"La plume est la langue de la pensée"
Miguel de Cervantes Saavedra

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24/03/2012

Quand Les Anges nous donnent leurs ailes

Photos et impressions du concert de Salut les anges.

Salut les anges ont joué sur le fil... fil électrique, fil du temps.
Dans la salle, des anciens qui venaient retrouver leurs passés. Les Anges passent mais le public vient voir les ex-OTH. Pourtant ce n'est pas ce passé auréolé qui donne son aura aux Anges. C'est bien l'électricité qui anime ces clowns poétiques. Et allume le public de ses étincelles de sueur, étincelles d'un plaisir né de la scène.
A force de prières insistantes, le public sera exhaussé. Le temps de deux "reprises" - Sacré revanche et Sous le soleil du midi - les Anges soufflent sur les braises encore chaudes du passé et embrasent le public clairsemé.
Samedi soir à Limoges, ce ne sont pas les démons du passé qui se sont réveillés mais ses anges rebelles, à la chaleur si humaine.













12/03/2012

L' archipel pirate 2.0

Voici le texte que j'ai distribué lors de l'Anonymact.Vous pouvez le télécharger en PDF en cliquant ---> ici!


On a tous en mémoire cette image du jeune chinois face au tank sur la place Tian'anmen.Ou des photos du mur de Berlin, du premier pas de l'humanité sur la Lune. Si ces images ont façonné un imaginaire collectif, elles étaient pourtant encore porteuses d'une caractéristique du passé, elles nous étaient mise à disposition par des journaux, des gouvernements... souvent dans un but de propagande ou de marketing. Aujourd'hui, le porte-voix a changé de sens. Il ne porte plus la parole d'en haut vers le bas. L'Histoire ne reflète plus l'éclat des puissants, elle conte la vie de la multitude. Le mégaphone ne porte plus même la voix du bas vers le haut, mais horizontalement. Il est aujourd'hui possible de suivre en direct une manifestation à l'autre bout du monde, d'en partager les images sans passer par un quelconque intermédiaire plus ou moins indépendant. C'est l'émergence, non plus d'un imaginaire collectif, mais bien d'une conscience collective qui est ici à l’œuvre.


L'utilisation des réseaux sociaux comme outil de mobilisation est un bon exemple de hack réussi. Dans sons sens premier, le hack est le détournement de la fonction de l'objet qu'on nous vend. Ni Facebook, ni Twitter n'ont été créés pour fomenter les révolutions arabes, pour permettre aux indignés d'occuper le haut du pavé ou pour faciliter l'organisation d'#Op anonymes.
Pourtant, le rôle des réseaux sociaux a été déterminant et le sera à n'en pas douter de plus en plus. Le problème relève dès lors du droit d'auteur. C'est à dire qu'en nous vendant des objets, les entreprises nous vendent une fonction, un concept. Car si on veut l'appareil qui fait ce qu'on fait faire à l'objet inapproprié, il existe et si par mésaventure il n'existait pas encore, les pourvoyeurs de nos désirs se feraient un plaisir de nous en pondre un. ACTA et toutes les lois similaires à travers le globe ne sont rien d'autre qu'une surveillance du Net pour que les grandes entreprises puissent s'assurer que nous utilisions les objets dans leur "juste" fonction et que nous ne n'utilisions pas les objets qu'ils nous vendent à des fins qui pourraient aller à l'encontre de leur économie moribonde. Dans le monde réel (semences, médicaments génériques...) aussi bien que dans le monde virtuel (criminalisation du partage de l'information...).
Jusqu'à présent le hack consistait donc à détourner le concept, pas l'objet lui-même. Maintenant imaginez un monde où des imprimantes 3D seraient capables de reproduire couche à couche un objet scanné. Dès à présent, The Pirate Bay a commencé à mettre à disposition les données d'objets numérisés en 3D (1). Imaginez, à terme, la révolution que cela peut représenter en terme d'auto-organisation de la production. Imaginez comment réagiront les gouvernements et leurs lobbys si le moyen de reproduire un objet du quotidien était à portée de la main. Imaginez les problèmes de propriété intellectuel qui découleront de ces pratiques. L'un des levier de l'économie capitaliste s'en trouverait menacée comme le fait remarquer Adrian Bowyer (2). Si la satisfaction de nos besoin matériel peut s'autonomiser de « l'offre » du patronat, en organisant pourquoi pas des FabLab (3) municipaux pour les besoins communs, un peu à la manière des fours des villages du Moyen-Âge. Des lieux où chacun pourrait venir reproduire un objet mettraient à bas l'industrie. Dans le même ordre d'idée, Jeremy Rifkin (4) applique cette décentralisation de la production à l'énergie, renvoyant le centralisme nucléaire ou des énergies fossiles au statut de formes passéistes... des fossiles d'un autre âge de l'humanité. Son exemple s’appuie sur l'adaptation de nos lieux de vie à des normes écologiques où chaque immeuble doit pourvoir à ses propres besoins énergétique et, à terme, à une forme d'échange d'énergie à la manière dont nous
partageons aujourd'hui l'information.
Adapter en temps réel l'offre à la demande et non cette concurrence faussée par le fric qui domine les société depuis la première révolution industrielle. Un échange, un potlach de l'ère numérique, pair à pair. Une remise en cause de la propriété privé qui régit des biens de la communauté. La propriété c'est le vol : propriété des moyens de productions, propriété industrielle, propriété intellectuelle. Vive l'échange entre pairs, ce socialisme du XXIe siècle comme le définit Michel Bauwens (5). Ce ne sont donc plus seulement les intermédiaires de l'industrie du divertissement – ciné, musique – qui voient leur rôle remis en cause. Avec cet outil formidable d'auto-organisation qu'est l'Internet, c'est une économie qui peut naître. Une économie dans le sens noble du terme, c'est à dire non pas le gaspillage dangereux de l'ère industrielle et de la consommation de masse, l'ère de l'offre avec son flux constant de publicité pour écouler leur came dans les veines de la société. Cette ère de l’obsolescence programmée. Cette économie nouvelle sera une ère de la récupération, de la bidouille, une ère où la consommation tendra à ne plus être de masse, mais au contraire individualisé, une ère de la demande.
Ce changement de paradigme de la consommation tient son pendant dans la production, avec la possibilité de faire appel à la communauté pour travailler sur un projet. A l'image du Chaos Computer Club (6) et de son projet de lancer des satellites pirates pour accéder au réseau sans censure. A l'image aussi de Pirate Bay qui en offrant à la communauté ses scannes 3D espère bien stimuler la participation et développer le concept. A l'image de Wikipedia, qui prouve la validité d'une encyclopédie basé sur un savoir mutualisé en lieu et place d'un savoir spécialisé. A l'image dont "vivent" les logiciels libres, toujours améliorable par la communauté. A l'image du CopyLeft ou des licences Creative Commons... Des modèles où l'échange monétaire laisse la place à une satisfaction plus personnelle. Des modèles où les classes tendent à disparaître. Le prolo ne vend plus sa force de travail. Le patron ne fait plus son beurre en prélevant la différence entre la simple addition des travaux individuels et la démultiplication engendrée par l'effort collectif... privant les prolétaires du beurre qui égaie l'assiette d'épinards.
Pas facile de se reconnaître dans toutes ses images. Parfois certaines facettes semblent même incompatibles. Mais on en revient là, à cette diversité foisonnante de l'expérimentation. Internet est une communauté, le fameux village
global. Ce village s'est construit autour du partage. Mais contrairement à la vie réelle, le partage sur Internet n'est pas division, mais multiplication. Lorsqu'on offre un document à la communauté virtuelle, on n'en est pas dépossédé. Partage des connaissances. Partage du divertissement. Les jeux en réseau évidemment, le
partage de fichiers culturels. Partage de talent. Jetez un œil ou deux sur des sites de photos. Le talent n'est pas l'apanage d'une élite. L'exposition médiatique d'un travail donnait l'illusion de la rareté. Mais quand on voit certaines photo "d'amateurs", elle n'ont souvent rien à envier à celles de professionnels. Internet révèle la multitude des talents. Ce qui ne signifie en rien que par la magie du réseau chacun peut prétendre à posséder tous les talent. Non, mais le net permet l'exposition médiatique qui jusqu'alors était aux mains d'une caste – ah tiens ça me rappelle un certain Gutenberg. Encore un intermédiaire qui saute. Comme dans les Amaps ou dans les Systèmes d'échanges locaux. Comme dans la scène punk qui fut capable de créer son réseau de salles de concerts, ses fanzines... Du producteur au consommateur. C'est tout le système économique qui est à revoir. Passer à une économie de la participation, en faisant l'économie des intermédiaires. Passer "du consumérisme toxique à une économie de la contribution" comme le suggère le philosophe Bernard Stiegler (7). Une économie du Do It Yourself qui existe déjà, en petits îlots épars. Interconnectons les initiatives et une nouvelle économie pourrait apparaître... Une économie qui menace dores et déjà l'économie capitaliste. Interconnectons ces îlots et nous voyons se dessiner un archipel pirate.

