"La plume est la langue de la pensée"
Miguel de Cervantes Saavedra

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09/10/2012

La chambre de Schrödinger

Un court-métrage de Stéphane Drouot, volet gauche d'un triptyque quantique sur la raison d'être, assez angoissant et qui (se) pose autant de question que l'expérience de pensée du chat de Schrödinger. Expérience qui illustre la contre-intuitivité de la physique quantique où le chat n’est pas mort.











24/09/2012

La Haute-Vienne à l'ère biométrique

Un article écrit pour le journal L'Echo du 12 septembre 2012




Le 3 septembre, la Haute-Vienne était le premier département à mettre en œuvre l'enregistrement sur une puce électronique, des empreintes digitales des étrangers demandant un titre de séjour.

Lire la suite (PDF)

01/02/2012

ACTA, on n'en veut pas!

Une nouvelle vidéo contre ACTA, signée des Anonymous francophones.





Pour aller plus loin, je vous conseille le démontage des mensonges de la Commission Européenne sur ACTA par la Quadrature du Net, ainsi que sa page sur ce qu'on peut faire pour empêcher la ratification par le Parlement Européen. La Quadrature a également publié un dossier complet sur ACTA.
Le site AVAAZ a lancé une pétition contre ACTA, c'est ici.
Vous pouvez aussi écrire à votre représentant en passant par la page Stop ACTA.
Vous pouvez suivre les débats, les infos sur Twitter: #ACTA
Informez-vous! Informez autour de vous!

02/01/2012

Satellite pirate

Comme dans certains bouquins de cyberpunks, les hackers du Chaos Computer Club ont lancé l'idée de créer un réseau de satellites pirates afin d'accéder au net sans contrôle. Au-delà de la SF, c'est donc bien dans l'espace que risque de se jouer la survie de l'Internet libre que nous connaissons. De plus en plus l'accès au réseau se fait par l'intermédiaire d'applications, notamment sur les téléphones portables. Et il y a fort à parier que la tendance risque de gagner nos bons vieux PC, tant les potentiels de contrôle et de pognon semblent ouvrir de nouvelles perspectives aux vendeurs de paradis artificiels. Or ces applis ne constituent pour la plus part que des fenêtres ouvertes sur le réseau, mais dont les murs qui les encadrent empêchent l'accès au continent virtuel. Ces fenêtres ne sont souvent qu'écrans de pub et cachent le foisonnement d'un réseau libre et vivant. Face à ce nouveau mode d'accès au réseau, l'internaute n'est plus un surfer sur la vague numérique mais un zappeur, passif devant son écran pourtant tactile.
L'article trouvé sur le blog segu-info, qui l'a lui-même repris du CSO Espagne, site d'information pour responsable de la sécurité, évoque les craintes d'attaques rendues plus dangereuses par la possibilité de ces accès réseau sans contrôle. Mais ce découpage du réseau en applis, le contrôle croissant du réseau par les législations répressives des états ne constituent-ils pas une attaque massive contre une partie non rentable, une partie libre et collaborative du réseau? N'est-il pas temps que la résistance s'organise? Si comme les zapatistes nous pensons que dans le monde à construire doivent cohabiter toutes les visions du monde, alors il est urgent de lier cette offensive contre l'internet libre à toutes les vagues de régression sociale qui submergent les cinq continents... une vague sur laquelle nous aurions tout intérêt à apprendre à surfer si nous ne voulons pas nous réveiller un matin avec pour tout horizon une fenêtre ouverte sur un panneau de pub et des postes frontières à chaque nœuds de communication.




J'ai trouvé cet article sur le tweet de


En voici une traduction personnelle. Vous trouverez la version espagnole plus bas. Bonne lecture

Le CCC se propose de lancer des satellites pour créer un réseau sans censure


Le groupe de hackers Chaos Computer Club (CCC) travail à un projet pour lequel il espère lever des fonds afin d'envoyer un satellite dans l'espace à partir duquel ils pourraient opérer sans contrôle ni censure pour leurs activités. Les hackers assurent qu'il s'agit d'une manière d'éviter les moyens de contrôle et de censure qui existent sur Internet.

Le projet est connu sous le nom de Red Global Hackerspace et a comme objectif le lancement dans l'espace de satellites libres de contrôle et de la possible censure d'organisations mondiales. Il s'agit d'un projet ayant commencé il y a plusieurs mois et qui a été présenté officiellement lors du Chaos Communication Congress de Berlin, l'une des rencontres de hackers les plus fameuses du monde.

Durant l’événement, l'approbation de la loi SOPA aux États-Unis fut l'un des thèmes les plus débattus. Les hackers ont réaffirmé leur totale opposition à ce contrôle du réseau. Ce qui pour certains est un outil de protection des droits de propriété, est pour d'autres un moyen de censure et de répression des droits des internautes.

Afin de lutter contre ce contrôle du réseau et pouvoir réaliser leurs activités librement, les hackers ont proposé de créer son propre réseau de satellites dans l'espace. S'ils parviennent à envoyer dans l'espace les satellites, les hackers compteront sur l'actuel défaut de législation en vigueur pouvant interdire leur utilisation. Le résultat en serait la constitution d'un réseau de connexion libre de tout type de contrôle, au sein duquel les hackers pourront réaliser leurs activités sans que n'existe aucun agent de supervision des activités.

Selon la BBC, les hackers ont déjà mené des expériences de lancement de satellites, avec des moyens réduits n'ayant abouti à aucun succè tangible. L'objectif des hackers à l'origine du projet du Chaos Communication Congress a été de mobiliser la communauté et tenter de trouver des financements. L'argent et les connaissances techniques sont les principaux problèmes de l'initiative, au demeurant ambitieuse, a également émis la possibilité dans le future, d'ici 23 ans, d'envoyer un homme dans l'espace.

