme cas les plus graves de violences contre les défenseurs des droits, le rapport mentionne l'assassinat de Josefina Reyes au Chihuahua en janvier dernier ; la disparition forcée du dirigeant paysan du Guerrero, Victor Ayala Tapia ; les menaces de mort et agressions qui ont fait fuir de Basse Californie Silvia Vázquez et Blanca Mesina, représentants de policiers et de civils de Tijuana torturés par des militaires dans des locaux de l'armée ; l'impunité qui prévaut dans les cas d'attaques contre les membres du Front Civique du Sinaloa, Mercedes Murillo et Salomon Monarrez, ainsi que les menaces qui ont obligé le visiteur de Ciudad Juarez, Gustavo de la Rosa, à vivre à El Paso, au Texas.
Le texte insiste tout spécialement sur les agressions envers les femmes qui se battent pour leurs droits et contre l'impunité des féminicides, soulignant l'assassinat de Marisela Escobedo, mais également les actes de harcèlement et d'agressions contre les militantes Emilia Gonzalez, Marisela Ortiz et Maria Andrade, ainsi que la journaliste Rosa Isela Perez Torres.
L'Observatoire fait de plus état de 18 cas d'agressions contre des défenseurs des droits des indigènes, 12 contre des activistes de l'environnement et opposants à des méga-projets, six contre des défenseurs des droits des migrants d'Amérique Centrale, et cinq contre des journalistes.

 

 

 

 

 

 Et la version originale paru sur le site de Proceso le 28 novembre 2011

 

Se mantiene México en la lista de países con más agravios a activistas

Gloria Leticia Díaz
28 de noviembre de 2011



MÉXICO, D.F. (apro).- México se mantuvo como uno de los países con más alto índice de agravios contra defensores de derechos humanos en el mundo, según el Informe Anual 2011 del Observatorio para la Protección de los Defensores de Derechos Humanos.
Auspiciado por la Organización Mundial contra la Tortura (OMCT) y la Federación Internacional de Derechos Humanos (FIDH), el informe resalta que México es una de las naciones de América Latina donde se amenaza, se ataca y hostiga a los defensores “de manera constante” y se criminaliza la protesta social.
Además, señala, los defensores de lesbianas, gays, bisexuales y personas transgénero (LGBT) son discriminados y estigmatizados, y los defensores del medio ambiente y líderes indígenas son amenazados, hostigados y en algunos casos asesinados. Asimismo, apunta, está en riesgo la libertad de expresión por los asesinatos de periodistas.
De enero de 2010 a abril de 2011, el organismo emitió 32 acciones urgentes por agravios cometidos contra defensores y periodistas. Entre los motivos que originaron las alertas están los homicidios y detenciones arbitrarias.
El Observatorio para la Protección de los Defensores de Derechos Humanos hizo un especial pronunciamiento, porque en México “la desprotección de los defensores de derechos humanos que luchan contra la impunidad de los feminicidios sigue siendo motivo de preocupación”.
En el documento resalta que este último año, otro de los grupos de defensores más agredidos en México fueron aquellos que denunciaron “violaciones a los derechos humanos cometidas por las fuerzas armadas”.
Y alerta que la estrategia del presidente Felipe Calderón para combatir el crimen organizado y el narcotráfico, a través del “despliegue del Ejército en tareas que legalmente le corresponden a la policía (…), ha incrementado las violaciones a los derechos humanos cometidas por las fuerzas armadas sin controles eficaces por parte de órganos civiles”.
Entre las preocupaciones del Observatorio está el incremento de violaciones a los derechos humanos de los migrantes, que han tenido sus expresiones más crudas en el descubrimiento de fosas clandestinas con cientos de cuerpos en Tamaulipas y Durango entre 2010 y 2011.
Si bien esos hechos se han atribuido al crimen organizado, el Observatorio hace notar que se ha denunciado la intervención de funcionarios públicos en algunos agravios.
En cuanto a la libertad de expresión, documentó 139 agresiones a periodistas y 21 a medios de comunicación, sólo en 2010, por lo que nuestro país se convirtió en el “más peligroso para ejercer el periodismo” en América.
El Observatorio retoma las conclusiones del informe de la Oficina de la Alta Comisionada de Naciones Unidas para los Derechos Humanos (OACNUDH), y resalta la extrañeza de que no opere el mecanismo de protección para defensores, firmado por Felipe Calderón durante la visita de la Alta Comisionada, Navi Pillay.
Como casos paradigmáticos de la violencia contra defensores, el informe internacional menciona el asesinato de Josefina Reyes, en Chihuahua, en enero de este año; la desaparición forzada del dirigente campesino de Guerrero, Víctor Ayala Tapia; las amenazas de muerte y agresiones que expulsaron de Baja California a Silvia Vázquez y Blanca Mesina, representantes de policías y civiles de Tijuana que fueron torturados por efectivos militares en instalaciones castrenses; la impunidad que prevalece en los ataques a los integrantes del Frente Cívico Sinaloense, Mercedes Murillo y Salomón Monarrez, así como las amenazas que obligaron al visitador de Ciudad Juárez, Gustavo de la Rosa, a vivir en El Paso, Texas.
De forma especial, el texto resalta las agresiones a las defensoras de los derechos de las mujeres y la lucha contra la impunidad de los feminicidios, destacando el asesinato de Marisela Escobedo, así como los actos de hostigamiento y agresiones a las defensoras Emilia González Tercero, Marisela Ortiz y Maria Luisa Andrade, así como a la periodista Rosa Isela Pérez Torres.
Además, menciona 18 casos de agresiones contra defensores de indígenas; 12 contra activistas a favor del medio ambiente y opositores a megaproyectos; seis contra defensores de migrantes centroamericanos, y cinco contra periodistas.