Un archipel pirate car ne nous voilons pas la face, cette dénomination de pirate est à rapprocher de certaines tentatives utopiques des prolétaires des océans qui s'étaient extrait de l'esclavage de leur temps. Mais s'ils sont restés dans l'Histoire comme des pirates, c'est parce que l'Histoire a été écrite par leurs vainqueurs. Renversons l'ordre établi et nous passerons du statut de pirate à celui de résistants, de pionniers. La plupart des frères de la côte ne faisaient pas de politique au sens partisan en usage à l'âge d'or de la piraterie. Comme aujourd'hui les Anonymous ne font pas de politique. Ils défendent les droits sur l'océan numérique, créant autant de TAZ (8) sur le réseau, autant d'associations libres et éphémères nécessaires à une opération.
De la même manière, le mouvement des indignés a mis en avant sa non appartenance à la politique partisane. C'est un retour de boomerang du monde virtuel vers la vie réelle. On ne cherche pas à se mettre d'accord ici et maintenant sur les solutions qu'apportent socialistes ou libéraux, progressistes ou conservateurs... des catégories que chacun de nous peut endosser et échanger au grès des sujets abordés. Anonymous, comme les Occupy ou les internautes tunisiens remettent en cause une fois de plus l'intermédiaire : l'homme et la femme politique. On réagit ensuite au besoins spécifiques de chaque situation. Car l'internaute accède à une masse d'information qui lui permet de se saisir des problématiques de la cité, de la Res Publica sans à priori idéologique mais par la bidouille, la pratique, l'expérimentation et le partage dans un cadre horizontal et non autoritaire.
En cela, cette (r)évolution pourrait être bien plus puissante qu'une révolution partisane. Elle n'est pas le fruit du passé, elle est la graine du rhizome de demain. Cette révolution ne cherche pas à prendre le pouvoir. Elle ne cherche même pas consciemment à détruire le pouvoir. Pourtant, en élargissant la base de la pyramide sociétale, elle fera tomber le sommet. Cette révolution ne cherche pas non plus à esquiver le débat, au contraire, elle veut le créer dans des conditions démocratiques réelles. On change le système d'exploitation et les logiciels, on passe en libre. On change d'échelle. On se dirige vers une démocratie globale et décentralisée. Mais nos données personnelles sont préservées. Nous gardons nos opinions, nos favoris. Simplement, n'attendez plus d'ordres d'un chef ni l'obéissance d'employés. C'est une démocratie de citoyens anonymes qui apprennent à se connaître. Mais des anonymes qui savent qu'ils ne veulent pas qu'on touche à la liberté qu'offre internet. Une liberté où la transparence des débats, des enjeux doit être la règle, comme le site Wikileaks l'a initié au grand damne des adeptes des secrets d’États ou industriels. En cela, le rapprochement de ces derniers jours entre le site de Julian Assange et de la nébuleuse Anonymous (9) est porteur de grandes terreurs pour les puissants dans les années à venir. Les citoyens anonymes ont appris à cohabiter au-delà des apparences. Dans un monde de transparence, les apparences s'effacent devant les faits. Dans cette Do-ocracie qui s'intéresse à la couleur de peau du gars, ou de la fille avec qui on butte des aliens dans un jeu en réseau ? Qui s'intéresse à la couleur politique du blogueur de Marmiton.org ? Quelle importance ont le sexe ou les préférences sexuelles de celles et ceux avec qui on participe à une attaque en déni de service ? Internet n'est pas le monde. Pas plus qu'il n'en serait un simple outil. Il est une extension du monde réel. Ce territoire s'est construit sur certaines bases : liberté d'expression et d'accès à l'information, neutralité du réseau, décentralisation et participation. Ajoutons-y le respect de la diversité et de la vie privée.
Si Internet est une extension du monde, il n'en est donc pas déconnecté et les deux mondes interagissent. Voilà peut-être une réponse à la morosité des milieux militants ces dernières années. Une explication plausible à l'abstention, au désintérêt apparent des jeunes pour la politique. Ils redéfinissaient - à leur propre insu - La Politique. Ces gamins bidouilleurs ne se forgeaient pas seulement une Histoire commune – avec des figures et des évènements de portée mondiale – mais ils se sont construit un présent commun. Un présent où la libre association est la règle. Un présent débarrassé de frontières, un monde où de chez soi on peut partager avec le monde entier. Un lieux où il n'y a plus ni peuples ni dirigeants, mais une multitude en interconnexion. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas de règle ou de cultures. Forums, commentaires de bas d'articles, salon de chat de jeux en réseau suivent des codes de bonnes conduites. En ce domaine aussi le réseau est moins un continent virtuel qu'un archipel numérique. Un monde, comme dirait les zapatistes, qui contiendrait tous les mondes.
La mutation due au succès récent d'Anonymous pose ainsi un problème éthique, comme on l'a vu avec l'attaque du site de l'Expresse. Anonymous ne s'attaque pas à la presse et l'a rappelé après que le site ait été mis hors service, suite à la provocation de son directeur à l'écharpe aussi rouge que la muleta d'un toréador. Les valeurs primordiales du vivre ensemble sur Internet doivent être transmises. L'absence de hiérarchie – l'anarchie - n'est pas l'absence de règles communes. Mais des règles discutées et acceptées par toutes et tous, pas des lois édictées par des intermédiaires plus ou moins démocratiques. Si on peut se mettre d'accord là-dessus, on aura franchi un cap. Après, que le débat démocratique de chaque communauté – virtuelles ou réelles – ait lieu. Chacun défendra ses positions, mais au moins le débat ne sera-t-il plus faussé.
Bien sûr, le village global possède les défauts de tous villages. Tout le monde se connaît et il est bien difficile de passer inaperçu lorsqu'on va acheter ses premières capotes dans la pharmacie où votre mère supérieure cherche l’onguent pour soigner ses varices, ou des longues OCB chez le buraliste où votre grand frère - Big Brother - achète son quotidien préféré. Mais la "petitesse" du village - Internet aboli les distances - facilite aussi les solidarités. Et si l'anonymat peut être une réponse aux inconvénients, elle n'entrave en rien la solidarité. L'anonymat n'est ici qu'un masque protégeant la vie privée, tandis que pour nos intermédiaires en sursis le masque est celui des apparences, un miroir aux alouettes. Nous, nous savons ce qui se cache derrière le masque de notre anonymat...

