"La plume est la langue de la pensée"
Miguel de Cervantes Saavedra

03/03/2012

Le capitalisme ne s'effondrera pas tout seul...

Je vous propose deux textes trouvés sur le site framablog.org dont les réflexions posent la fin du capitalisme et l'émergence d'un "socalisme 2.0". Je ne partage pas forcément l'ensemble des pistes développés dans les deux textes mais au moins ont-ils l'intérêt de rendre compte de bouleversements (révolutions?) à l’œuvre dans notre monde globalisé. Ces deux textes et les idées qui y sont défendus nourrissent une réflexion esquissée dans mon Archipel pirate.
Voici le premier des deux textes, celui traitant de la mise à mort du capitalisme par le potlach numérique.
Un grand merci aux traducteurs qui ont rendu ce texte accessible aux personnes telles que moi incapables de lire plus de deux lignes en anglais sans voir leur cerveau fuir dans l'arrière-cour de leur imagination.
Bonne lecture.


Regarde le capitalisme tomber à l'ère de la production Open Source

« Le logiciel libre, l’innovation partagée et la production collaborative menacent le capitalisme tel que nous le connaissons. » C’est ainsi que Michel Bauwens résume son propos dans les colonnes du site d’Aljazeera.
Le menace vient du fait qu’à l’aide d’Internet nous créons beaucoup plus de valeur d’usage (qui répond à nos besoins) que de valeur d’échange (qui se monétise facilement[1]).
Menace pour les uns, opportunité et espoir pour les autres…



La question à 100 milliards de dollars de Facebook : Le capitalisme survivra-t-il à « l’abondance de valeur » ?

The $100bn Facebook question: Will capitalism survive ‘value abundance’?
Michel Bauwens - 29 février 2012 - Aljazeera
(Traduction Framalang/Twitter/Fhimt.com : Lambda, vg, goofy, fcharton, btreguier, HgO, Martin, bu, pvincent, bousty, pvincent, deor, cdddm, C4lin, Lamessen et 2 anonymous)
Le logiciel libre, l’innovation partagée et la production collaborative menacent le capitalisme tel que nous le connaissons.
Facebook exploite-t-il ses utilisateurs ? Et d’où vient la valeur estimée à 100 milliards de dollars de la société ?
Ce débat n’est pas nouveau. Il ressurgit régulièrement dans la blogosphère et dans les cercles universitaires, depuis que Tiziana Terranova a inventé le terme de « travail libre/gratuit » (NdT : Free Labour) pour qualifier une nouvelle forme d’exploitation capitaliste du travail non rémunéré - faisant d’abord référence aux téléspectateurs de médias audiovisuels traditionnels et maintenant à une nouvelle génération d’utilisateurs de médias sur des sites comme Facebook. Cet avis peut se résumer très succinctement par le slogan : « Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ».
Ce terme a été récemment relancé dans un article de Christopher Land et Steffen Böhm, de l’Université de l’Essex, intitulé « Ils nous exploitent ! Pourquoi nous travaillons tous pour Facebook gratuitement ». Dans ce court essai, ils affirment haut et fort que « nous pouvons placer les utilisateurs de Facebook dans la catégorie des travailleurs. Si le travail est considéré comme une activité productive, alors mettre à jour son statut, cliquer sur j’aime en faveur d’un site internet, ou devenir ami avec quelqu’un crée la marchandise de base de Facebook. »
Cette argumentation est toutefois trompeuse, car elle mélange deux types de créations de valeurs qui ont déjà été reconnues différentes par les économistes politiques au XVIIIe siècle. La différence se trouve entre la valeur d’usage et la valeur d’échange. Pendant des milliers d’années, dans le cadre de production non capitalistes, la majorité des travailleurs produisait directement de la « valeur d’usage » - soit pour subvenir à leurs propres besoins, soit sous forme de contributions pour la classe dirigeante du moment. C’est seulement avec l’arrivée du capitalisme que la majorité de la population active a commencé à produire de la « valeur d’échange » en vendant son travail aux entreprises. La différence entre ce que nous sommes payés et ce que les gens payent pour le produit que nous faisons est la « plus-value ».
Mais les utilisateurs de Facebook ne sont pas des travailleurs produisant des marchandises pour un salaire, et Facebook ne revend pas ces marchandises sur le marché pour créer de la plus-value.
Bien sûr, les utilisateurs de Facebook ne créent pas directement une valeur d’échange, mais plutôt une valeur de communication. Ce que fait Facebook, c’est permettre le partage et la collaboration autour de sa plateforme. En autorisant, encadrant et « contrôlant » cette activité, on crée des profils et des centres d’intérêt. Et ce sont ces profils et ces centres d’intérêt qui sont par la suite vendus aux publicitaires, pour un montant estimé de 3,2 milliards de dollars par an (NdT : environ 2,4 milliards d’euros), soit une recette publicitaire par utilisateur d’à peine 3,79 dollars (NdT : 2,85 euros).
En fait Facebook fait beaucoup plus que vendre de votre attention et disponibilité (NdT : temps de cerveau disponible ?). Leur connaissance de notre comportement social, individuel et collectif, a une importance stratégique indiscutable aussi bien pour les politiques que pour les sociétés commerciales. Mais cette plus-value vaut-elle réellement 100 milliards de dollars ? Cela reste un pari spéculatif. Pour le moment, il est probable que le quasi milliard d’utilisateurs de Facebook ne trouve pas les 3,79 dollars de recettes publicitaires très exploitables, d’autant plus qu’ils ne payent pas pour utiliser Facebook, et qu’ils utilisent le site volontairement. Ceci étant dit, il y a un prix à payer à ne pas utiliser Facebook : un certain isolement social par rapport à ceux qui l’utilisent.

