"La plume est la langue de la pensée"
Miguel de Cervantes Saavedra

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20/04/2012

Sur les pas de Traven


Une nouvelle écrite pour le fanzine A bloc! #2, sorti en novembre 2011. C'est un hommage - à mon humble niveau - à un immense auteur: B. Traven.
La forme de la nouvelle a été librement inspiré par l'un des romans fondateur de la littérature moderne mexicaine: Pedro Páramo de Juan Rulfo.

J'espère à travers cette petite histoire vous donner envie de (re)découvrir cet écrivain qui fut, plus qu'un pont dans la jungle, un pont entre les peuples d'ici et là-bas... où que ce soit!

 
Bonne lecture



 

Une si longue nuit

La chaleur était accablante. Elle tombait sur la canopée comme les pluies le faisaient le reste de l'année. La jungle transpirait, bruissait. Le vent, les oiseaux, les singes l'emplissaient de leurs chants, de leurs respirations, de leurs mouvements. Gales marchait depuis de longues heures, s'enfonçant toujours plus profondément dans cette trame végétale. Des moustiques tourbillonnaient sans cesse autour de lui. La machette battait sa cuisse, marquant le rythme régulier de la marche. Il but une gorgée d'eau à la gourde, en versa un peu sur un madras, le noua sur sa tête puis recoiffa son chapeau. La forêt Lacandone était le reflet fidèle de ses souvenirs. Ou étaient-ce ceux de son père ?
A l'image de l'agitateur et rédacteur du Ziegelbrenner (1), anarchiste de la République des conseils fuyant Munich vaincue par la charge de l'Histoire, Gales erra dans une Europe que ses frontières labyrinthiques et sa bureaucratie étriquée claquemuraient dans une absurdité kafkaïenne. Il s'embarqua sur un vaisseau des morts (2) et fut bien près d'y laisser sa peau. Sur les pas de son père il débarqua au Mexique, travailla comme cueilleur de coton, foreur sur un champ de pétrole... A Tampico, il avait côtoyé les Wobblies (3), ces adeptes d'un syndicalisme nomade vivant au grès des emplois, suivant le mouvement des grèves. Père et fils vécurent longtemps dans de simples huttes, entourés d'Indiens, au milieu de la jungle.
Alors qu'au-dessus des arbres gigantesques le soleil déclinait, Gales gravit une petite butte et déboucha sur un vieux ranch abandonné. Mère nature avait repris dans ses bras l'éphémère vanité humaine. Les racines, les lianes, les branches avaient repoussé les murs, soulevé le toit. Gales attacha ses deux mulets et perçut dans le brouhaha de la forêt les gazouillis timides d'un cours d'eau. Plus bas, un pont de bois branlant enjambait le lit d'une rivière que la saison avait en partie asséchée. Il promenait son regard tout autour, contempla longuement cet océan de verdure. Il était venu retrouver la piste de l'auteur de ses jours. Mais dans la jungle les traces meurent plus vite encore que les hommes.
La nuit tombait moins qu'elle ne montait de la forêt. Les flammes arrachaient à l'épais mur d'obscurité quelques éclats de lumière. Gales avait fini son repas. La symphonie de la jungle jouait de ses tonalités nocturnes. Il alluma un cigare avec un tison tiré du feu. Il fumait avec délectation, souriait, regardait le trabuco rouler entre ses doigts. Parfois il soufflait sur le bout incandescent puis tirait une bouffée. Il était assis à même le sol, appuyant son dos sur la grosse racine qui serpentait derrière lui. Il ferma les yeux pour chasser la fatigue et se laissa aller. Il imaginait Ret Marut, ce père qui en débarquant au Mexique en 1924 avait écrit : "Le Bavarois de Munich est mort." Comme était mort à l'aube du XXe siècle le prolétaire vagabond, cédant sa place à l'homme de théâtre puis au révolutionnaire. Gales songeait aux cendres de son auteur, dispersées au-dessus de cette jungle qu'il avait tant aimée.