Si le cerveau est une interface entre l'être et l'avoir - c'est à dire entre le monde intérieur et le monde extérieur - avec Internet, le cerveau est aussi devenu l'interface être/savoir. Heureusement pour nous, les intermédiaires ne nous vendent pas (encore) nos cerveaux, il n'est pas encore interdit de le hacker, de détourner notre cerveau du droit chemin, de la fonction que nos dirigeants nous aimeraient lui voir attribuer... un réceptacle vendu à la pub. De cette bataille du net, par effet de miroir entre les facettes de nos cerveaux, dépendront les interconnexions entre l'être, l'avoir et le savoir... entre nos mondes intimes, les mondes virtuels et le monde réel. C'est aussi là que réside l'importance des batailles à venir autour de la manière dont se développera l'Internet dans les prochaines années, entre modèle marchand et modèle coopératif. Entre un réseau propriétaire et un réseau libre.
Les intermédiaires capitalistes ont fini par confondre leur image avec la réalité. Ils ont oubliés qu'ils n'ont été qu'une réponse à un moment donné de l'histoire du
développement de l'humanité. Ils ont fini par confondre l'être et l'avoir en oubliant le savoir. Face à un miroir devenu une fenêtre ouverte sur la transparence, leur masque de rigueur n'est plus que triste figure.

Bas les masques !



1 : Sur les imprimantes 3D et l'émergence d'objets « open-source », lire http://owni.fr/2010/08/20/vers-des-objets-open-source/
2 : Ingénieur, mathématicien et inventeur de la RepRap. Lire par exemple: http://owni.fr/2011/09/15/imprimer-le-reel-a-portee-de-main/
3 : Fabrication Laboratory, sorte de mini-usine collaborative. Lire par exemple : http://owni.fr/2012/02/23/fab-lab-la-pharmacopee-anti-crise/
5: Théoriciens des systèmes pair-à-pair, à l'origine de la Fondation pour les alternatives peer-to-peer. Lire l'article que Rue89 lui consacre : http://blogs.rue89.com/greensiders/2012/01/16/bauwens-le-peer-peer-est-le-socialisme-du-xxie-siecle-226170
6 : Au sujet du projet de satellites pirates lire par exemple, le billet sur mon blog : http://portapluma.blogspot.com/2012/01/satellite-pirate.html
8 : TAZ de Hakim Bey peut être consulté en ligne ici : http://www.lyber-eclat.net/lyber/taz.html
Si ces sujets vous intéresse vous pourrez trouver des réflexions intéressantes sur les sites suivants: owni.fr, reflets.info, sur framablog.org, sur le site de la Quadrature du net, le blog de Bluetouff...
Vous pouvez également chercher par vous-même, le Do It Yourself étant un bon début pour vous plonger dans ces réflexions ;-)




Photos: Anonymact, samedi 10 mars 2012 @el_portaplumas
Dessin: emprunté sur la toile

08/02/2012

Le fascisme c'est la gangrène...