Les implications d'un succès du projet seraient que les hackers posséderaient un réseau d'accès à Internet sans contrôle. D'un côté ce réseau serait libre et personne ne pourrait le censurer, mais le revers de la médaille est que le manque de contrôle pourrait favoriser le lancement d'attaques plus dangereuses et sophistiquées que celles d'aujourd'hui. Pour le moment les hackers continuent à chercher des financements et l'appui logistique nécessaire à la réalisation du projet, mais il semble que le futur du réseau et sa sécurité se jouera dans l'espace.


El grupo de hackers Chaos Communication Club (CCC) está realizando un proyecto con el que esperan conseguir fondos para enviar un satélite al espacio desde el que poder operar sin control ni censura para realizar sus actividades. Los hackers aseguran que es una forma de evitar las medidas de control y censura que hay en Internet.

El proyecto se identifica como Red Global Hackerspace y tiene como objetivo el lanzamiento al espacio de satélites que libres del control y la posible censura de ningún órgano mundial. Se trata de un proyecto con meses de desarrollo, pero que ha sido presentado de forma oficial en el Chaos Communication Congress de Berlín, uno de los encuentros de hackers más conocidos en todo el mundo.

Durante el evento, la aprobación de la regulación SOPA en Estados Unidos ha sido una de las cuestiones más debatidas. Los hackers se han mostrado totalmente en contra de esa regulación de la Red. Lo que para algunos es una herramienta para la protección de los derechos de propiedad, para otros es una forma de censura y represión de los derechos de los internautas.

Para luchar contra ese control de la Red y poder realizar sus actividades libremente, los hackers han propuesto crear su propia red de satélites espaciales. En caso de conseguir enviar al espacio los satélites, los hackers cuentan con que actualmente no hay una legislación vigente que pudiese impedir su utilización. El resultado sería una red de conexión sin ningún tipo de control, en el que los hackers podrían realizar sus actividades sin que haya agentes de supervisión de las actividades.

Según la BBC, los hackers ya han realizado experimentos para el envío de satélites, utilizando medios discretos que no han conseguido un éxito concreto. El objetivo de los hackers que han planteado el proyecto en el Chaos Communication Congress ha sido el de movilizar a la comunidad e intentar encontrar financiación. El dinero y los conocimientos técnicos son los principales problemas de la iniciativa, que siendo ambiciosa, también plantea la posibilidad en el futuro, en unos 23 años, de mandar a un hombre al espacio.

Las implicaciones del éxito del proyecto son que los hackers conseguirían una red de acceso a Internet sin control. Por una parte, esa red sería libre y nadie podría censurarla, pero en el lado negativo, la falta de control podría propiciar el lanzamiento de ataques más peligrosos y sofisticados de los que hay actualmente. Por el momento los hackers continúan buscando financiación y apoyo logístico para hacer realidad el proyecto, pero parece que el futuro de la red y su seguridad pasará por el espacio.

Fuente: CSO Spain


Leer mas : Segu-Info: CCC proponen lanzar satélites para crear una red sin censura http://blog.segu-info.com.ar/2012/01/ccc-proponen-lanzar-satelites-para.html#ixzz1iKldLJwB
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23/09/2011

Des neutrinos se font le mur de la lumière...


Vous n'avez pas pu passer à côté de cette info: des particules, les neutrinos, auraient dépassé la vitesse de la lumière. Or, depuis Einstein, la vitesse de la lumière (299 792 458 m/s*) était devenu une constante physique fondamentale. Et voilà qu'une équipe du CNRS (lire le communiqué) remet en cause la relativité restreinte qui suppose l'impossibilité de vitesse supraluminique. Alors bien sûre, il ne s'agit que de neutrinos, des particules infimes, et il est encore bien trop tôt pour mettre à plat l'apport d'Einstein et toute la physique contemporaine. Mais cette nouvelle nous replonge dans un passé où les voyages dans le temps semblaient "théoriquement" possible... grâce à des vitesses supérieur à celle de la lumière. Un brèche s'est ouverte dans l'espace-temps et les vieux récits de SF retrouvent une seconde jeunesse!

Pour aller plus loin:
- Le Monde a le premier publié l'info sur ces particules supraluminiques
- France Info consacre une page à ces neutrinos
- Le Figaro aussi
- Vous pouvez également voir ce petit reportage du CNRS
- Ce vendredi à 16h (23 septembre), Dario Auterio devrait présenter ces résultats surprenants lors d'une conférence au CERN de Genève. 

Je vous propose cet article du Figaro, qui au-delà de l'information, tente d'en définir les conséquences.

*La constante lumineuse restera désormais là, dans votre cervelle

Petit truc mnémotechnique pour se souvenir de la vitesse de la lumière, en remplaçant chaque mot de la phrase par le nombre de lettres. Si la virgule est conservée, l'unité est le kilomètre par seconde.

Toute la physique moderne pourrait être à revoir


Suite à la découverte des chercheurs du CNRS qui pourrait remettre en cause la théorie de la relativité, la communauté scientifique s'interroge.