Il fut sorti de sa torpeur par le crin-crin lancinant d'un violon. Devant lui, enveloppée de voiles de brume, se dressait une jolie petite brune. Il reconnut Irène Mermet, compagne de route de Marut sur les chemins de la révolution allemande. "Je ne l'ai jamais trahi." Elle s'assit tout près de lui. "Avec ma jeunesse j'ai perdu mes convictions, c'est vrai, mais j'ai toujours préservé le secret de ton père. Je l'ai tellement aimé !" Comme nimbée d'une aura d'éternité, Rosa Elena Lujan sortit des ténèbres à son tour. "C'est moi qui ai confirmé suivant ses dernières volontés, qu'il avait été Ret Marut." "Ce qui ne signifie en rien qu'il soit né sous cette identité !", trancha sèchement Esperanza Lopez Mateos. Elle éprouvait pour Rosa Elena une grande admiration mais dédaignait le charme paisible de celle qu'elle considérait comme sa rivale. Celle qui après son suicide en 1951 avait pris sa place auprès de l'écrivain. Celle qui était parvenue à toucher l'homme et qui l'avait épousé six ans plus tard.
"Mesdames, voyons !" Diego Rivera et Frida Kahlo entrèrent en scène hilares, sortant bras dessus bras dessous de la petite bâtisse de bois. "Pour les autorités mexicaines, il était Traven Torsvan, né le 3 mai 1890 à Chicago." L'imposant muraliste de la révolution mexicaine poursuivit. "Selon d'autres sources il serait né en 1882 à Schwiebus en Allemagne et se serait appelé Otto Albert Max Feige." La frêle Frida, grande artiste au corps tourmenté enchaîna, "Selon les autorités de résidence de Munich, Ret Marut serait né le 25 février 1882 à San Francisco. Mais le tremblement de terre de 1906 a englouti les archives de la ville. Son bulletin de naissance a été avalé par la Terre !" Diego ajouta : "Au cours de sa vie il aura utilisé plus d'une vingtaine d'identités, dont Hal Croves..." Humphrey Bogart hocha la tête en vidant sa coupe de champagne. Frida rappela un sourire aux lèvres que la rumeur avait fait de leur ami le fils caché de l'empereur Guillaume II, Jack London ou encore un groupe de scénaristes hollywoodiens. John Huston évoqua sa rencontre avec l'écrivain sur le tournage du Trésor de la Sierra Madre. "J'étais fasciné par le roman et par l'auteur. En 1946 j'ai rencontré Croves, son soi-disant imprésario. Un homme rugueux. J'ai encore du mal à croire qu'ils n'aient été qu'une seule et même personne." Le cinéaste Gabriel Figueroa se tourna vers Gales : "La seule chose dont on est sûr, c'est de la date de sa mort... Le 26 mars 1969 ! La veille il m'avait demandé du cyanure. Mais la Mort a été plus rapide que moi."
La jungle sous son lustre d'étoiles prenait des allures de salon mondain. Le vieux rancho, d'un jeux d'ombres et de lumières se parait des ors verts et des boiseries cuivrées de la jeune république mexicaine. Protagonistes et figurants d'un soir palabraient, plaisantaient, riaient en glissant dans le halo des flammes. Esperanza, femme d'une grande culture au sourire orgueilleux avait suspendu Gales aux commissures de ses lèvres carmin. "J'avais approché ses éditeurs dès 1939. Je voulais l'autorisation de traduire Le pont dans la jungle pour que Gabriel l'adapte au cinéma. J'ai essuyé un refus mais je l'ai tout de même traduit. Ma version lui a tellement plu qu'il m'a engagée comme agent littéraire et traductrice."
Gales reconnut Ernst Preczang, le premier directeur de la Guilde du livre Gutenberg et son successeur, Josef Wieder. Ce dernier évoquait le malin plaisir qu'avait pris l'écrivain à brouiller les pistes. "En 1951, alors qu'il obtient la nationalité mexicaine, nous publions le premier numéro des BT-Mitteilungen, un bulletin photocopié d'information ou plutôt de désinformation adressé aux agences littéraires. Ce petit jeu dura jusqu'en 1960 ! Marut savait aussi se montrer fidèle. Lorsqu'en 1933 la Guilde tomba entre les mains des nazis, il transféra ses droits à la filiale de Zurich que je dirigeais."
Preczang se vantait quant à lui d'avoir fait du rebelle un écrivain. "La Guilde n'en était qu'à ses débuts et nous étions à la recherche d'auteurs neufs et sociaux. Nous n'avions pas identifié derrière le pseudonyme le responsable de la presse de Munich insurgée. Son Baumwollpflücker (4) au ton anarcho-syndicaliste marqué, publié en épisodes l'année précédente, en 1924, avait attiré mon attention. Je lui ai proposé de publier ce qu'il écrirait, il a accepté. Mais lorsque nous lui avons demandé de nous fournir une photo, des éléments de biographie, il a répondu que sa vie ne regardait que lui. Il avait écrit, je cite de mémoire : Si on ne reconnaît pas l'homme à ses œuvres, de deux choses l'une, soit c'est l'homme qui ne vaut rien, soit ce sont ses ouvrages."