Le site Owni publie un article sur les luttes menées en Allemagne, aux USA et en France contre la fachosphère par le collectif Anonymous à travers l'OpBlitzkrieg. Rue89 se fait l'écho de l'opération LyonPropre à travers la correspondance entre Gollnisch et Faurisson révélée par les Anonymous antifa.

Voici l'article en question, suivi d'une vidéo publié par Anonymous francophone sur YouTube contre le FN et la tentative de récupération de la bannière de la liberté sur le Net par les gars de la Marine.

<--- visuel d'El Paso Libre


Afin d'introduire au mieux l'article d'Owni, voici la vidéo de l'opération Blietzkrieg:


 

Les Anonymous démasquent la fachosphère

Le 8 février 2012

Les Anonymous s'attaquent à la fachosphère. En Allemagne, en France ou aux Etats-Unis, le collectif informel d'hacktivistes piratent les sites d'extrême-droite, qui répliquent parfois en se réclamant de la même bannière.

Anonymous s’est lancé dans une nouvelle bataille, après le soutien symbolique aux révoltes arabes et les protestations contre la fermeture du site de téléchargement MegaUpload. Le collectif informel a attaqué des sites d’organisations d’extrême-droite en Europe et aux Etats-Unis. En France, l’opération Blitzkrieg a donné lieu à un curieux chassé-croisé. Les piratages de cinq sites d’extrême-droite et d’un site se réclamant anti-fasciste ont tous été revendiqués par des Anonymous.
Un message laissé sur antifasciste.info prétend que le site a été piraté et le contenu modifié (défacé) par les Anonymous. Ils auraient ainsi agi en représailles des actions menées contre les sites d’extrême-droite :
"Début Janvier 2012, plusieurs sites appartenant à la mouvance d’extrême droite ont été piratés.
Ces actes ont été signés par Anonymous antifa ou Antifanonymous et n’ont aucun rapport avec notre mouvance.
Nous condamnons ces actes là. En agissant ainsi les script kiddies1 qui ont réussi à détourner des sites de débutant ont agit contre la liberté d’expression pour laquelle Anonymous se bat à travers le Monde et ne valent pas mieux que les dictatures qui exercent un pouvoir totalitaire et une censure sur l’opinion du peuple."
Une accusation étonnante au vue de l’éthique, certes fluctuante, du groupe éthéré et décentralisé que constituent les Anonymous. Le collectif n’a pas de colonne vertébrale, mais un socle de valeurs communes, au sommet duquel trône la liberté d’expression. Lors de l’opération contre les sites officiels des autorités iraniennes, de longues discussions avaient eu lieu pour déterminer si le site d’une agence de presse pouvait être pris pour cible. Celui-ci diffusait les photos de manifestants et appelait les lecteurs à la délation. Cet outrage le privait de sa qualité de média, qualité qui le prémunissait jusqu’alors des attaques des Anonymous.

Un label sans monopole

Iraient-ils jusqu’à défendre la liberté d’expression de sites de droite radicale ? Probablement pas, mais personne n’a le monopole du label Anonymous. Pour pallier les difficultés rencontrées, notamment dans les relations avec les médias, certains Anonymous ont structuré la prise de parole publique. Des règles sont à l’essai pour “réaliser des interviews dont les réponses sont écrites collectivement”, ce afin d’éviter “la course à l’échalote dans le choix des intervenants” lorsque les médias manifestent de l’intérêt.
Reste qu’Anonymous, par définition, ne communique pas uniquement par ce biais. En réponse au prétendu défacement du site antifasciste.info, une vidéo a été brièvement mise en ligne. Sur La jeunesse emmerde le Front national des Bérurier Noir défilaient des images du parti d’extrême-droite français et des montages apposant le visage d’Hitler sur le corps de Marine Le Pen. La vidéo n’est plus accessible, car “c’était un pavé dans la marre” nous a expliqué la personne qui a posté la vidéo.
Le blog Fafwatch, connu pour surveiller et parfois révéler des informations personnelles sur des militants d’extrême-droite, s’est fait l’écho d’une autre interprétation. Un article paru sur le blog affirme que le site antifasciste.info appartient au Groupe Union Défense (GUD), un mouvement d’extrême-droite. Ils auraient procédé à un faux défacement du site pour prétendre que les Anonymous étaient de leur côté. Au terme de recherches en ligne approfondies, Fafwatch affirme avoir identifié l’auteur du piratage de antifasciste.info et qu’il s’agit bien d’un militant d’extrême-droite, irrité par l’opération Lyon Propre lancée en janvier contre la fachosphère française.

#OpBlitzkrieg

Le 14 janvier, la “Jeunesse nationaliste” avait défilé à Lyon derrière Alexandre Gabriac, exclu du FN pour avoir posé faisant le salut nazi, et Yvan Benedetti, chef du groupuscule d’extrême-droite “Oeuvre française”. Cinq sites de la fachosphère sont alors pris pour cibles par les Anonymous : oeuvrefrançaise.com, six-fevrier.com, yvan-benedetti.fr, jeune-nation.com et la-flamme.fr. Comme à l’accoutumé, une vidéo est mise en ligne pour revendiquer, signer et donner quelques informations supplémentaires sur l’opération.