01/12/2011

Contribuons... il en sortira bien quelque chose



Wikileaks en partenariat avec - entre autre - le site d'info français Owni révèle l'ampleur du marché de la surveillance sur le net... mais pas des écoutes à petite échelle, à la "The Wire", mais un espionnage de masse. Un marché estimé à près de 5 Milliards de dollars!
Voilà l'adresse pour feuilleter le dossier d'Owni. Pour celles et ceux qui lisent l'anglais, vous pouvez faire un tour sur la page dédiée de Wikileaks.
Si plus que les mots vous avez besoin d'une carte pour matérialiser cette nouvelle grille de lecture, et d'écoute, celle concoctée par la "méta-rédaction" des partenaires de Wikileaks sur ce coup devrait vous plaire.

Intéressant aussi de lire ce qu'en disent les médias traditionnels:
Le Monde tout d'abord nous amène à ce monde de surveillance par notre caractère cocardier, puisque le quotidien du soir titre sur "une technologie française" ayant permis à Kadhafi d'espionner des opposants libyens jusqu'à l'étranger.
Libé titre sur Wikileaks s'attaquant à sa nouvelle cible: la surveillance des réseaux.
Au final Libé lance un cri d'alarme par l'entremise d'Olivier Laurelli, co-fondateur de reflets.info: "On présume toute une population coupable. Ce sont des armes de guerre !"
Le Figaro, comme Le Monde,  moins cri du cœur, semble déplorer le manque de "régulation international" de ce marché.


Sinon, comme je traînais sur Owni, j'ai lu "Vers une économie de la contribution", qui présente des piste de réflexions pour un dépassement du capitalisme grâce à l'apport en terme de pratiques des outils web et notamment des expériences de communautés nées autour de Wikipedia ou des logiciels libres, mais aussi des AMAP. Le philosophe Bernard Stiegler, fondateur d’Ars Industrialis, y décrit le consumérisme comme la deuxième phase de prolétarisation des peuples. Extrait:
"Au 20ème siècle, un nouveau modèle s’est substitué au capitalisme industriel et productiviste du 19ème : le consumérisme, qu’on assimile au Fordisme et qui a cimenté l’opposition producteur/consommateur. Le capitalisme productiviste supposait la prolétarisation des ouvriers. Ceux-ci perdaient tout leur savoir-faire qui était transféré aux machines. Avec le consumérisme, ce sont les consommateurs qui perdent leur savoir-vivre, ce qui constitue la deuxième phase de la prolétarisation."

 A ce vol des savoir-faire et des savoir-vivre, le philosophe oppose donc cette économie de la contribution, basée sur les savoirs de chacun comme nutriments et la passion, les projets comme le feu de cuisson.

Un autre projet évoluant dans cet esprit "contributionniste" - non évoqué dans l'article - serait bien les "#Op" des Anonymous. Au Mexique, les hacktivistes lancent une nouvelle opération: #OpCarreterasSeguras (Op routes sûres), comme l'annonce l'hebdo d'investigation mexicain Proceso.
 "Les passagers sont en constant danger d'être violés, recrutés par le crime organisé, assassinés et dépouillés de leurs biens. Beaucoup de ces passagers sont des migrants des pays d'Amérique centrale contraints de traverser le Mexique pour gagner les USA", dénonce Anonymous dans son message vidéo.



 

14/11/2011

Anonymous déclare la guerre à la corruption au Mexique


En un nuevo comunicado, Anonymous iberoamerica da a conocer una primera lista de paginas, cuentos twitter,  de diputados, partidos politicos hackeados.
Con #OpCorrupcion, los hacktivistas de Anonymous hacen una doble llamada a toda la comunidad hacker y a los Mexicanos para acabar con la corrupcion que sufre el pais.