E = mc2. L'énergie est égale à la masse multipliée par la vitesse de la lumière au carré. C'est de loin l'équation la plus connue de toute la physique, celle qui illustre pour le grand public la théorie de la relativité d'Einstein. Difficile d'imaginer qu'elle puisse être fausse.
Et pourtant, si les mesures de Dario Autiero et de ses collègues du CNRS à Lyon se confirment, «cela remet en question toute la relativité restreinte d'Einstein, découverte en 1905, et qui a pourtant été depuis vérifiée par de très nombreux tests», résume Thibault Damour, physicien spécialiste de la relativité à l'Ihes. Le Français attend de voir la suite et rappelle qu'il a vu dans sa carrière «un certain nombre d'annonces qui se sont révélées fausses».
John Ellis, l'un des plus réputés théoriciens au Cern, à Genève, estime lui aussi que la découverte est tellement fracassante qu'il faut attendre qu'elle soit confirmée par un groupe concurrent avant de chercher à modifier les équations d'Einstein et de remettre toute la physique moderne à plat.
Les meilleurs candidats pour vérifier le résultat sont les chercheurs américains de l'expérience Minos, qui détecte elle aussi des neutrinos émis à quelques centaines de kilomètres de distance par l'accélérateur du Fermilab. En 2007, ces Américains avaient d'ailleurs mesuré que les neutrinos arrivaient avec 120 nanosecondes d'avance sur la lumière, mais leur marge d'erreur était si importante qu'ils n'avaient rien pu affirmer sur la vitesse des neutrinos. D'ici à deux ans, leurs prochaines mesures devraient permettre de confirmer ou d'infirmer le travail de l'équipe du CNRS de Lyon fait avec l'expérience Opera en Italie.
«J'essaie depuis quelques jours de réfléchir à des effets ou à des biais qui pourraient expliquer autrement les résultats d'Opera, sans avoir à revoir la règle de base de la relativité, qui veut que l'information ne peut pas se propager à la vitesse de la lumière», avoue, très intrigué, Pierre Binetruy, directeur du laboratoire AstroParticules et Cosmologie à l'université Denis-Diderot à Paris. Mais je reconnais que ça a l'air extrêmement difficile à expliquer autrement qu'en modifiant la relativité.»

Des conséquences cruciales  

L'enjeu est considérable pour l'ensemble de la physique moderne, car le fait que la vitesse de la lumière soit une limite infranchissable est un paramètre qui a des conséquences cruciales pour expliquer des domaines qui vont de la formation de l'Univers lors du big bang jusqu'au comportement de la matière à des échelles infiniment petites.
John Ellis estime que, même si les neutrinos peuvent dépasser la vitesse de la lumière, «cela ne veut pas forcément dire qu'Einstein a eu tort, prévient-il. Je prends l'exemple de la théorie de la gravitation de Newton, qui marche très bien dans de très nombreux cas, mais qui doit être modifiée par la théorie d'Einstein dans des circonstances exotiques. Il faudra peut-être aussi modifier les prédictions d'Einstein dans des conditions extrêmes.»
Le physicien britannique explique également qu'un travail important va devoir aussi être fait pour vérifier si la théorie d'Einstein exclut aussi fermement que ce que l'on pensait les vitesses superluminiques. Certaines théories physiques dites «exotiques» font d'ailleurs appel à des particules plus rapides que la lumière, des tachyons, qui contournent l'«interdit» d'Einstein en ayant une masse non nulle, mais dite «imaginaire».

17/09/2011

Devenons Anonymes!





Une petite vidéo pour apprendre à échapper à la surveillance numérique. Je l'ai trouvée sur Rue89 qui donne 4 trucs pour effacer ses traces sur le web. Ouvrez vos oreilles pour que les murs cessent de vous écouter...
Vous pouvez également lire l'article consacré au projet commotion, celui sur l'informatique libre ou celui sur le Guide d'Autodéfense Numérique.
Et si vous voulez une approche moins "science" et plus "fiction", allez jeter un œil à mes trois nouvelles: e-MondeUtopies pirates et Comme un chien dans un jeu de puces.

Le monde virtuel, comme le réel, ne sera que ce que nous en ferons....
Un autre monde numérique est possible!

Bonne lecture



31/08/2011

Quel genre de sexe leur faut-il?


Une tribune publié sur Rue89 à propos de genre, de sexe et d'orientation sexuelle à l'heure où des députés dont ceux de la Droite Populaire (l'aile droitière de l'UMP) demandent le retrait de manuels scolaires (suivant en cela la voix de l'église qui il y a quelques semaines faisait la même demande) qui donnerait une trop grande place à la "théorie des genres". Le texte de David Simard démêle les termes que ces députés réactionnaires mélangent joyeusement pour nous empêcher de jouir de nos corps et de notre sexualité. Mais son texte éclaire aussi certaines confusions entretenues parfois par les mouvements LGBT.


Genre, sexe, orientation sexuelle, les députés UMP confondent tout


Par David Simard | Philosophe et psycho-sexologue | 31/08/2011 | 09H58

Quatre-vingts parlementaires, dont les fondateurs de la Droite populaire, ont demandéle 30 août 2011 au ministre de l'Education nationale le retrait de manuels scolaires accréditant l'idée que l'identité sexuelle est autant le fruit de l'environnement socioculturel que de la biologie. Cette demande fait suite à plusieurs interpellationsdu ministre sur cette question au mois de juillet dernier.

Les députés se targuent d'être du côté de la science

Ces parlementaires dénoncent l'idée de genre comme construction sociale de l'identité de sexe. Pour eux, cette identité est inscrite dans la nature, et plus précisément dans les organes génitaux. Simone de Beauvoir disait : « On ne nait pas femme, on le devient. » Ces parlementaires pensent que l'on ne devient pas femme, on nait femme. Idem pour les hommes.

Autrement dit, l'identité de sexe est tout entière contenue dans le biologique.

Les députés se targuent d'être du côté de la science, a contrario de ce qu'ils appellent la « théorie du genre sexuel », rejetée comme « théorie philosophique et sociologique ».

A croire, d'une part, qu'il n'y aurait de rationnel que du scientifique, au sens des sciences de la nature, et d'autre part, que le « scientifique » ne pourrait pas être habité par des présupposés philosophiques, et même idéologiques.