Le dernier coup d’éclat en date fut le piratage du compte email de Steven Bissuel, chef de la section lyonnaise du GUD. Parmi les documents figurent le compte-rendu d’une réunion interne qui confirme l’existence d’une branche étudiante, l’Union défense de la jeunesse. “Le combat nationaliste” détaille la liste des bonnes actions qu’un militant du GUD se doit d’effectuer chaque jour.
En Allemagne aussi, l’extrême-droite s’est fait déshabiller par les Anonymous, associant attaques par déni de service (saturation des serveurs sous les requêtes) et piratages de données, publiées ensuite sur des plateformes. Nommée avec ironie #OpBlitzkrieg, elle consistait à mettre hors-ligne puis récupérer et faire fuiter des données sur la blogosphère néo-nazie allemande. Des informations embarrassantes pour le parti d’extrême-droite allemand, le NPD, avait ainsi circulé : leur liste de donateurs, des emails internes, les identités de clients de boutiques néo-nazies entre autres.
Aux Etats-Unis, le collectif de hackers a découvert des liens entre le candidat à l’investiture républicaine Ron Paul et un réseau suprématiste blanc. Un portail permettant de faire des recherches par mot-clés dans les documents récupérés a été mis en ligne.

1 Terme péjoratif qui désigne les adolescents néophytes piratant des sites en bidouillant les scripts existant, NDLR


 Et la vidéo Anonymous contre le FN:







Parce que les différences de sexes ou de couleur de peaux
n'ont aucune importance sous le masque de l'anonymat...
Parce que l'autorité d'un chef ou d'un état
n'a pas de sens sur un réseau horizontal et décentralisé...
Anonymous ne peut qu'emmerder le FN!!!

01/02/2012

ACTA, on n'en veut pas!

Une nouvelle vidéo contre ACTA, signée des Anonymous francophones.





Pour aller plus loin, je vous conseille le démontage des mensonges de la Commission Européenne sur ACTA par la Quadrature du Net, ainsi que sa page sur ce qu'on peut faire pour empêcher la ratification par le Parlement Européen. La Quadrature a également publié un dossier complet sur ACTA.
Le site AVAAZ a lancé une pétition contre ACTA, c'est ici.
Vous pouvez aussi écrire à votre représentant en passant par la page Stop ACTA.
Vous pouvez suivre les débats, les infos sur Twitter: #ACTA
Informez-vous! Informez autour de vous!

31/01/2012

Déclaration d’indépendance du Cyberespace




Seule l’erreur a besoin du soutien du gouvernement. La vérité peut se débrouiller toute seule.
—Thomas Jefferson, Notes on Virginia
Gouvernements du monde industriel, vous géants fatigués de chair et d’acier, je viens du Cyberespace, le nouveau domicile de l’esprit. Au nom du futur, je vous demande à vous du passé de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez pas de souveraineté où nous nous rassemblons.
Nous n’avons pas de gouvernement élu, et il est improbable que nous en ayons un jour, aussi je ne m’adresse à vous avec aucune autre autorité que celle avec laquelle la liberté s’exprime. Je déclare l’espace social global que nous construisons naturellement indépendant des tyrannies que vous cherchez à nous imposer. Vous n’avez aucun droit moral de dicter chez nous votre loi et vous ne possédez aucun moyen de nous contraindre que nous ayons à redouter.
Les gouvernements tiennent leur juste pouvoir du consentement de ceux qu’ils gouvernent. Vous n’avez ni sollicité ni reçu le nôtre. Nous ne vous avons pas invités. Vous ne nous connaissez pas, et vous ne connaissez pas notre monde. Le Cyberespace ne se situe pas dans vos frontières. Ne pensez pas que vous pouvez le construire, comme si c’était un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C’est un produit naturel, et il croît par notre action collective.
Vous n’avez pas participé à notre grande conversation, vous n’avez pas non plus créé la richesse de notre marché. Vous ne connaissez pas notre culture, notre éthique, ni les règles tacites qui suscitent plus d’ordre que ce qui pourrait être obtenu par aucune de vos ingérences.
Vous prétendez qu’il y a chez nous des problèmes que vous devez résoudre. Vous utilisez ce prétexte pour envahir notre enceinte. Beaucoup de ces problèmes n’existent pas. Où il y a des conflits réels, où des dommages sont injustement causés, nous les identifierons et les traiterons avec nos propres moyens. Nous sommes en train de former notre propre Contrat Social. Cette manière de gouverner émergera selon les conditions de notre monde, pas du vôtre. Notre monde est différent.
Le Cyberespace est fait de transactions, de relations, et de la pensée elle-même, formant comme une onde stationnaire dans la toile de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n’est pas où vivent les corps.
Nous sommes en train de créer un monde où tous peuvent entrer sans privilège et sans être victimes de préjugés découlant de la race, du pouvoir économique, de la force militaire ou de la naissance.
Nous sommes en train de créer un monde où n’importe qui, n’importe où, peut exprimer ses croyances, aussi singulières qu’elles soient, sans peur d’être réduit au silence ou à la conformité.
Vos concepts légaux de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement, de contexte, ne s’appliquent pas à nous. Ils sont basés sur la matière, et il n’y a pas ici de matière.
Nos identités n’ont pas de corps, c’est pourquoi, contrairement à ce qui se passe chez vous, il ne peut pas, chez nous, y avoir d’ordre accompagné de contrainte physique. Nous croyons que c’est de l’éthique, de la défense éclairée de l’intérêt propre et de l’intérêt commun, que notre ordre émergera. Nos identités peuvent être distribuées à travers beaucoup de vos juridictions. La seule loi que toute nos cultures constituantes pourraient reconnaître généralement est la règle d’or [« Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent », NdT]. Nous espérons pouvoir bâtir nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer.
Aux Etats-Unis, vous avez aujourd’hui créé une loi, le Telecommunications Reform Act, qui répudie votre propre Constitution et insulte les rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent maintenant renaître en nous.
Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, parce qu’ils sont natifs dans un monde où vous serez toujours des immigrants. Parce que vous les craignez, vous confiez à vos bureaucraties les responsabilités de parents auxquelles vous êtes trop lâches pour faire face. Dans notre monde, tous les sentiments et expressions d’humanité, dégradants ou angéliques, font partie d’un monde unique, sans discontinuité, d’une conversation globale de bits. Nous ne pouvons pas séparer l’air qui étouffe de l’air où battent les ailes.
En Chine, en Allemagne, en France, à Singapour, en Italie et aux Etats-Unis, vous essayez de confiner le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du Cyberespace. Il se peut que ceux-ci contiennent la contagion quelque temps, mais ils ne fonctionneront pas dans un monde qui sera bientôt couvert de médias numériques.
Vos industries de plus en plus obsolètes se perpétueraient en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent décider de la parole elle-même dans le monde entier… Ces lois déclareraient que les idées sont un produit industriel comme un autre, pas plus noble que de la fonte brute… Dans notre monde, quoi que l’esprit humain crée peut être reproduit et distribué à l’infini pour un coût nul. L’acheminement global de la pensée n’a plus besoin de vos usines.
Ces mesures de plus en plus hostiles et coloniales nous placent dans la même situation que ces amoureux de la liberté et de l’autodétermination qui durent rejeter les autorités de pouvoirs éloignés et mal informés. Nous devons déclarer nos personnalités virtuelles exemptes de votre souveraineté, même lorsque nous continuons à accepter votre loi pour ce qui est de notre corps. Nous nous répandrons à travers la planète de façon à ce que personne puisse stopper nos pensées.
Nous créerons une civilisation de l’esprit dans le Cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde issu de vos gouvernements.