Esperanza profita du passage d'un ange pour reprendre la parole. "Neuf ans de silence entre ma mort et son ultime Aslan Norval... C'est long ! Suffisamment pour nourrir la légende. Sans œuvre, pas d’auteur !" Elle décrivit en détails la conférence de presse au cours de laquelle son frère Adolfo, alors président du Mexique, nia qu'elle fut le mystérieux écrivain. "Il réfuta également l'être lui-même." ajouta Rivera, balançant sa flûte de champagne d'une main à l'autre. "Le Chiapas, la forêt Lacandona, los indios, voilà ce qui le définissait. Il suffit de le lire pour s'en persuader. La terre des anciens Mayas le fascinait littéralement. Il admirait ces peuples capables de forger un mot, multepal, pour dire "gouverner ensemble" et de reléguer temples et palais à l'état de vestiges du passé. C'est d'ailleurs son journal de voyage au Pays du printemps, qui l'imposa à l'intelligentsia que nous formions dans ce Mexique des années 30. Beaucoup d'entre nous y décelèrent la profondeur du regard porté sur l'histoire de notre pays"
La nuit avançait à pas de félin et la fraîcheur couvrait de rebozos les épaules des femmes. Des lambeaux de chair, flammèches consumées par l'obscurité, s'élevaient des corps, asséchaient la bonhomie d'un Diego Rivera. Ses yeux ronds n'étaient plus ceux d'un batracien bon vivant mais un regard vide au fond d'orbites creuses. La stupeur avait jeté son masque sur le visage de Gales et les corps désincarnés des invités dansaient joyeusement dans des vêtements devenus trop amples. Frida Kahlo figurait, elle, une exquise Catrina.
Venant d'au-delà du pont, une indienne au visage raviné s'approcha de Gales. "Ton père et moi nous sommes rencontrés en 1926. Il se faisait appeler Torsvan. Il s'était joint comme photographe à l'expédition archéologique du docteur Palacios. Fin juin, il avait laissé ses compagnons à San Cristobal de las Casas pour s'enfoncer seul sur nos terres. C'est alors que je l'ai connu. Ensuite nous ne nous sommes plus vraiment quittés. Il est toujours revenu ici, vers cette terre, cette jungle, vers nous, Indiens qui y vivons." Elle rajeunissait et son teint de bronze, ses cheveux épais et noirs, la dignité de son regard s'effaçaient derrière le voile de nuit enveloppant ses traits et la lune. "Il a cherché dans les livres l'histoire de nos peuples, de nos cultures mais surtout il a posé sur nous, hommes et femmes sans visages, morts au monde, un regard dénué de préjugés. Nous étions ses frères de cœur, prolétariat inconnu de l'Europe, en lutte pour sa libération, pour accéder à la lumière du soleil." La femme posa sur Gales un regard que la passion ravivait. "Tu cherches à savoir qui était ton père ? Regarde au fond de ton cœur. Il y a autant de lui en toi, qu'il y avait de toi en lui. Vois tes frères, Andres, Candido, Celso... Regarde Juan Mendez, Martin Trinidad. Vois tous ces Indiens avec leurs charrettes et leurs bœufs, ceux qui vivent de l'acajou, des troncs qu'ils abattent. Vois celles et ceux qui ne possèdent rien, pas même leur propre vie. Regarde-nous ! Nous sommes nés de la nuit, nous vivons en elle. Et en elle nous mourrons !"
Pendant qu'elle parlait, fière, un groupe d'Indiens s'était assis autour du feu. Gales ne les avait pas vus sortir des ténèbres et pourtant ils étaient là, accroupis, vêtus de misère, le chapeau à la main. Les femmes portaient à leurs robes des fleurs sauvages, les hommes des machettes. L'un d'eux un violon. Tous et toutes dissimulaient leurs faces sous des passe-montagnes tissés d'obscurité. Une rumeur enflait. i Tierra y Libertad ! i Abajo la dictadura ! La mémoire du fils effeuillait La Rosa Blanca, soufflait les mots du père : "Mais lorsque les indiens s’éveillèrent de leur torpeur, qu’ils rejetèrent les petites habitudes qui pesaient sur eux depuis des temps immémoriaux, ils reconnurent qu’à la place de leur petite patrie étriquée, ils en avaient acquis une plus vaste qui avait elle aussi sa beauté. Et tandis que la petite patrie semblait toujours rester ce qu’elle était, la nouvelle patrie se développait de jour en jour avec leurs connaissances. Elle semblait n’avoir plus de limites et englobait tous les hommes, tous les pays, toutes les pensées que l’on pouvait concevoir." Macchabées en révolte et squelettes esthètes dessinaient une fresque passée au vitriol de Posada, une toile nocturne peuplée de ses calaveras. L'indienne tourna vers Gales un visage qui n'en était plus un ; ses traits était ceux de la Mort elle-même : "Tu es toi aussi né de cette si longue nuit "
Le jour naissant dissipait les dernières perles de rosée quand deux cavaliers débouchèrent devant l'ancien bungalow. L'un fumait tranquillement la pipe, les bras croisés sur le pommeau de sa selle. L'autre, don Durito, un étrange petit scarabée, avait mis pied à terre et examinait la figure chiffonnée de Gales. "Aucune nuit n'est si longue qu'elle ne finisse par reculer devant le jour", marmonna-t-il en guise de prière. El Sup, son fidèle écuyer, lui demanda s'il connaissait le gringo couché-là. Il acquiesça. "Gales est un personnage de roman, une identité de papier, le rejeton littéraire d'un vieil ami... Le fils de B. Traven."