En el blog de la rama iberoamericana del movimiento mundial, el comunicado existe tambien en video, desaconcejada a un publico sensible. Pero como lo dicen "Es la puta realidad".


PRD en el Senado defaceado, imagen cortesia de @MexicanH



 

 Dans un nouveau communiqué, Anonymous Amérique Latine publie une première liste de sites, comptes Twitter, d'élus, de partis mexicains piratés.

Avec l"#OpCorrupcion, les hacktivistes de Anonymous ont lancé un double appel à l'ensemble de la communauté hackers et au Mexicains afin d'en finir avec la corruption qui gangrène le pays.
Sur le blog de la branche latino-américaine du mouvement mondial, le communiqué est accompagné d'une vidéo déconseillée aux âmes sensibles. Mais comme ils le disent "C'est la putain de réalité".

 Voici une traduction du communiqué #OpCorrupcion


Au gouvernement de la République Fédérale des Etats-Unis Mexicains

Ces derniers jours nous avons été énormément sollicité par un peuple oublié de ses dirigeants. Un peuple maltraité par la violence gratuite, la corruption, l'indifférence de son gouvernement, la passivité de ses forces de sécurité...

Nous nous sommes rendus compte que les mexicains étaient seuls. Ils n'ont personne à leurs côtés, ni personne en qui croire.
En tant qu'Anonymous nous avons essayé de faire prendre conscience dans le peuple pour que cela change. Nous avons essayé de nous faire entendre du gouvernement et qu'il prenne les mesures appropriées pour régler la situation. Mais nous avons compris que la corruption et la peur étaient telles, qu'aujourd'hui personne ne souhaite faire quoi que ce soit pour changer tout cela.

C'est ce qui nous pousse à faire un appel à tous les Anonymous du monde, toute la communauté hacker mondiale, à laisser nos différences de côté, à attaquer sans égards tous les organismes gouvernementaux du Mexique. A hacker leurs sites, leurs courriers, leurs serveurs. A braquer les lumières sur l'information cachée qui démontre que les dirigeants mexicains sont corrompus.

Nous déclarons officiellement la guerre à la corruption au Mexique

Peuple du Mexique, vous n'êtes pas seuls. Des moments difficiles sont à prévoir, mais il est temps de changer les choses. Nous sommes avec vous. Les cartels ne nous ont pas intimidés, nos décisions ne sont prises que pour vous aider. Soyez valeureux. Nous vous demandons de coopérer. De dénoncer. De vous manifester. De descendre dans la rue sans crainte. Que l'on sente qu'il n'y a plus de peur au Mexique, et que les choses vont changer.

Nous sommes avec vous mais nous ne pouvons pas agir sans vous. Nous avons besoin de votre aide. Le moment est venu de changer les choses.

Chacun sur son terrain, chacun à son niveau d'engagement, pour tous ensemble mettre un terme à la corruption, aux abus de pouvoir, que nous puissions vivre avec la liberté de nous exprimer, de décider de notre futur et de celui de nos enfants.

Il est temps de dire ce que l'on pense et de montrer que le peuple a le pouvoir

Manifeste ton indignation. Descends dans la rue. Bats-toi pour tes droits.

Peuple du Mexique, vous n'êtes pas seuls, Anonymous et le monde sont avec vous

Nous sommes Anonymous
Nous sommes Légion
Nous ne pardonnons pas
Nous n'oublions pas
Comptez avec nous

08/11/2011

We are legion...

Pour clore cette série d'articles sur la bataille des Anonymous contre les Zetas, voici la bande-annonce d'un docu américain sur les hacktivistes intitulé "We Are Legion". Il faudra attendre 2012 pour voir le  documentaire de Brian Knappenberger.
En attendant, allez jeter un oeil au dossier de Courrier International, Tous pirates! sur les hacker et autres hactivistes.
Le Monde évoque le bras de fer entamé par Anonymous contre les cartels de la drogue au Mexique.
Enfin, sur le site de Proceso, un article sur le journaliste Brown, très proche des Anonymous, qui prétend poursuivre l'#OpCartel à son propre compte.