Pourtant, réduire l'identité de sexe à sa dimension biologique n'a rien de scientifique au sens où le présupposent ces députés, c'est-à-dire d'attesté et d'irréfutable, mais est au contraire, sinon philosophique (la démarche philosophique a ses réquisits auxquels ne répondent pas ces députés), du moins idéologique.

Glissement de l'identité sexuelle à l'orientation sexuelle

L'utilisation de l'adjectif « sexuel » est source de confusion lorsque l'on parle de l'identité. Il réfère en effet à la sexualité. Or, par « identité sexuelle » est en fait entendue l'identité sexuée, c'est-à-dire, a minima, le fait de se reconnaître ou d'être reconnu comme homme ou femme en raison de son sexe anatomique. Nous nous situons donc dans un registre en-deçà de la sexualité.

Or, les députés opèrent le glissement d'un registre à l'autre, en affirmant que selon la « théorie du genre sexuel » :

« Les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels. »

Mais la question du genre est d'abord et avant tout une question de construction sociale des identités en raison du sexe, non celle de l'orientation sexuelle. Cette confusion est patente lorsque, aux côtés des orientations sexuelles que sont l'homosexualité, l'hétérosexualité et la bisexualité, est ajoutée la transsexualité.

Qu'est-ce donc que l'orientation transsexuelle ? Rien, car cela n'existe pas. Un transsexuel est une personne qui estime être au fond d'elle un homme alors qu'elle est anatomiquement une femme, ou une femme alors qu'elle est anatomiquement un homme. A partir de là, un transsexuel peut être homosexuel, hétérosexuel ou bisexuel.

Naturalisme biologique contre culturalisme

Cette confusion est entretenue par les mouvements LGBT, qui associent les homosexuel(le)s et les bisexuel(le)s au transsexuel(le)s, soit des personnes revendiquant le droit de cité à leur orientation sexuelle à des personnes dont la problématique est l'identité sexuée.

Transsexué conviendrait d'ailleurs mieux que transsexuel. Mais cette confusion relève d'une idéologie inverse à celle du naturalisme biologique : le culturalisme, dans le sens où tout est culturel, entendons fabriqué, ce en quoi l'on peut, par intervention chirurgicale, pratiquer une réassignation du sexe.

C'est alors la notion de genre qui se trouve étendue à la dimension biologique, cette dernière étant ainsi débiologisée.

Les limites du culturel dans l'identité sexuée

L'idéologie de la nature a beau jeu de pointer les absurdités du culturalisme ainsi entendu. Et de fait, même après une intervention chirurgicale, rien n'a changé sur ce qui avait fait la première assignation de sexe : la combinaison chromosomique. Et le changement organique de sexe n'est pas le passage d'un vrai organe à un autre vrai organe, fonctionnel. On ne pose pas de vagin ni d'utérus à un homme, ni de pénis à une femme.

Il y a donc bien une réalité naturelle indépassable qui fait limite (dont l'ultime est la mort), une assignation chromosomique sexuée à partir de laquelle on dit de telle personne qu'elle est un homme, et de telle autre qu'elle est une femme. On peut plus certainement changer de genre (transgenderisme) que de sexe.

La construction des notions de féminin et masculin

Pourtant, il y a bien une construction sociale de la sexuation, que l'on appelle le genre. Celle-ci se retrouve dans les représentations que l'on se fait de ce qu'est un homme et de ce qu'est une femme, et auxquelles chacun, selon son sexe organique, est conditionné à répondre.

Par exemple, une femme est douce, sensible, superficielle, passive, alors qu'un homme est rude, rationnel, profond, actif. C'est ainsi que l'on construit les notions de féminin et de masculin, dont on voit qu'elles assignent, cette fois, non pas un sexe biologique, mais un rôle social en vertu du sexe biologique.

Dénoncer cette construction des rôles ne peut aller jusqu'à l'absurdité de nier la réalité biologique. Il s'agit seulement de dénoncer que la réalité biologique, la différence organique des sexes, servent à justifier la domination d'un sexe sur l'autre. Ce qui peut être visé est donc la représentation sociale que l'on se fait de la sexuation organique, non la sexuation dans son organicité elle-même.

Un naturalisme rétrograde répandu : Mars et Vénus

Pour finir, je voudrais attirer l'attention sur le fait que le naturalisme, facile à critiquer lorsqu'il émane de députés à l'esprit étriqué, est largement répandu dans les représentations que l'on se fait sur les hommes et les femmes. L'approche de John Gray et de son prisme « Mars et vénus » en relève, et connaît un franc succès.

Les théories qui prétendent expliquer nos comportements amoureux et sexuels par nos ancêtres de la préhistoire, les autres espèces animales (qui ne se comportent pourtant pas toutes de la même manière), les phéromones ou les gènes qui auraient un plan d'action, également. A voir la paille, même caricaturale, dans l'œil de l'autre, on ignore la poutre dans le sien…

14/06/2011

L'informatique libre

Un article lu avec plaisir dans Le Monde, où la parole est à un discours alternatif sur l'informatique libre. Un discours combatif qui fait du bien, et qui élargit le propos à d'autres domaines que les logiciels. Bref, bonne lecture.


"L'utilisateur doit contrôler le programme, pas l'inverse"

Richard Stallman est l'un des "pères" du logiciel libre, ces programmes dont le code source est public et modifiable. Militant pour une réforme radicale et globale du droit d'auteur, il revient sur l'évolution du monde du droit, de la technolog
ie et de l'informatique.

Dans certains secteurs, le logiciel libre que vous défendez semble avoir remporté la bataille : dans le domaine des serveurs, par exemple, la part y est écrasante.