1 : Le Fondeur de briques, journal radical où Marut exprimait son pacifisme et son anarchisme proche des thèses de Stirner.
2 : Le vaisseau des morts, premier roman de Traven, évoque ces navires voués au naufrage avec leur équipage afin que l'armateur empoche la prime d'assurance.
3 : Surnom donné aux membre du syndicat Industrial Worker of the World. http://www.iww.org/fr
4 : Les cueilleurs de coton fut publié en épisodes par le Vorwärts (En avant !), journal progressiste allemand de l'époque. Une version augmentée sera publiée par la Guilde Gutenberg sous le nom Der Wobbly.

La Guilde du livre Gutenberg : La maison d’édition Büchergilde Gutenberg est fondée en août 1924 à la Maison du peuple de Leipzig. Son but avoué est d'offrir une littérature de qualité, à petit prix aux travailleurs. Un an plus tard, à la recherche d’auteurs, son directeur Ernst Preczang sollicite Traven. Ce dernier publia tous ses romans à la Guilde Gutenberg.

Les journées révolutionnaires de Bavière commencent, comme ailleurs en Allemagne, le 7 novembre 1918 lorsqu’on proclame la République à Munich. Le Président du Gouvernement est l’écrivain berlinois Kurt Eisner, un leader du Parti social-démocrate indépendant. Il s’appuie sur des conseils d’ouvriers, de soldats et de paysans. Mais son parti essuie une énorme défaite aux élections de janvier 1919. Et, au moment même où il se rend à l’Assemblée pour présenter sa démission, le 21 février 1919, il est tué dans un attentat (Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht avaient déjà été assassinés à Berlin en janvier de la même année). Le 18 mars l’Assemblée choisit un gouvernement de coalition dont le Président est un Social-Démocrate, Johannes Hoffmann (qui était ministre dans le gouvernement de Eisner). Pendant tout ce temps les radicaux préparent le renversement violent du Gouvernement Hoffmann. Les principaux conjurés: Erich Mühsam, Landauer, Levien, Leviné, Toller, et probablement Marut. Ils proclament la République des Conseils (sorte de Soviets) le 7 avril. Le Gouvernement Hoffmann se réfugie à Bamberg. Dès le 13 avril la garde républicaine arrête les membres (principalement anarchistes) de la République des Conseils. Un nouveau gouvernement des Conseils est formé immédiatement par les communistes (avec l’assentiment des anarchistes). Il se prépare à proclamer la dictature du prolétariat. Cette fois-ci le Gouvernement Hoffmann avec l’aide de Berlin va rétablir l’ordre dans le sang (...) La deuxième République des Conseils tombera le 1er mai.

Traven sur la toile :
en français :
Deux articles de CQFD reviennent aussi sur l’œuvre et la vie de Traven : http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article1353 et http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article1923
A lire aussi la très bonne biographie de Golo, en BD et en français : B. Traven, portrait d'un anonyme célèbre
En espagnol :

07/04/2012

Hacker ouvert

Il y a quelques jours, w0rmer, hacktivistes Anonymous et militant du mouvement Occupy a été arrêté par le FBI. Deux textes circulent depuis quelques jours, signée w0rmer. Dans l'un d'entre eux il relate son arrestation, dans l'autre il explique ses motivations. C'est ce dernier texte que je publie ci-dessous.
Voici également les liens vers les textes en anglais - http://pastebin.com/jjMRFDH6 et http://pastebin.com/P09ZaDaD - et en espagnol - http://pastebin.com/5dHMMYAG.

Traduction en cours du texte sur l'arrestation: :


Aujourd'hui w0rmer se marie, alors en mettant de côté ses ennuis avec la loi, souhaitons-lui tout le bonheur du monde.
#
 





Motivations d'un hacktiviste
par  Higinio Ochoa/W0rmer


J'écris ceci parce que , quelque part, à un moment donné, quelqu'un va essayer de comprendre pourquoi j'ai franchi la ligne du grey pour le black hat. Beaucoup je suis sûr seront d'accord avec moi si je dis que savoir pourquoi quelqu'un fait quelque chose est plus important que l'action elle -même. Alors s'il vous plaît avant de me juger, laissez moi exprimer mes raisons.