Et voici donc la BA (en anglais) de We are Legion:


04/11/2011

Anonymous vs Zetas : les hacktivistes remportent la bataille

Un communiqué publié sur le site Anonymous iberoamerica annonce la suspension de #OpCartel suite à la libération de leur camarade enlevé par les Zetas à Veracruz durant une action "Paperstorm".
Le collectif de cyber-militants explique l'arrêt (momentané) de son opération contre les cartels de la drogue mexicains par les menaces des Zetas envers la famille de l'hacktiviste libéré.
Pour autant, il est intéressant de noter que les Zetas ont libéré l'Anonymous enlevé à la fin du mois d'août, cédant ainsi aux exigences des militants de la liberté. Alors que l'agence spécialisé en sécurité et Anonymous eux-même craignaient que la révélation de noms de complices des Zetas ne se traduise par des assassinats en série, il semble bien que les craintes de voir étaler en public les liens étroits du crime organisé et des politiciens, militaires, policiers, journaliste a été la plus forte... Ce qui semble confirmer la collusion forte entre Zetas et personnalités sensibles.
Contrairement à ce que j'écrivais il y a quelques jours, l'arme de l'information brandit par Anonymous au nez et à la barbe des cartels a fait baisser pavillon aux adeptes des armes à feu.
Cette fois donc, la plume a eu raison de l'épée. Une fois n'est pas coutume, mais ça donne envie d'y croire.
La lucha sigue

Proceso relaie l'information dans un article reprenant en partie le communiqué et en apportant quelques informations sur l'émergence des Anonymous au Mexique (en espagnol).





Voici le communiqué traduit par mes soins, ainsi que la version original:

Communiqué #OpCartel

Aujourd'hui notre compagnon anonyme retenu par le cartel des Zetas a été libéré.
Nous avons pris grand soin de vérifier son identité par l'intermédiaire de contacts avec ses compagnons et amis et nous pouvons affirmer que bien que marqué, il est sain et sauf.
Il nous a fait parvenir un message, si Anonymous révèle quelque nom que ce soit lié au cartel, la famille du captif aurait à en subir les conséquences, pour chaque nom révélé, dix personnes seraient la cible de représailles.

Il n'est pas dans nos intentions que la lutte quotidienne que nous menons pour la liberté dans le monde ne fasse de personnes innocentes des victimes de la violence et la barbarie des cartesl de la drogue qui assaillent chaque jour les mexicains.

Le collectif Anonymous a décidé à l'unanimité que les informations dont nous disposons ne seront pas rendues public pour l'instant, car nous sommes conscients qu'il nous est impossible de parer les menaces qui mettent en danger des civiles innocents n'ayant rien à voir avec nos actions.

Le savoir est Libre
Nous sommes Anonymous
Nous sommes Légion
Nous ne pardonnons pas
Nous n'oublions pas
Comptez sur nous


Comunicado #OpCartel

En el día de hoy, nuestro compañero anonymous retenido por el cártel de los zetas ha sido liberado.

Hemos prestado sumo cuidado en verificar su identidad mediante contactos con sus compañeros y amigos y podemos decir que aunque magullado, está sano y salvo.

Nos ha hecho llegar un mensaje, si Anonymous desvela algún nombre relacionado con el cártel, la familia del anónimo retenido sufrirá las consecuencias, por cada nombre del cártel revelado, diez personas serán ajusticiadas.

No está en nuestro ánimo que la lucha diaria que llevamos a cabo por la libertad en el mundo conlleve que personas inocentes sean víctimas de la violencia y la barbarie que diariamente azotan a los mexicanos por parte de los cárteles de la droga.

El colectivo de Anonymous ha decidido por consenso que la información de la que disponemos no sea desvelada por el momento, ya que entendemos que no podemos obviar las amenazas que involucran a personas civiles inocentes que nada tienen que ver con nuestras acciones.

El Conocimiento es Libre
Somos Anónimos.
Somos Legión.
No Perdonamos.
No Olvidamos.
Esperádnos.



01/11/2011

Anonymous vs Zetas ?

Décidément les informations contradictoires se succèdent. Un commentaire sous l'article des Inrcoks renvoie vers le site Anonymous Amérique Latine où est expliqué l'#OpCartel. El Universal mexicain semble aller dans ce sens dans son article "Anonymous déclare la guerre aux Zetas", contrairement au site américain TPM qui annonce qu'Anonymous annule son opération car les Zetas auraient mis en place des équipes d'informaticiens afin de traquer les anonymes.
Il semblerait toute fois que l'#OpCartel continue, si on en juge par le site ibéro-américain des Anonymous.