Ces victoires ne sont pas permanentes. Le secteur le plus important pour la liberté des gens, c'est l'ordinateur personnel et le téléphone portable. Je n'ai pas de téléphone mobile : ces objets font de la surveillance. C'est inévitable, mais je ne veux pas que Big Brother sache où je suis. Le logiciel de ces mini-ordinateurs doit être libre, mais aucun modèle n'évite le logiciel privateur [ou propriétaire, c'est-à-dire non libre]. Même les téléphones sous Android utilisent un système privateur pour les signaux radio. Dans beaucoup de modèles, ce programme a aussi le contrôle du microphone et peut donc être transformé en système d'écoute. Le programme peut aussi se mettre à jour seul. Alors que dans mon ordinateur portable, même le BIOS [le niveau logiciel le plus fondamental d'un ordinateur] est libre.

Pourtant, le grand public est aujourd'hui assez sensible aux questions de respect de la vie privée. RIM, le constructeur des BlackBerry, en a fait un élément de marketing, et a même lancé une nouvelle campagne sous le slogan "et vos données personnelles restent personnelles"...

Mais c'est faux ! Plusieurs pays ont exigé de pouvoir accéder aux données privées des utilisateurs, en Inde par exemple. Et pour pouvoir continuer à vendre ses terminaux, RIM cède, comme ce fut le cas d'abord aux Emirats arabes unis. Comment les utilisateurs peuvent-ils dès lors être certains de ne pas être écoutés ? La seule solution, c'est d'avoir le contrôle total de son téléphone, et donc de se débarasser des logiciels privateurs.

Vous avez été très critique envers les pratiques des grands éditeurs de logiciels comme Microsoft ; pourtant, votre discours actuel est beaucoup plus centré sur les éditeurs de services, comme Google ou Facebook.

C'est un autre problème. Un service n'est pas un programme : beaucoup de personnes essayent d'appliquer les concepts de logiciel libre ou privateur aux services, mais c'est une erreur. Pour savoir si un service est dangereux pour ma vie privée ou mes données, il faut se poser deux questions : ce service peut-il abuser de données, nominatives ou non ? Et prend-il le contrôle de mon informatique ?

Les utilisateurs se posent souvent la première, mais pas la seconde. Il faut rejeter ce concept à la mode du "logiciel comme service" : la question n'est pas de savoir si les programmes utilisés par le serveur sont libres ou non. On peut vous donner accès au code-source de tous les programmes utilisés par un service, mais cela ne veut pas dire que son utilisation soit bonne pour vous. Si, dans tous les cas, l'utilisateur perd le contrôle de son informatique, en étant privé du droit de faire des copies par exemple, c'est une mauvaise chose pour lui.

Vous êtes d'ailleurs très critique envers les mesures techniques de protection (DRM), ces outils informatiques utilisés pour empêcher la copie ou l'utilisation non autorisée de fichiers. Ces dernières années, les DRM ont commencé à disparaître des MP3 vendus en ligne : est-ce que ce combat est gagné ?

Pas du tout, car les DRM reviennent sous une autre forme, avec Spotify et les autres systèmes de diffusion de musique en continu [streaming]. Ces systèmes utilisent des programmes clients privateurs, auxquels il manque une fonctionnalité pourtant triviale : la possibilité de faire une copie de sauvegarde des fichiers. Les éditeurs de ces services veulent que l'on pense que ce n'est pas une fonctionnalité naturelle, mais c'est leur choix de restreindre la liberté de l'utilisateur. Il disent qu'"il n'y a pas besoin de pouvoir copier la musique quand celle-ci est disponible partout et à tout moment", mais elle ne l'est pas : Spotify peut changer les conditions d'utilisation quand il le veut, et l'a bien montré en réduisant la durée d'écoute gratuite.

Comment est-ce que Spotify impose ces menottes numériques ? A travers un programme privateur, dont les utilisateurs n'ont pas le contrôle. C'est la seule manière d'imposer cette restriction : dans le logiciel libre, les utilisateurs ont le contrôle du programme, ils peuvent le changer. Dans un programme privateur, c'est le logiciel qui a le contrôle des utilisateurs. Un programme privateur est un joug.

Mais Spotify et Deezer ont aussi popularisé l'idée que l'on pouvait payer un forfait pour accéder à l'ensemble de la musique, un concept décrié comme irréaliste lorsqu'il avait été proposé par les défenseurs du mécénat global ou de la licence globale, comme vous.

Personnellement, je ne veux pas rémunérer les éditeurs de musique ; je pense que ces entreprises, qui ont acheté des lois draconiennes et injustes, et fait des procès pour des centaines de millions de dollars contre des jeunes, doivent être détruites. Les musiciens, en revanche, doivent être soutenus, mais je ne pense pas que la notion de rémunération soit juste. La rémunération suppose que nous aurions une dette pour avoir écouté un morceau, ce qui est faux.

Mais si nous désirons que les artistes créent, il est utile de les subventionner ; je veux soutenir ce que font les artistes, pas les entreprises. Je refuse de céder mon droit à partager de la musique. Cette liberté doit être respectée. Le soutien aux artistes peut prendre différentes formes : une subvention, par exemple, financée ou non par un impôt spécial, mais cela ne représenterait pas un budget important.

Dans ce système, comment distribuer les sommes de manière équitable ?

Je propose que la distribution se fasse en fonction du succès des œuvres, mais de manière non linéaire, pour ne pas donner trop aux grandes stars : dans ce système, la plus grande partie de l'argent servirait à soutenir les artistes qui connaissent un succès moyen ; les très grandes stars gagneraient plus, mais dans des proportions raisonnables.

L'autre système serait celui du paiement volontaire : si chaque reproducteur avait un bouton pour envoyer une petite somme aux artistes, beaucoup l'enverraient. Si c'est facile et bon marché, pourquoi ne pas le faire ? Les plus pauvres ne le feront pas, mais ce n'est pas grave. Il y a assez de personnes qui gagnent correctement leur vie pour que cela fonctionne.