J'espère inspirer d'autres personnes à se faire connaître et à faire savoir au Monde pourquoi ILS se battent. Comme la plupart en Amérique, j'étais perdu dans une apathie lorsqu'en 2000, les États-Unis ont adopté le Millenium Act. Complètement inconscient de la pente glissante que cette loi créait, je suis resté assis. Un peu plus tard, j'ai ris à l'idée que l'Amérique laisserait le gouvernement fédéral avoir ce contrôle sur nos communications, sans contrôle. Je savais qu'un jour mes compétences seraient utiles. A partir de ce jour, je me suis entrainé et j'ai perfectionné mes compétences, pour une guerre que j'ai vu arriver beaucoup plus tôt que je ne le prévoyais.
Puis rapidement un jour, Wikileaks a publié le "cable gate" et Bradly Manning fut montré du doigt comme un criminel. J'ai regardé les Américains l'appeler traître même après avoir vu les vidéos divulguées de nos troupes tuant les "ennemis" comme dans un jeu vidéo. Cet acte m'a scandalisé et je savais que mon heure était venue. J'ai créé un compte twitter et j'ai diffusé toutes les informations absorbées que j'ai pu, en retweetant et postant sur Facebook ce que je percevais comme une attaque directe des valeurs de l'Amérique. J'ai regardé, impuissant, le gouvernement fédéral des États-Unis perdre toute crainte de son peuple et maintenir en détention pendant des mois sans procès, un américain dont le seul crime était d'essayer d'informer le monde des atrocités et des affaires secrètes que notre gouvernement faisait en notre nom. J'ai regardé de loin les raids /b/ ralentir et les opérations anonymous augmenter. Puis c'est arrivé.
Visa & Mastercard ont cessé de traiter les opérations financières pour wikileaks. Cela s'est il vraiment produit? Quelque part en chemin le gouvernement fédéral est il devenu si énorme qu'ils pouvaient empêcher wikileaks de se défendre et de collecter des fonds pour le faire? Est ce que mon gouvernement a réellement pensé qu'ils étaient intouchables et que le Monde resterait silencieux? Ils l'ont pensé et ils l'ont fait.
Bien que j'ai refusé de charger mon laser pour aider à faire tomber ces services, j'ai contribué à la formation des autres et activement fait la promotion de l'opération Payback. Les uns après les autres les sites ralentissaient puis tombaient. Cela m'a prouvé qu'Anonymous était exactement ce que j'attendais,soutenant mes compatriotes américains, ce jour-là la voix du monde a été entendue et bien que cette voix soit silencieuse, ce fut assourdissant. A partir de ce point sur je savais que je ne serais jamais plus le même et que l'action devait être lancée.
Un peu plus tard l'opération rébellion des états de l'Empire commençait et le mouvement occupy renaissait. Après des mois de promotion et avec la tempête médiatique, je savais qu'il était temps pour moi de descendre dans les rues. J'ai déménagé dans ma ville natale et j'ai contribué à créer une "Occupation" là bas. Ce mouvement était populaire et très peu de gens pouvaient partager ouvertement nos opinions sans crainte de perdre leur emploi. Ces emplois n'étaient pas glamour mais où j'étais je n'avais aucun travail à faire, pas de travail du tout. Manifestation après manifestation j'ai vu la qualité du mouvement qui se créait et j'ai prêté mes compétences pour accroître la voix de ce petit camp occupy. Nous avons fait face à toutes les tentatives des politiciens locaux aux agitateurs infiltrés locaux et fédéraux. Comme l'occupation locale tirait à sa fin, j'ai fait mes valises et me suis dirigé vers Occupy Fortworth où le harcèlement policier en venait vite aux mains. Ici mes actions ont aidé à décrocher de la violence. Mon occupation locale avait provoqué très peu de résistance de la police car notre Etat était à un tel niveau de pauvreté que même le maintien de l'ordre souffrait. Rapport après rapport concernant les abus de la police à travers le pays,les Anonymous se révélaient être les seuls protecteurs du peuple et de leurs droits. Cette guerre non conventionnelle avait besoin de représailles non conventionnelles et les dox (dossiers) sont apparus très vite. Je n'étais sur le site que depuis 5-10 minutes à occupy Fortworth, Quand j'ai vu et enregistré une vidéo pour la première fois un passage à tabac non provoqué d'un occupant avec rien de plus que le drapeau américain. C'était ainsi, je ne pouvais plus rester les bras croisés et permettre que cela continue. Mon gouvernement avait déclaré la guerre à son peuple et mon apathie était maintenant effacée. J'ai tendu la main à Anonymous et ils l'ont prise, de moi-même j'ai prêté serment d'arrêter de jouer selon "leurs" règles, et j'ai rejoins ce mouvement fer de lance.