Davos, Suisse
8 février 1996



1996! Non, ce texte ne date pas d'aujourd'hui, tout juste d'hier... et n'est pas l’œuvre d'un "anonyme" mais a été repris par Anonymous en espagnol - comme plus haut. Il pourrait avoir été écrit en réaction aux lois SOPA, PIPA, ACTA, DORING... Cette déclaration d'indépendance du cyberespace était une réaction au Telecom "Reform" Act en 1996. Voici le préambule publié originellement en introduction:




février 1996
Texte original sur le site web de l’EFF, 9 février 1996. Traduction : Hache, février 1996

Hier, l’autre grand invertébré à la Maison Blanche a signé le Telecom « Reform » Act of 1996, tandis que Tipper Gore prenait des photos numériques de l’événement pour les inclure dans un livre appelé 24 heures dans le Cyberespace [24 Hours in Cyberspace].
On m’avait aussi demandé de participer à la création de ce livre en écrivant quelque chose d’approprié à la circonstance. Étant donné l’horreur que serait cette législation pour l’Internet, j’ai jugé que le moment était bien choisi pour faire acte de résistance.
Après tout, le Telecom « Reform » Act, qui est passé au Sénat avec seulement 4 votes contre, rend illégal, et punissable d’une amende de 250 000 dollars, de dire « shit » en ligne. Comme de dire l’un des 7 mots interdits dans les médias de diffusion grand public. Ou de discuter l’avortement d’une façon ouverte. Ou de parler des fonctions physiques autrement que dans des termes purement cliniques.
Cette législation cherche à imposer des contraintes sur la conversation dans le Cyberespace plus fortes que celles qui existent aujourd’hui dans la cafétéria du Sénat, où j’ai entendu des indécences colorées dites par des sénateurs des États-Unis à chaque fois que j’y ai dîné.
Cette loi a été mise en oeuvre contre nous par des gens qui n’ont pas la moindre idée de qui nous sommes, ni où notre conversation est conduite. C’est, comme l’a dit mon ami et rédacteur en chef de Wired Louis Rosseto, comme si « les analphabètes pouvaient vous dire quoi lire ».
Eh bien, qu’ils aillent se faire foutre.
Ou, de façon plus pertinente, prenons maintenant congé d’eux. Ils ont déclaré la guerre au Réseau. Montrons-leur combien rusés, déroutants et puissants nous pouvons être pour nous défendre.
J’ai écrit quelque chose (avec toute la pompe appropriée) qui je l’espère deviendra un des moyens dans ce but. Si vous le trouvez utile, j’espère que vous le ferez passer aussi largement que possible. Vous pouvez omettre mon nom si vous voulez, parce que je ne me soucie pas qu’on me crédite du texte. Vraiment pas.
Mais ce que j’espère, c’est que ce cri trouvera un écho dans le Réseau, changeant et croissant et se multipliant, jusqu’à devenir un grand hurlement égal au crétinisme qui vient de nous être infligé.
Voici donc…
 

22/01/2012

Descendons dans la rue, avant que tout soit perdu

Depuis la fermeture de Megaupload, la riposte s'organise. Les sites de la justice américaine (#justice.gov), celui du #FBI, des sociétés du business des droits d'auteur (ciné et musique), l'intégralité du catalogue de Sony mise à disposition gratuitement l'espace d'une zone autonome temporaire virtuelle, mais aussi en France le site de l'hadopi, celui de vivendi et même celui de l'Elysée... et bien d'autres encore, aux USA et en France, mais aussi en Pologne, en Colombie... un peu partout s'organise la révolte. Anonymous proclamait lors de la première journée d'attaque, avoir réuni plus de 5600 participants. Le salon IRC de la branche francophone a connu ce week-end une fréquentation inhabituellement forte.
Alors bien sûr Megaupload n'est certainement pas le symbole parfait pour déclencher une "guérilla" numérique. Ce serait même plutôt le contraire. Et pourtant, la réaction de la loi fait frémir. Cette réaction effraie parce qu'elle augure d'une nouvelle gestion du réseau. Une gestion qui se voudrait civilisatrice, mais qui n'est que l'aveuglement d'un mode de pensée trop ancien, incapable de voir qu'à travers ce qu'on fait du Net dépendra peut-être ce que nous feront du monde demain. Ils sont les puissants d'un monde ancien qu'ils voient se fissurer de partout. C'est un mouvement qu'en tant que révolutionnaire personne ne peut rejeter. Que ceux qui défendent une révolution ancrée dans le passé - si glorieux soit-il - ouvrent les yeux et voient qu'aucune révolution ne se fait les yeux tournés vers le passé. Il suffit de voir comment cette riposte décentralisée, mondiale, se met en place. Il suffit de suivre sur Twitter les annonces de sites "descendus" et les nouvelles cibles désignées. Il suffit de se connecter un moment sur le chat IRC d'Anonymous pour suivre en direct les attaques, l'arrivée de nouveaux anonymes montant au front. L'outil internet permet de concrétiser une forme d'organisation libertaire. Parallèlement à cette lutte sur le continent virtuel, une économie participative s'y est développée, offrant un prolongement, une articulation à venir, pour les systèmes alternatif: Scoop, SEL, troc, monnaies sociales... La révolution se nourrit de l'Histoire, mais n'y cherche pas son avenir.  C'est par le saut dans l'inconnu que les révolutions avancent. C'est en cela qu'elle renversent l'ordre établi.
Parce que la victoire sur la carte virtuelle et sur le terrain réel ne peuvent plus être dissociée Anonymous lance un nouvel appel à descendre dans la rue.