L'opération si donc elle continue, a pris d'autres formes. Les hacktivistes proposent un service de dénonciation "100% anonyme" afin d'écouter les mexicains victime de la délinquance organisée et mettent en garde tous ceux et toutes celles qui souhaitent s'engager dans l'opération.
Que deviendront les dénonciations? Comment seront-elles utilisées par Anonymous? Quel audience aura l'opération des hacktivistes? Quels seront les moyens mis en place par Anonymous pour vérifier des informations en provenance d'un pays grand comme quatre fois la France?
Est-ce que l'OpCartel est une simple collecte d'informations ou n'est-ce là que la partie visible d'un iceberg numérique? L'intelligence collective qui anime Anonymous saura-t-elle inventer une forme d'action efficace contre les cartels mexicains? Comment ces cartels réagiront face à cette menace anonyme?
La bataille est engagée.
El pueblo unido jamas sera vencido

Sobre #OpCartel

Se ha hablado mucho en las últimas horas acerca de la denominada #OpCartel, que consiste en la revelación de datos sensibles acerca de organizaciones criminales, particularmente aquellas que se dedican al narcotráfico y sus relaciones con los , especialmente el  de México y otros países y las agencias antidrogas de la Unión Americana. Es una operación polémica, ciertamente de altísimo riesgo, y en la que preferiríamos no intervenir, y de hecho así se anunció en una entrevista concedida al diario Milenio. Nosotros como administradores de Anonymous Iberoamérica dijimos que no íbamos a realizarla pensando ante todo en los miembros más recientes de Anonymous, aquellos que no saben proteger correctamente su identidad, o bien, que carecen de la experiencia necesaria para llevar a cabo operaciones de tantas complicaciones como esta lo es de forma potencial.

Sin embargo, al darse a conocer el contenido de la , recibimos muchas muestras de apoyo y solidaridad, así como las voces del pueblo clamando por ayuda. Debemos tener presente que estamos del lado del pueblo, y que no podemos dejar al pueblo de lado, sobre todo en momentos críticos como el que se vive actualmente. Además, si alguien efectúa una  en nombre de Anonymous, los criminales no tendrán la perspicacia para distinguir quién desmintió o quién negó. Todo esto se veía venir y es inevitable. Estamos todos en el mismo buque, y seguiremos a flote, o nos hundiremos. No obstante, recomendamos a todo aquel que no confíe lo suficiente en sus habilidades abstenerse de participar en esta operación. Exhortamos a todo aquel que no esté correctamente protegido a deslindarse inmediatamente de esta operación, y hacerlo , ya que es una operación extremadamente riesgosa en la que existe un peligro inminente y verosímil de pérdida de vidas humanas en cantidad. Nadie les tachará de cobardes, ni les acusará de abandonar a sus hermanos anónimos en lo más cruento de la batalla. Sabemos que muchos están deseosos de participar, pero les pedimos que lo reconsideren.

¿Tenemos miedo? . ¿Tememos por nuestras vidas? Evidentemente. No obstante, creemos que es tiempo de decir alto y basta a la terrible situación provocada por la falsedad de los  y la falta de escrúpulos de personas a las que no les importa el bienestar de sus congéneres y han provocado una deplorable situación de ruina y desencanto en lugares como México, un país que se encuentra al borde del colapso, a sólo pasos de una aniquilación total, por la necedad del  en atacar los síntomas del problema y no sus causas, en aras de una situación de oligarquía de la que la  se encuentra fastidiada.

Nosotros seguiremos adelante con la operación, ya que así se nos ha solicitado. Para este fin, conformaremos una fuerza de tarea especial dedicada a este asunto. Sin embargo, requerimos de apoyo. ¿Cómo apoyar?

  • Si no estás correctamente protegido, absténte de participar, por muy emocionante que pienses que sea. ESTO NO ES UN . ES UNA OPERACIÓN RIESGOSA EN LA QUE PELIGRA TU VIDA Y LA DE LOS TUYOS.
  • No te identifiques como Anónimo. Nunca debes hacerlo, pero en este momento menos. No uses  de perfil de Guy Fawkes ni portes la máscara en lugares públicos o de forma que se te pueda identificar.
  • No adquieras máscaras de V por el momento, especialmente por correo.
  • No asistas a demostraciones públicas con máscara de Anonymous ni hables de Anonymous a nadie.
  • Hasta  aviso, todos los Paperstorms y Citystorms quedan suspendidos.
  • No te comprometas. Toda información relativa al narcotráfico háznosla llegar de forma anónima. Para este fin, hemos habilitado un widget para llevarlo a cabo. Envía tu denuncia y nuestro  especializado se encargará de ello, así como de darle difusión. No trates de hacerte el héroe.
  • No existe forma de solicitar el ingreso a la fuerza de tarea especializada, así que no insistas. Únicamente existe por invitación.

No olvides seguir las indicaciones de . Estaremos muy al pendiente de esta operación y te recomendamos mantener un perfil . No te arriesgues. Seguiremos informando. Muchas gracias.

Anonymous vs Zetas : 0 - 1 ?