Je suis retourné chez moi auprès d'occupy, pour les aider à s'organiser avec tout le savoir et les ressources dont ils avaient besoin pour diffuser en direction d'une audience mondiale, et ensuite exposer la défense des droits que nous avions abandonnés et retourner la pareille à Anonymous en protégeant Occupy partout à travers la nation. Avec à la fois ma connaissance et mes capacités. Je ne suis pas alimentée par une intention malveillante, mais par une obligation morale de protéger ceux qui souhaitent protéger les autres, et leurs droits. Pour beaucoup d'opérations auxquelles j'ai participé, je l'ai fait à cause de la défaillance du système judiciaire, pour ancrer une simple once de responsabilité chez les personnes commettant ces crimes contre l'humanité. Moi et beaucoup d'autres nous avons regardé les manifestants maltraités, les enfants assassinés, et les guerres menées à la fois par notre gouvernement et les agences de presse ignorant ces atrocités en cours. Chaque fois que je me suis connecté je savais que mes ennemis me regardait, mais que rien de ce qu'ils pouvaient me faire, ne serait pire pour moi que de ne pas m'opposer à eux. Je ne me bats pas uniquement contre un gouvernement mondial oppressif, contre la police hors de tout contrôle ou contre les politiciens corrompus, je me bats pour ceux qui en sont incapables ou qui ont abandonné leur droit de le faire. J'ai choisi de me dresser contre un monde qui n'a cessé de mentir, tellement en fait que c'est devenu une habitude; il est accepté que pour être en sécurité nos élus doivent élaborer des accords secrets d'arrière cours, nous mentir en face et mener des guerres en notre nom. Toutes les opérations auxquelles j'ai pris part se jouaient sur plusieurs tableaux premièrement, pour traduire en justice ceux qui sont considérés intouchables et deuxièmement, lentement éduquer ceux qui sont prêts à comprendre qu'il y a un vaste monde réel appelant à un changement qui ne fera que continuer à croître avec le déclin de l'apathie du monde. Vous n'avez pas besoin d'être un hacker pour être un anonymous, chaque individu doit trouver et définir son propre niveau de participation. J'ai choisi cette route. Je l'ai fait à cause de ma connaissance sur les systèmes informatiques et parce que je vois une urgence à faire savoir aux Américains que chaque élément d'information que nous fournissons à notre gouvernement et aux corporations bien qu'ils déclarent les garder confidentiels et en sécurité, c'est en fait tout le contraire. Quotidiennement, des individus formés reçoivent le pouvoir de sécuriser nos infrastructures,ils sont payés des milliers de dollars et on leur fournit des équipes de soi disant professionnels formés pour garder ces systèmes et ces informations confidentielles. Pourtant, quotidiennement, des failles dans ce système sont mises à jour par des personnes formées par elles même et au lieu d'améliorer ces systèmes, nous sommes pourchassés et arrêtés. C'est le moment et l'ère du pic de la collecte d'informations, l'information est le pouvoir. Il est temps pour les gouvernements du monde d'admettre face au peuple qu'ils gouvernent que les informations collectées ne sont ni sécurisées ni protégées. Quelque chose doit être fait. Maintes et maintes fois anonymous a montré que des millions d'informations personnelles étaient laissées sans sécurité et complètement accessible à une exposition publique. Mon opinion personnelle est que la seule réaction de ces instances dirigeantes fut la désinformation et les messages alarmistes. S'il y a un moment pour se dresser contre ces erreurs et ces fausses informations, c'est maintenant!
La révolution ne sera pas télévisée, Ce ne sera simplement pas autorisé. Je me suis battu au quotidien contre la nature humaine, les personnes au pouvoir ne céderont pas le pouvoir que nous leur avons donné aveuglément, nous devons le leur reprendre! Comme je n'ai plus le droit à la parole au sujet de mon avenir, je ne peux que supposer que le gouvernement fédéral effrayé va essayer de son mieux de me refuser l'accès au seul outil pour lequel j'ai des connaissances : l'ordinateur. Ma vivante machine me sera enlevée, comme je suis sûr que mon gouvernement craint, non seulement le bien que je suis capable de faire ressortir avec elle, mais aussi les vérités que je pourrais révéler. Pour moi, cela prouve que, pour la première fois depuis des centaines d'années, notre gouvernement craint enfin de ses habitants, c'est quelque chose dont nos pères fondateurs seraient sûrement fiers. Après tout c'est l'idéal pour lequel ils se sont battus. Je félicite ceux qui se battent encore activement et je tiens à vous remercier de m'avoir donné l'opportunité non seulement de combattre à vos côtés, mais aussi l'opportunité que ma voix soit entendue. Ne craignez pas les changements que nous apportons, les menaces lancées contre nous comme celles des incultes à notre cause, ou de ceux qui sont menacés par le pouvoir que nous exerçons. Ne vous éloignez pas du bon combat que nous portons et ne compromettez jamais vos idéaux personnels pour devenir l'un de ces moutons. Instruisez-vous et ceux qui vous entourent sur les véritables injustices qui se passent dans le Monde. Ne vous arrêtez jamais d'apprendre mais n'oubliez jamais de transmettre ce savoir de sorte que le temps viendra où le monde regardera nos actions comme moi et plus encore.
Merci à vous, et sentez vous obligé de vous joindre à ce combat pas seulement pour les droits civils mais aussi pour les droits de l'homme.