Dans ses conclusions, le G8 de Deauville appelle pourtant les gouvernements à protéger davantage les ayants droit.

Les ayants droit sont des entreprises, et leur pouvoir est insupportable : il faut y mettre fin. C'est une excuse pour maintenir un système injuste et obsolète. Plutôt que les protéger, il faudrait les punir pour les attaques contre nos libertés dont ils sont responsables ! Le système du droit d'auteur a été établi pour la technologie de l'impression, dans le but de promouvoir les arts. Ce but reste valide, mais les moyens utilisés pour le faire ne le sont plus. Les ayants droit ont aujourd'hui des droits qui rappellent ceux de l'Ancien Régime, où l'on achetait des offices et des privilèges.

Le Royaume-Uni a amorcé un processus de réforme de son droit d'auteur. Une commission a proposé diverses recommandations, allant vers l'augmentation des droits des citoyens.

Je ne sais pas si le gouvernement suivra ces recommandations. Les six propositions qui ont été faites – cinq pour le droit d'auteur, une pour les brevets – vont dans le bon sens, mais cette commission partait d'un point de vue erroné : elle utilisait le concept de propriété intellectuelle, qui doit être rejeté car il mélange des choses qui n'ont rien à voir, le droit d'auteur et les brevets par exemple. La commission a évité ce piège et a considéré chaque loi indépendamment, et elle est arrivée à des recommandations intelligentes, même si elles ne vont pas assez loin. Le problème, c'est que la philosophie du gouvernement britannique est de soutenir d'abord les entreprises, avant ses citoyens.

L'une des suggestions est de ne pas étendre les brevets au domaine de l'informatique ; mais l'Union européenne est en train de le faire avec le brevet unitaire européen. Or, le tribunal d'appel pour les décisions de l'Office des brevets européens sera... l'Office européen des brevets, qui aura dès lors un pouvoir sans limites. C'est la porte ouverte aux brevets informatiques que la Commission européenne souhaite imposer.

Propos recueillis par Damien Leloup



09/04/2011

Urbanisme

Un article trouvé sur Libé... entre sciences et science-fictions. Mais à quand une ville sans misère?

A quoi ressembleront les villes de demain?

Villes écolos, villes technos, immeubles mis en mouvement: tour d'horizon des concepts les plus audacieux, les plus fous, voire parfois un tantinet mégalo.


Des villes rêvées, ou cauchemardées. Des villes vertes, durables, productrices d'énergie, entièrement automatisées, à la pointe de la technologie, des cités aquatiques pour réfugiés climatiques posées au milieu de l'océan, etc. A quoi ressembleront les villes de demain? Tour d'horizon des concepts les plus audacieux, les plus fous, voire parfois un tantinet mégalos, à l'occasion de l'exposition «La ville fertile» de la cité de l'architecture, jusqu'au 23 juillet 2011.


01/04/2011

Livre.2

Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire sur ces nouveaux supports, ces livres électroniques, ces liseuses ou lisettes... mais en tous cas cette petite vidéo et les éditions "Point Deux" remettent le papier dans la course!




Ayant vécu à l'étranger je vois tout de même quelques avantages à pouvoir emporter sa bibliothèque grâce un seul et même support... et ce même si le rapport au papier, son odeur, son toucher... son irremplaçables. En attendant pour lire sur la toile ce que d'autres pensent de la révolution du livre (qu'il soit électronique ou papier "Point Deux"), allez faire un tour sur Internet Actu, le blog de Xavier de la Porte ou sur son émission sur France Culture "Place de la Toile" dont l'émission du 27 mars était consacrée au livre numérique.
Vous pouvez aussi consulter le blog de Lionel Maurel, S.I.Lex, conservateur des bibliothèques à la BNF qui dans son dernier post explique ce qu'il aurait voulu ajouté lors de l'émission.

Enfin, et même si on sort du sujet, je vous recommande l'article de Xavier de la Porte sur sa lecture d'un article paru de l'hebdo américain The Nation qui traite des portables et de la redéfinition de l'image de soi qu'implique nos outils électroniques.

Bonne lecture

26/03/2011

La nuit noire


Voilà une carte de la Terre la nuit trouvée sur le site du Figaro, une image qui montre que Paris n'est pas la seule ville-lumière.
Ce soir, entre 20h30 et 21h30 nous sommes appelés à manifester notre volonté de lutter contre le réchauffement climatique - et j'ajouterais le gaspillage énergétique - en éteignant nos lumières.
En plus on change d'heure, raison de plus pour faire de cette nuit, une nuit noire... ou blanche.

25/03/2011

Sciences sans poésie...

Voilà un article lu sur le site du Monde... moi j'aime bien ce genre de sujets. Pour aller plus loin, visitez la page wikipedia sur le sujet, vous en apprendrez plus sur Lakoff, mais aussi les rapports qu'entretiennent les métaphores avec la littérature évidemment, mais aussi la neurologie, la psychologie et donc les sciences cognitives. L'art est une autre méthode de connaître le monde... la science un autre regard sur le monde.



Comment les métaphores programment notre esprit

LEMONDE.FR | 25.03.11

Rémi Sussan



Encore un coup dur porté à l’idée de l’homme “animal rationnel” et une brique de plus à l’édifice de l’économie comportementale. Notre vision du monde – et par conséquent nos décisions – seraient en grande partie modelées par notre système de métaphores, lesquelles n’appartiennent décidément pas qu’aux poètes. C’est ce qui ressort de l’expérience menée par Paul Thibodeau et Lera Boroditsky, à l’université de Stanford, relatée par un article de Discover magazine.