Voici une traduction de l'article de vanguardia cité dans les deux post précédents. L'analyse des stratèges de l'agence de conseil en sécurité Stratfor semble avoir convaincu les Anonymous puisque les risques évoqués par l'agence de renseignement sont ceux mis en avant par les hacktivistes pour expliquer leur renoncement dans le bras de fer qui les oppose aux Zetas:
- danger pour les personnes mises en cause par la liste de complices du cartels
- danger pour la communauté en ligne pouvant être associé de près ou de loin aux hackers

La bataille semble avoir été remportée par les Zetas cette fois-ci. Y en aura-t-il de prochaines? Les hackers parviendront-ils à trouver d'autres armes pour contrer des ennemis qui ont la puissance financières de leurs ennemis habituels (les multinationales) et la puissance militaires d'autres de leurs ennemis traditionnels, les états?
En tous cas, il est intéressant de noter que la société civile semble vouloir tenter d'autres voies contre les cartels que celle imposée par Calderon depuis son accession au pouvoir, et qu'elle se réapproprie une thématique pour le moins explosive.
Le mouvement incarné par Javier Sicilia qui tente de faire pression sur le gouvernement pour changer de stratégie dans la lutte contre le crime organisé et ce pétard mouillé des Anonymous ne sont peut-être que les prémices de nouvelles formes d'actions de la société civile face à cette autre menace contre la démocratie et l'état de droit: les cartels de la drogue.


Les Anonymous lancent des menaces contre les Zetas


Le groupe d'hactivistes Anonymous prétend détenir des informations sur des personnes liées au "Zetas", l'agence Stratfor considère que la publication de telles informations conduirait à une vague d'assassinats.


Le groupe d'hacktivistes Anonymous a lancé un deuxième avertissement aux cartels de la drogue qui musellent la liberté d'expression, et plus précisément dans ce cas contre les Zetas.
Le collectif, à travers une vidéo postée sur internet début octobre, dénonçait l'enlèvement de l'un de ses membres par ce groupe criminel pendant une manifestation de rue intitulée "Opération Paperstorm" (Opération tempête de papier, ndt) et demandait sa libération.
Ils menaçaient ainsi de rendre publique des informations sur des individus liés à ce cartel, parmi lesquels se trouveraient des policiers, des chauffeurs de taxi et des politiciens.


Sur la véracité de cet avertissement des Anonymous et ses possibles effets, les consultants en sécurité de Stratfor signalent que bien que la majorité des activités des cartels se situent dans la rue, il est courant que le crime organisé utilise le réseau pour ses communications et pour certaines transactions, ce qui les rends vulnérables vis à vis des hackers.
"N'importe quelle activité des cartes qui se fait en ligne peut potentiellement devenir un point faible si les individus impliqués dans la nouvelle menace des Anonymous parviennent à les identifier. Bien que les menaces des Anonymous ne signifient pas nécessairement que les hackers s'attaquent en ce moment aux cartels, il est probable, en prenant en compte l'historique des activités réalisées en leur nom, que ces menaces soient réalistes", affirme l'analyste.

Connu pour cibler des officines gouvernementales et de sécurité, ainsi que des médias de communication de masse, le collectif a pour la première fois fait référence au crime organisé au Mexique il y a un peu plus d'un mois. Suite à l'assassinat de personnes qui à travers de blogs dénonçaient les activités de narcotrafiquants, Anonymous avait publié le message suivant sur son compte Twitter @AnonymousIRC :

"Salutations Cartels Mexicains de la drogue. Nous n'oublions pas #Nuevo Laredo#Anonymous". Le twitt incluait également un lien renvoyant à une brève rendant compte de l'attaque réalisée contre le site officiel du gouvernement de Veracruz.

Pour l'agence américaine on ne peut pas prendre à la légère la nouvelle menace du collectif.
"Si Anonymous met ses menaces à exécution cela engendrera certainement la mort des individus identifiés comme partenaires des cartels, sans que la véracité des informations révélées importe. De plus, de la même manière que les cartels s'en sont pris par le passé à des journalistes web et des bloggeurs, les hackers pourraient à leur tour devenir des cibles pour le crime organisé, en forme de représailles."
Par le passé Anonymous a déjà mis ce types de menaces à exécution, comme dans le cas de la publication de données sur 1500 utilisateurs du site de pédopornographique infantile Lolita City, des numéros de Sécurité Sociale de 1000 agents de la police de Boston et de l'Association des Chefs de la Police. Stratfor assure que les pertes humaines seront une conséquence inévitable si le collectif de hackers publie une liste de noms et d'adresses de personnes supposément liées au cartel des Zetas. "Cela pourrait représenter un très grand danger pour les individus dont Anonymous fait état dans ce qu'ils prétendent publier", tranche le rapport.