Suivez-moi sur twitter: @el_portaplumas
Plus d'infos ici. Le vidéo-tract est reproduit ci-dessous:



Voici la vidéo de l'appel anglais (sous-titres français):

04/01/2012

Anonymous Teenage Riot

Une vidéo dégotée sur le site Rezo Citoyen... je vous poste celle avec Atari Teenage Riot et vous invite à aller piocher dans la vidéothèque, vous pourrez y trouver plus de fond - Amesys, Anonymous, etc. Mais comme le disait déjà Emma Goldman "If I can't dance I don't want to be part of your revolution."
"Si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part à votre révolution", alors un peu de musique en soutien à Wikileaks: ATR, Black Flag.







23/12/2011

Contre toutes les religions

Une soixantaine de punks arrêtés en Indonésie pour le simple fait d'être punk. Sous couvert de la charia, ils ont été emmenés dans un centre afin d'être "rééduqués", au programme crêtes rasés, vêtements propres et en prime la bonne société leur offre tout l'attirail du parfait croyant afin de prier!

Voici aussi un reportage d'Arte sur le combat des punk en Indonésie, trouvé sur le site Pirate Punk.

Punks en Indonésie Tracks arte par TRACKS_unofficial



N'hésitez pas à visiter la page de la pétition.
Voici une petite revue de web spécial punks d'Indonésie:
- Rue89 évoque la mobilisation de la communauté punk mondiale
- les blogs Bonnenouvelle et Big Browser hébergés par Le Monde reviennent sur ces atteintes aux droits des punks et sur sur la solidarité de la scène punk mondiale.
- Les Inrocks reviennent en vidéo sur ces arrestations de punks dont le mode de vie constitue une "menace" pour les valeurs de l'Islam.
- le site Sabotagemedia revient sur l'attaque à la bombe (de peinture) de l'ambassade indonésienne en Russie.
- le site Contre-info parle de choc des cultures entre punk et islamistes.
- le site de Maloka répercute lui aussi les appels à la solidarité.


En soutient à nos camarades de la province de Banda Aceh, voici une vidéo des mythiques Crass!





16/12/2011

à bloc! #2

 Pour vous donner envie de vous précipiter sur ce numéro 2, voici l'édito et le sommaire.
Allez aussi jeter un œil du côté du blog d'à bloc! ou sur le profil du zine sur le  punxrezo.
Pour savoir où trouver à coup (presque) sûr à bloc!, c'est .
à bloc! novembre 2011 - 56 pages - 3 euros

L'édito:

couv#2Les feuilles ne sont pas encore tombées des arbres, il était moins une pour sortir le numéro d’automne d’À Bloc! Ouf! Il faut dire qu’il a fallu en faire des détours et des choix aussi. Non, rien sur la crise. Pourtant, difficile d’y couper : les patrons des grandes entreprises, dans leur immense détresse, sont obligés de se séparer de leurs derniers ouvriers. Les traders sont devenus aphones à force de crier du fond des bourses privatisées le nom de la dernière valeur bradée. Les financiers ont mal au ventre à force de rire de nous, honnêtes citoyens, qui mois après mois mettons de côté l’argent amassé par notre dur labeur.
Enfin, c’est ce qu’on dit. Car on vous a démasqués, vilains fraudeurs, qui posez des arrêts maladie à foison pour avoir le temps de lire le numéro 2 d’À Bloc!, oubliez de composter vos tickets de transport, donnez au docteur la carte de sécurité sociale de votre sœur pour vous faire prescrire des anxiolytiques. Honte sur vous !
À cause de cette attitude, la France va mal ! Il n’y a qu’à voir ces oisifs qui se délassent sur les chaises du Bon Accueil, en écoutant de douteux saltimbanques ; et comme il est navrant, le spectacle de ces activistes et punks british qui gaspillent leur temps à construire des espaces de liberté et à rendre sourde la jeunesse dorée au lieu de la laisser tranquillement communiquer sur Twitter ; ne parlons pas de ces énervéEs qui, en Israël ou en Italie, osent critiquer nos démocraties modèles ! Et voilà que, non contents, comme on avait pu le constater dans le précédent numéro, de salir les murs de nos villes, les artistes arborent maintenant des tronçonneuses !
Mais où va la France ? Heureusement, la batte de baseball et la matraque sont toujours là pour remettre Peutit Keupon dans le droit chemin…
Et puis, bientôt les élections! Et si les gentils passent, les méchants trépasseront et ce sera le paradis ! Vous aurez alors tout le temps de lire le numéro 3 de notre modeste fanzine!
L’équipe d’À Bloc !