I am anonymous. je suis anonymous
I do not forgive. Je ne pardonne pas
I do not forget. je n'oublie pas





17/01/2012

Sopa à la grimace








STOP SOPA
 THE ESSENTIALS:
  • Summary and bill text of SOPA - H.R. 3261: link
  • Summary and bill text of PIPA - S.968: link
  • Congressmen who support SOPA and how much money in donations they received to support it: link
 IN DEPTH:
  • Companies that support SOPA - link
  • Companies that oppose SOPA & PIPA - link
  • Video: What is PIPA and how will it affect you? link
  • SOPA 101: An Infographic - link
  • Tech Law & Policy: House takes Senate’s bad Internet censorship bill, tries making it worse - Analysis of SOPA & PIPA - link
  • First Amendment Legal Analysis and Implications of SOPA - link
  • Stanford Law Professors React to SOPA and PIPA - link
  • Infographic: What SOPA Means for Business and Innovation - link
  • FAQ: How SOPA Would Affect You - link
GET INVOLVED:
  • Take Action Checklist to Stop Censorship - link
  • Join @YourAnonNews and @AnonymousIRC and pledge not to tweet between 8AM-8PM EST (1300-0100 UTC) on 18 January [check your local timezone here - Use hashtags #SOPAblackout and #J18
  • Add the following banners to your Twitter pic: “CENSORED” - link | “STOP SOPA” - link
  • How to contact Facebook and Google to support the January 18 SOPA blackout - link
  • Contact your local Representative with info and a widget to find them by EFF and Wired for Change - link
  • Plugin for WordPress to protest with a blackout: link
  • Click “attend” on the FaceBook event page - link




03/01/2012

#OpBlackout

Anonymous lance une opération contre le SOPA - Stop Online Piracy Act - projet de loi ricain et controversé visant à renforcé le pouvoir des ayant-droits et réduisant les libertés des internautes en matière de partage de l'information. #OpBlackout, dont vous trouverez les instructions en anglais ici. invite à s'opposer afin de ne pas finir par faire la sopa à la grimace.

Suivez l'#Op sur twitter ou sur le blog d'AnonIberoamerica.







06/10/2011

Une histoire populaire toujours en marche... sur Wall Street



A l'heure où le mouvement des révoltes arabes et des indignés européens traverse l'Atlantique... à l'heure où Wall-Street et les 1% qui contrôlent l'économie des USA deviennent les cibles des protestataires... à l'heure où ces protestations font tâche d'huile dans les grandes villes gringas, il est bon de se rappeler que les USA ne se résument pas à Obama ou Bush, à Tom Cruise ou Bob Dylan... Il est temps de (re)lire Une Histoire populaire des Etats-Unis de l'historien radical Howard Zinn.

Voici quelques liens vers des articles sur ce qui se passe en ce moment dans les rues américaines: sur Le MondeLibéL'Humanité, Rue89Les Inrocks ou Le Figaro.

Mermet, Là-bas si j'y suis et Les Mutins de Pangée propose de financer la sortie d'un film sur l'historien qui donne envie aux plus anti-américains d'embrasser le premier gringo qui passe... sauf si celui-ci est Bush!




Howard Zinn - Une histoire populaire américaine
Le nouveau film d’Olivier Azam et Daniel Mermet, sur la vie de Howard Zinn, 1922-2010, auteur du livre "Une histoire populaire des Etats-Unis".




Avec l’énorme succès de son livre "Une histoire populaire des Etats-Unis", Howard Zinn a changé le regard des Américains sur eux-mêmes. Zinn parle de ceux qui ne parlent pas dans l’histoire officielle, les esclaves, les Indiens, les déserteurs, les ouvrières du textile, les syndicalistes et tous les inaperçus en lutte pour briser leurs chaînes.

A Paris et à Boston Daniel Mermet et Olivier Azam ont eu la chance de rencontrer Howard Zinn et de le filmer, toujours stimulant et fraternel. À la fin Zinn disait « Je veux qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un qui a donné aux gens des sentiments d’espoir et de pouvoir qu’ils n’avaient pas avant ».