Ces deux chercheurs ont proposé à leurs sujets deux rapports sur le crime dans la ville d’Addison, chacun des cobayes n’en lisant bien sûr qu’un seul. Dans le premier texte, le crime était décrit comme une bête sauvage, un dangereux prédateur. Résultat, 75 % des lecteurs de ce rapport ont préconisé des mesures punitives, comme la construction de nouvelles prisons, par exemple. Seulement 25 % ont suggéré la mise en œuvre de mesures économiques, sociales, éducatives ou sanitaires.

L'ILLUSION DE L'OBJECTIVITÉ

La seconde version reprenait exactement les mêmes éléments que la première, statistiques comprises. A ceci près que le crime y était montré comme un virus infectant la ville et contaminant son environnement. Cette fois, les lecteurs n’étaient plus que 56 % à se prononcer pour le renforcement des sanctions et des moyens d’action de la police ; 44 % d’entre eux suggéraient des réformes sociales.

En bref, lorsque la criminalité est considérée comme une "maladie", on est plus disposé à chercher à "soigner" plutôt qu’à "combattre" et "punir".

Interrogés sur leurs choix, seulement 3 % des sujets semblent avoir eu conscience de l’influence de la rhétorique sur leurs recommandations. La plupart étaient persuadés que ces dernières étaient dictées par les statistiques du rapport. En clair, ils se croyaient "objectifs".

Poursuivant plus avant leurs expériences, les chercheurs ont également pu faire d’autres observations intéressantes. Ainsi, inutile de “filer la métaphore” en poursuivant la comparaison de manière trop pesante. Mentionner une seule fois la notion de “bête sauvage” ou de “virus” sans insister plus avant suffit à modifier les résultats. En revanche, placer la métaphore à la fin du rapport, et donc ne pas la laisser imprégner le contexte, tend à annuler son effet.

Évidemment, il faut aussi prendre en compte les opinions préétablies des sujets. On sait qu’aux Etats-Unis les Républicains sont plus prompts à réclamer des sanctions plus sévères, tandis que les Démocrates sont plus favorables aux mesures sociales ou que les femmes sont en général plus compatissantes que les hommes. Mais, surprise encore, les différences d’opinions générées par ces critères ne semblent jouer que dans 9 % des cas, alors que les métaphores seraient responsables de 18 à 22 % de l’élaboration des opinions.

Dans ces travaux, les chercheurs se sont probablement inspirés des travaux de George Lakoff (dont ils citent d’ailleurs les textes dès l’introduction de leur article). Selon ce linguiste cognitif, l’ensemble de la pensée est basé sur la métaphore. Lakoff est devenu pendant un temps le “gourou” des Démocrates. Dans son livre Don’t think of an elephant (Ne pensez pas à un éléphant, cet animal étant le symbole du parti Républicain) il a conseillé à ces derniers de mettre au point un système cohérent de métaphores, art dans lequel, selon lui, les Républicains excellent, au lieu de se contenter de “listes de blanchisserie”, c’est-à-dire de séries de mesures individuellement attractives, mais sans assise métaphorique, sans storytelling, pour employer un mot à la mode.

DE L’IMPORTANCE DU "STORYTELLING"

Il cite ainsi un questionnaire datant de l’époque où Arnold Schwarzenegger s’opposait à Gray Davis pour le poste de gouverneur de Californie. La plupart du temps les personnes interrogées marquaient leur préférence pour les mesures annoncées par le candidat Démocrate. Mais lorsqu’on leur demandait finalement pour qui ils allaient voter, bien trop souvent, et en contradiction avec leurs propres réponses, il répondaient : “Arnold Schwarzenegger”.

Pour Lakoff, toute notre pensée est basée sur des métaphores, y compris pour ses formes les plus abstraites, comme les mathématiques. Ed Yong, l’auteur de l’article de Discover va lui aussi dans le sens de Lakoff, en mentionnant le rôle important de la métaphore en science, ne manquant pas de signaler par exemple le fait bien connu qu’une comparaison trop simple entre le cerveau et l’ordinateur peut bloquer la réflexion. Yong mentionne également un travail universitaire (.pdf) qui montre comment le fait d’envisager les réseaux électriques comme des systèmes de plomberie ou des foules en mouvement peut influencer la compréhension d’étudiants en ingénierie.

Le dernier élément intéressant de cette étude ne porte pas sur son contenu, mais sur sa forme. En effet, si certaines expériences ont été menées de manière “classique” sur des étudiants, d’autres ont fait appel à des sujets recrutés via le service du “turc mécanique” d’Amazon. Il s’agit donc d’une étude en psychologie en partie “crowdsourcée”. Mais savoir si de telles méthodes révolutionneront les recherches psychologiques ou seront critiquées pour leur manque de fiabilité… c’est une autre question.

17/03/2011

Toucher au cœur


Le dossier noir de l'EPR



La catastrophe qui touche la Japon a remis la question du nucléaire au cœur des préoccupations des citoyens des pays qui produisent leur électricité (en partie) grâce à l'énergie atomique.

Pour commencer je vous propose cette courte interview, trouvé sur le site de sciences et avenir, de Lionel de Ruta, qui travaille au SAMU de Marseille sur la gestion des risques liés, entre autres, à la radioactivité.

Le site de France-info consacre une page utile au vocabulaire du nucléaire, pour comprendre tous ces mots qui ont envahit notre quotidien depuis quelques jours: millisieverts, fissions, fusion et autres confinement.

Rue89 également se lance dans les explications sur le nucléaire, avec un article qui répond aux questions que vous n'osez pas trop vous poser. Les débats qui commentent sont parfois aussi intéressants que l'article lui-même, ce qui valide la formule du journalisme à trois voix - journaliste, spécialiste, lecteur - de la Rue.