Le pronostique de l'agence ne dessine aucun panorama clair. Au contraire il met en garde contre la nature violente des cartels de la drogue qui les mènera à chercher un type quelconque de représailles, même de manière indirecte. "Les activistes de Anonymous peuvent menacer de révéler des informations sur les cartels ou lancer des cyber-attaques contre leurs intérêts. Mais même si les cartels ne peuvent identifier les individus derrière ces pratiques, ils continueront à utiliser la violence pour effrayer la communauté "on-line" impliquée dans ce genre d'activités."


Anonymous retire ses menaces contre les Zetas



Hier je publiais un post sur les menaces portées par les Anonymous contre le cartel mexicain Los Zetas, suite à un article des Inrocks. Aujourd'hui le site des Inrocks publie un intéressant article sur les Zetas.
En parallèle, il semblerait, selon le site de l'hebdo d'investigation mexicain Proceso, que les Anonymous auraient renoncer à passer à l'acte et ne publieront pas une liste de personnes - taxis, journalistes, politiciens - liées aux Zetas.
Visiblement les Anonymous auraient renoncer en pesant les risques d'une nouvelle explosion de violence dans un pays déjà marqué par quelques 40 000 morts liées à la guerre de la drogue depuis l'arrivée au pouvoir de Felipe Calderon en 2006. En effet, comme l'indiquait l'article de vanguardia que je mettais en lien hier sur le sujet, les personnes mises en cause - à juste titre ou non - auraient alors certainement servies de cible aux Zetas. Mais les hacktivistes prenaient également le risque de mettre dans la ligne de mire des Zetas l'ensemble des internautes qui dénoncent le crime organisé... à défaut de pouvoir cibler les "véritables" Anonymous, les sicaires auraient chercher à faire des exemples parmi la communauté virtuelle.
A suivre?

Voici une traduction et la dépêche de Proceso:


Anonymous renonce à son opération contre les Zetas

L'organisation des Anonymous a suspendu l'opération par laquelle elle devait rendre publique les noms des complices de l'organisation criminelle « Los Zetas ».

L'association explique que le gouvernement fédéral avait essayé d'infiltrer l'opération de révélation de noms de ses adversaires politiques.

Les Anonymous ont aussi anticipé la mise en danger de ses membres par l'opération et pourrait déchaîner « une guerre urbaine sous la forme d'assassinat ».

L'organisation avait publié une vidéo sur Youtube afin d'avertir qu'elle diffuserait les noms des reporters, taxis et policiers liés au cartel.

Se serait une guerre de l'information, avertissait le groupe.

Cependant, les hacktivistes ont renoncé par crainte d'infiltration du gouvernement fédéral, ainsi que par criante de mettre en danger ses membres.




Desiste Anonymous de operación contra “Los Zetas”

MÉXICO, D.F., (apro).- La organización Anonymous suspendió la operación en que daría a conocer los nombres de los cómplices que respaldan a la organización criminal “Los Zetas”.
La asociación argumentó que el gobierno federal intentó infiltrarse en la operación para difundir nombres de sus adversarios políticos.
Anonymous anticipó, también, que la operación pondría en riesgo la seguridad de sus miembros y podría desatar “una guerra urbana en forma de asesinatos”.
La organización había subido un video a la red social Youtube para advertir que difundiría los nombres de reporteros, taxistas y policías vinculados al cártel.
Sería una guerra de información, advirtió el grupo.
No obstante, los activistas se desistieron por el temor de que el gobierno federal se haya infiltrado, así como por creer que la operación pone en riesgo a sus miembros.

31/10/2011

Amenazan los Anonymous a los Zetas !




Lu sur le site des Inrocks....

Il me semble que ces menaces des hacktivistes contre un cartel de la drogue, et l'un des plus féroces, est une première.
Une première certainement dans le sens où très peu de mouvements militants s'en prennent aux cartels. Les cartels ne disposent certainement pas du même genre de pouvoir que les ennemis habituels des Anonymous tels les sectes, états, entreprises, institutions... ils ont la puissance financière des entreprises et le pouvoir militaire des états, mais en plus ils n'hésitent pas à recourir à la terreur, la torture et les exécutions sommaires... Au Mexique, même l'EZLN n'a jamais menacé les cartels. Seuls le mouvement No+ Sangre, initié par Javier Sicilia, a haussé le ton contre le crime organisé mais en s'en prenant à la politique sécuritaire de l'actuel gouvernement.


Un article (en espagnol) du site vanguardia qui analyse cette menace lancée par les Anonymous contre les cartels de la drogue et les Zetas en particulier.