Voilà exactement ce qui nous a donné envie de réaliser ce film. 
Après le succès du film Chomsky & Cie, La coopérative les Mutins de Pangée lance une nouvelle souscription.

Commandez dès maintenant le coffret DOUBLE DVD à 20€ (au lieu de 25€) et participez ainsi à une production entièrement indépendante... tout en gagnant 5 euros !

Plus d’infos sur le site des Mutins de Pangée.

16/10/2010

La bestia

En Chiapas (photo encontrada en la página del documental La bestia)

La bête... c'est le train sur le dos duquel les migrants d'Amérique centrale tentent de traverses le Mexique. Mais sur l'échine de la bête c'est l'enfer qu'ils parcourent... Le rôle du grand méchant loup de l'histoire avait jusque là toujours été endossé par "la migra", la police de la frontière des USA. Mais aujourd'hui, les migrants redoutent bien plus le passage du pays Aztèque. Assassinats, enlèvements, rançonnages, vols, viols, traite des femmes sont devenus le quotidien de ceux qui fuient leur pays, qui laissent leur famille pour vivre leur rêve américain.

Je publierai prochainement en espagnol et en français un petite nouvelle sur ce thème. En attendant, allez visiter le site (en anglais) du documentaire La bestia, de Pedro Ultreras.
Et voici, en espagnol, la bande-annonce:




La bestia... el tren en el lomo del cual los migrantes centro-americanos tratan de cruzar México. Pero en el espinazo de la bestia es el infierno que recogen... Hasta la fecha el papel del lobo de la historia fue siempre la migra de los EU. Pero ahora los migrantes teman mucho más su viaje en el país azteca. Asesinatos, secuestros, robos, violaciones, trata de mujeres se volvieron el cotidiano de los que quitan sus tierras, dejan a sus familias para vivir su sueño de América.

Luego publicare en español y francés una novela corta sobre el tema. Ya pueden visitar la página del documental de Pedro Ultreras La bestia y visionar el tráiler.

05/10/2010

Les dix stratégies de manipulation de masses

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.



1/ La stratégie de la distractionÉlément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversionconsiste à détourner l’attention du public des problèmes importants etdes mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce àun déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. Lastratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher lepublic de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domainesde la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, etde la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin desvéritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importanceréelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pourpenser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles »


2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutionsCette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On créed’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaineréaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur desmesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser sedévelopper la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants,afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment dela liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire acceptercomme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlementdes services publics.


3/ La stratégie de la dégradationPour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquerprogressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cettefaçon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles(néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômagemassif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurantplus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué unerévolution s’ils avaient été appliqués brutalement.


4/ La stratégie du différéUne autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de laprésenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord dupublic dans le présent pour une application dans le futur. Il esttoujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrificeimmédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite.Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que« tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité.Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée duchangement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.


5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âgeLa plupart des publicités destinées au grand-public utilisent undiscours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrementinfantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateurétait un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera àtromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ?« Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans,alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaineprobabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critiqueque celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieusespour guerres tranquilles »


6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexionFaire appel à l’émotionnel est une technique classique pourcourt-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique desindividus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrirla porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs,des peurs, des pulsions, ou des comportements…


7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtiseFaire en sorte que le public soit incapable de comprendre lestechnologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et sonesclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieuresdoit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance quiisole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeureincompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armessilencieuses pour guerres tranquilles »


8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocritéEncourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire,et inculte…


9/ Remplacer la révolte par la culpabilitéFaire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, àcause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de sesefforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique,l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un étatdépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sansaction, pas de révolution!…


10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmesAu cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la scienceont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public etcelles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à labiologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système »est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la foisphysiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieuxconnaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Celasignifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grandcontrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individuseux-mêmes.


Article de l'Agence de Presse PRESSENZA.

26/02/2010

Hommage à Howard Zinn

"You can’t be neutral in a moving train."

Mort au début de l'année, Howard Zinn a radicalement changé la façon de percevoir les USA... à l'image de l'Empire il a su substituer le patchwork d'un pays aux multiples visages. Son œuvre la plus connue, et reconnue, "Une histoire populaire des États-Unis" est à lire et à relire pour ne pas oublier que dénoncer "'impérialisme des USA n'est pas dénoncer son peuple.
Merci à ce grand homme qui a toujours su rester auprès des petits.

(Re)découvrez cet homme à travers une série d'émission de "Là-bas, si j'y suis" de Daniel Mermet:
Des huitres au tabasco I
Des huitres au tabasco II
Des huitres au tabasco III
Des huitres au tabasco IV