Si vous souhaitez aussi mieux appréhender l'énergie atomique afin de ne pas vous laisser dicter votre opinion par les discours lénifiants deSarkozy ou d'Areva (voir la vidéo) et l'excellence de la filière française ou par les "Cassandre" écologistes qui ne présentent souvent que les risques sans expliquer la nature physique du phénomène atomique, je vous conseille le dossier consacré au sujet par le site futura-sciences.


Enfin, à titre d'exemple, je poste ici la vidéo de présentation du réacteur EPR, fleuron de l'industrie nucléaire française dirait-on dans les ministères, ainsi que le lien vers la page consacrée aux risques du réseau Sortir du nucléaire. Enfin, vous trouverez en cliquant sur le drapeau "nucléarisé" de Japon qui ouvre ce post, le dossier noir de l'EPR de Sortir du nucléaire, dans lequel ils démontent l'argument sécurité de l'industrie nucléaire française sur le réacteur de 3e génération.

Il y aurait sans doutes encore bien des choses à dire sur la filière nucléaire, entre l'exploitation d'Uranium (d'ailleurs pourquoi dit-on que le nucléaire permet à la France une autonomie énergétique alors que l'Uranium provient d'autres pays?), les déchets, etc... En cherchant sur les pages citées ici vous trouverez certainement des pistes pour comprendre les enjeux. Alors, soyons vigilants et ne prenons pas pour argent comptant les discours des autres, même lorsqu'ils défendent un point de vue que nous partageons.



Courage au peuple du Japon.






Les Français devraient être mieux sensibilisés

Quelles sont les priorités des secours en cas d’accident nucléaire ? Les français sont-ils préparés à faire face à une catastrophe de l’ampleur de celle du Japon ? Les réponses de Lionel de Ruta, formateur relais risques NRBC (Nucléaire, radiologique, biologique, chimique) au Samu de Marseille.

Sciences et Avenir.fr : Comment se prépare-t-on en France à un évènement nucléaire catastrophique tel qu’au Japon ?Lionel de Ruta : Dans tout le pays et particulièrement à proximité des sites dangereux (centrales, barrages…) il y a des sirènes qui sont prêtent à envoyer des signaux d’alerte en cas d’incident. Le problème est qu’il faudrait mieux préparer la population à réagir quand l’alerte retentit. C’est-à-dire dans un premier temps rester chez soi, se confiner et écouter Radio France en attente de consignes. A la différence des Japonais, cette culture nous manque. Au niveau des secours, les moyens sont là, prêts à être activés mais leur efficacité dépend de la bonne participation de tous les impliqués.

Quelle est la priorité des secours en cas de contamination radioactive ?

La priorité va à la chaine de décontamination, c’est le préalable à tout traitement. Nous disposons de dispositifs portables conçus pour traiter les personnes valides mais aussi les blessés allongés. La procédure est simple mais elle doit être rigoureuse : chaque victime doit être lavée minutieusement durant 20 minutes. Les secouristes qui effectuent ce geste sont équipés de tenues de protection dites NRBC. Elles ne sont pas un rempart contre les radiations mais elles sont équipées de filtres qui bloquent les particules et poussières radioactives.

Une fois cette décontamination effectuée y-a-t-il d’autres procédures particulières ?

Non, les victimes intègrent ensuite une chaîne de secours classique. Après décontamination, il n’y a pas de risques particuliers. Un irradié n’est pas plus irradiant qu’un brûlé ne brûle. Les victimes sont donc traitées en fonction de leur état de santé. Généralement, elles ne présentent d’ailleurs pas de symptômes particuliers. En cas de forte irradiation, les premiers signes sont souvent des nausées et des vomissements ou carrément des brulures. Ce que l’on craint le plus ce sont les éléments radioactifs qui sont ingérés ou inhalés puisqu’ils vont continuer à irradier, le temps de leur transit, l’organisme.

Les secours au Japon ont-ils adoptés la même stratégie de réaction ?

Oui, ce que l’on voit à travers les images indique qu’il y a une zone de contamination qui a été délimitée et que les gens qui viennent de cette zone sont contrôlés. Il est important de conserver ce contrôle de la population éventuellement contaminée. Ces personnes pourraient en effet à leur tour contaminer d’autres lieux ou d’autres individus si elles ne sont pas prises en charge.

Une autre grande crainte est l’arrivée directe de victimes irradiées à l’hôpital qui viendraient donc déposer des éléments radioactifs dans les locaux. En prévision d’un tel évènement, toutes les urgences des hôpitaux de Marseille sont par exemple équipées de SAS de décontamination prêts à être dressés.

Propos recueillis par Joël Ignasse
Sciences et Avenir.fr
16/03/11




La vidéo d'Areva:

13/03/2011

Au clair de la lune

La Nasa a publié une photo exceptionnelle du satellite naturel de notre bonne vieille Terre. L'image a été obtenue par la sonde LRO, Lunar Reconnaissance Orbiter. Les plus petits détails ne mesurent que 150m.

05/11/2010

Littérature augmentée

La réalité augmentée... de moins en moins science-fiction, de plus en plus science du réel.
Voici deux exemples de littérature augmentée. Pour l'instant il faut encore passer par un visionnage au moyen d'un écran afin de mixer réel et virtuel en temps réel... mais peut-être un jour, comme dans ma fiction Comme un chien dans un jeu de puces, le mixage se fera directement grâce à une puce implantée et à des lentilles de vision augmentée.


Dr Jekyll et Mr Hyde:
Deux étudiants de HGK Basel, ont réalisé pour leur thèse de fin d'année ce livre intitulé « Dr Jekyll et Mr Hyde » mêlant 2D et 3D.




Le monde des montagnes:
Le livre magique de Camille Scherrer, projet présenté en 2008 pour son diplôme à l'Université d'Art et de Design de Lausanne.