Bonne chance aux Anonymou!
Hasta la victoria siempre



Les Anonymous menacent un cartel mexicain


Le gang des Zetas, un cartel mexicain très actif impliqué dans de nombreux meurtres, a kidnappé un membre des Anonymous. Ces derniers viennent de diffuser un ultimatum : si le cartel ne relâche pas l'homme kidnappé avant le 5 novembre, alors ils rendront public un certain nombre d'informations secrètes sur le cartel ainsi que l'identité des "journalistes, des policiers et des chauffeurs de taxis qui coopèrent avec les Zetas". "Vous avez fait une erreur en enlevant l'un des nôtres. Libérez-le. S'il lui arrive quelque chose, vous n'oublierez jamais cette date du 5 novembre", entend-on dans la vidéo. 


03/10/2011

Paramilitaires: de la Colombie au Mexique



Un article sur les groupes paramilitaires au Mexique, lu sur le site de Proceso... et une vidéo sur le phénomène qui toucha la Colombie dans les deux dernières décennies du XXe siècle.
Le Mexique s'enfonce dans un véritable trou noir dont bientôt plus aucune lumière ne pourra plus s'échapper. Pourtant les contextes sont différents entre la situation actuelle du Mexique et la Colombie d'il y a 10 ans. En Colombie, les groupes paramilitaires se plaçaient sur un terrain politique, répondant à la guérilla des FARC. Au Mexique, le terrain est celui de la drogue et les groupes qui s'affrontent ne le font pas au nom d'une quelconque idéologie mais pour le contrôle du marché de la drogue. Pourtant, des similitudes existent: des groupes armés utilisés au profit d'intérêts privés, une guerre civile où la terreur fait office de loi, une guerre où les civiles paient un lourd tribut et où la trame sociale d'un peuple se délite face à la violence.
Le documentaire présente le processus qui a suivi le désarmement des groupes paramilitaires colombiens et le désarroi dans lequel il a plongé les victimes confrontés à une impunité de fait.



Voici une traduction de l'article de Proceso:

Les paramilitaires, une réalité


1ER OCTOBRE 2011

L'incapacité de l'appareil sécuritaire de l’État continue à donner ses fruits : dans le pays, maintenant, non seulement dominent les narcos et la délinquance organisée en général, mais aussi des groupes armés de type paramilitaire.
L'apparition du groupe qui se fait lui-même appeler les « Matazetas » (les tueurs de zetas, ndt), qui se sont attribué le massacre de 35 personnes à Boca del Rio, dans l'état du Veracruz, le 20 septembre, a ravivé dans le pays la crainte des paramilitaires, à tel point que le gouvernement de Felipe Calderon s'est empressé de nier l'existence dans le pays de ce type de groupes. Interrogé par Proceso, l'expert Edgardo Buscaglia souligne que des organisations telles que les Zetas, les Pelones, le Comando Negro et la Policia del Calendario opèrent dans le pays depuis plus d'une décennie.
La vacance du pouvoir dont jouit le Mexique, le simulacre électoral, le financement des campagnes politiques par le narcotrafic et l'accélération de la perte de contrôle de l’État sur des parties du territoire représentent « le bouillon de culture le plus efficace pour la prolifération de groupes paramilitaires dans le pays », explique Edgardo Buscaglia, conseiller des Nations Unies, directeur du Centre de Développement Économique et de Droit International de l'université de Virginia et professeur de droit international à l'Institut Technologique Autonome de Mexico (ITAM).
En se basant sur l'expérience d'autres pays, il remarque que pendant que le président Felipe Calderon continue à combattre le crime organisé « de manière biaisée », sans s'en prendre « au nerf financier de la mafia », des pouvoirs comme les paramilitaires et les groupes armés des cartels de la drogue continueront à arracher « des bouts de l’État » jusqu'à ce que le Mexique sombre dans l'abîme, comme cela s'est produit en Afghanistan, au Kosovo et, dans les années 80-90, en Colombie.
L'émergence du groupe paramilitaire auto-baptisé les Matazetas, apparu sur la scène nationale après le massacre de 35 membres supposés des Zetas dans le port de Veracruz, ne surprend pas Buscaglia qui affirme que malgré les dénégations du gouvernement fédéral quant à la présence de groupes paramilitaires au Mexique, ce phénomène existe depuis longtemps déjà.
Selon l'expert, opèrent au Mexique 167 groupes paramilitaires financés par des entrepreneurs afin de protéger « la vie et la propriété », que l’État mexicain ne peut plus garantir, et dans d'autres cas – assure-t-il – ils sont payés par les gouverneurs eux-mêmes, qui face à l'impossibilité de garantir la sécurité aux gens, paient ces groupes armés afin de nettoyer les territoires et sauver le marché de la drogue aujourd'hui menacé selon le Cartel de Sinaloa, cette organisation criminelle que le même gouvernement fédéral prétend consolider sur le territoire mexicain...
(Extrait du reportage publié cette semaine, dans le numéro 1822 de la revue Proceso, en vente en ce moment)