Au sommaire de ce deuxième numéro:

Rencontres : RedSka : rage & liberté ; Paco, enfant de Crass ; Roland Cros : Macadame massacre à la tronçonneuse
Redstar73, label alternatif ; Jean-Hugues Oppel : entre humour et désespoir
Visites : Rendez-vous à Dial House ; Vegan power au V-Club de Saint-Pétersbourg
International : Bienvenue en Israël occupée ; Zones grises en Allemagne
Et aussi : le roman-photo de Vérole à Paris ; des concerts attaqués par des fachos ;
des punks sur internet ; une nouvelle autour de B. Traven…
Et toujours des dessins, des chroniques, des fausses pubs et les aventures de Peutit
Keupon !


#2


Le projet À Bloc ! :

À l’heure du tout numérique, des individu(e)s de la scène punk anarchiste et
antifasciste ont pris la décision déraisonnable de lancer un nouveau fanzine papier
ouvert à toutes les scènes contre-culturelles, à tous les sujets qui nous inspirent.
Articles d’infos, interviews d’auteurs, d’illustrateurs, de groupes de musique, le
fanzine ne se fixe aucune limite autre que celle de nos envies. Le point de départ
du projet, c’est l’esprit fanzine : retrouver le côté amateur passionné, que ce soit
dans les thèmes abordés, dans le ton ou dans la façon de fonctionner. On parle de
quelque chose parce que ça nous plaît et pas seulement parce que c’est « important
», on essaye de ne pas se prendre au sérieux, et on choisit de privilégier une
diffusion libre.


Contact : abloc@samizdat.net

 

28/09/2011

ShakaKantaPonk!




Nouvelle apparition de Bertrand Cantat avec Shaka Ponk... une incursion dans un univers musical encore différent après celle dans l'univers d'un slammeur bordelais, du théâtre.
Cette fois l'ambiance est plus rock, quoique teintée d'électro. Goz, singe virtuel et mascotte du groupe, est ici démultiplié pour assister en spectateur à la performance de SHK PNK et de Cantat. Y'a du style, de l'énergie et... une petite mélodie qui trotte dans la tête en secouant les neurones. Ça donne envie de découvrir cette bande de singes, si ça n'était pas déjà fait.

10/08/2011

London calling

L'appel de Londres... pas celui d'un général qui se rêve étoile, mais celui de la révolte d'une jeunesse sans future.
Après la Tunisie, l'Egypte, la Syrie, la Libye, le Yémen, la Grèce, le Chili, l'Espagne, le Mexique, comme un boomerang le vent de la révolte revient souffler son odeur de souffre sur Londres.


Deux petites vidéos qui n'ont pas perdu de leur actualité: The Clash, White riot et Anarchy in the UK des Sex Pistols



20/04/2010

No pasaran!

Comme chaque année depuis que Sébastien Deyzieu est tombé d'un toit lors d'une manifestation contre l'impérialisme américain organisé par le GUD et les JNR en 1994, l'extrême-droite radicale tentera de se rassembler pour honorer la mémoire de leur "camarade". Et comme chaque année les antifascistes seront présents pour gueuler une fois de plus que la rue n'appartiendra jamais aux fachos.
Cette année pourtant il y a du changement dans l'air. Les crânes rasés et autres nostalgiques de Vichy se rassembleront en matinée... avec un discours qu'ils voudraient "social"! Dans une vidéo appelant à la manifestation, les fachos ont utilisé des images de luttes sociales... Sud-Rail et la CGT Continental Clairoix, dont les luttes figurent sur la vidéo, ont écrit un communiqué commun pour balayer cette tentative de récupération. Les syndicats appellent donc à la manifestation antifasciste afin de rappeler aux fachos que nos luttes et leurs obsessions sont définitivement antagonistes !


Fédération des syndicats SUD-Rail
Sy
ndicat CGT Continental Clairoix


Nos grèves et manifestations ne sont pas récupérables par les fascistes !


Des groupes d’extrême-droite diffusent sur Internet une vidéo d’appel à une de leur initiative raciste et fasciste, utilisant de nombreuses images de manifestations sociales, notamment de cheminots et des Continental.

Cette manipulation montre que l’extrême-droite recherche un alibi « social » à ses manoeuvres démagogiques et dangereuses.

Dans le même temps, ces groupes multiplient les agressions racistes, les attaques envers des militants du mouvement social. La banalisation du racisme dans le discours d’une droite décomplexée, les dérapages verbaux d’élus ou de leaders politiques ont remis en selle et légitimé une mouvance politique que certains croyaient au bord du gouffre mais qui aujourd’hui s’exprime avec plus de virulence encore dans le discours comme dans les actes. Les dérapages racistes se succèdent, la traque des sans papiers s’intensifie et les pressions s’accentuent afin de criminaliser la solidarité. Il faut dénoncer la lepénisation des esprits et l’offensive patronale contre le mouvement social, qui font toutes deux le lit du fascisme.

La crise sociale offre un terreau propice aux tenants du « chacun pour soi », aux replis communautaires et identitaires. L’extrême droite a toujours prospéré sur la misère et le chômage de masse. Les plans de licenciements qui se succèdent, les délocalisations lui offrent un contexte fertile. Les classes populaires payent encore et toujours l’addition des crises financières et capitalistes.

Lutter contre les offensives patronales, contre la casse des acquis sociaux (retraites, sécurité sociale), c’est aussi lutter contre l’extrême droite. Tout comme lutter aux côtés des franges les plus précaires du prolétariat : les travailleur/ses sans papiers, les chômeurs/ses, les salarié-e-s menacé-e-s de licenciement…

Luttons tous ensemble pour que demain ne soit pas pire quaujourd’hui !

Nos grèves et manifestations n’ont rien de commun avec ceux qui distillent la haine, la division, le culte du chef, le rejet des droits de l’Homme, …

Ensemble, et avec d’autres forces syndicales, associatives, politiques, nous participerons à la manifestation antifasciste, le 9 mai à Paris.

13 avril 2010


En prime, deux vidéos du sclap:

la manif du 9 mai 2009 en hommage à la résistance:


et celle de 2006: enterrons le fascisme!

09/04/2010

Anarchie au paradis

Le pape du punk et producteur des Sex Pistols, Malcom McLaren est mort... espérons qu'il foutra le bronx au jardin d'Eden.