Créer de la rareté

Il est néanmoins important de noter que Facebook n’est pas un phénomène isolé, mais fait partie d’une tendance bien plus large et lourde de nos sociétés connectées : l’augmentation exponentielle de la création de valeur utile par des publics productifs, ou « productilisateurs » (NdT « produsers »), comme Axel Bruns aime à les appeler. Il faut en effet bien comprendre que cela crée un problème de taille pour le système capitaliste, mais aussi pour les travailleurs tels qu’on les conçoit traditionnellement. Les marchés sont définis comme des moyens d’attribution de ressources rares, et le capitalisme n’est en fait pas simplement un système « d’attribution » de la rareté mais aussi un système de création de la rareté, qui ne peut accumuler du capital qu’en reproduisant et développant les conditions de cette rareté.
Sans tension entre l’offre et la demande, il ne peut y avoir de marché ni d’accumulation de capital. Or ce que font actuellement ces « productilisateurs », c’est créer des choses, avant tout immatérielles comme de la connaissance, des logiciels ou du design, aboutissant à une abondance d’information facile à reproduire et à exploiter
Cela ne peut se traduire directement en valeur marchande, car ce n’est pas du tout rare ; c’est au contraire surabondant. De plus, cette activité est exercée par des travailleurs du savoir (NdT knowledge workers) dont le nombre augmente régulièrement. Cette offre surabondante risque de précariser l’emploi des travailleurs du savoir. Il en découle un exode accru des capacités de production en dehors du système monétaire. Par le passé, à chaque fois qu’un tel exode s’est produit, les esclaves dans l’Empire Romain en déclin, ou les serfs à la fin du Moyen Age, cela a coïncidé avec l’avènement de conditions pour des changements économiques et sociétaux majeurs.
En effet, sans le support essentiel du capital, des biens et du travail, il est difficile d’imaginer la perpétuation du système capitaliste sous sa forme actuelle.
Le problème est là : la collaboration via Internet permet une création massive de la valeur d’usage qui contourne radicalement le fonctionnement normal de notre système économique. D’habitude, les gains de productivité sont en quelque sorte récompensés et permettent aux consommateurs d’en tirer un revenu et d’acheter d’autres produits.
Mais ce n’est plus le cas désormais. Les utilisateurs de Facebook et Google créent de la valeur commerciale pour ces plateformes, mais de façon très indirecte, et surtout ils ne sont pas du tout récompensés pour leur propre création de valeur. Leur création n’étant pas rémunérée sur le marché, ces créateurs de valeur n’en tirent aucun revenu. Les médias sociaux sont en train de révéler un important défaut dans notre système économique.
Nous devons relier cette économie sociale émergente, basée sur le partage de la création, avec les plus authentiques expressions de la production collaborative orientée vers le bien commun, comme en témoignent déjà l’économie de l’Open Source et de l’usage équitable des contenus libres (dont la contribution est estimée à un sixième du PIB américain). Il ne fait pas de doute sur le fait qu’un des facteurs clés du succès actuel de la Chine réside en une savante combinaison de l’Open Source, tel que l’exemple de l’économie locale à Shanzaï, avec une politique d’exclusion des brevets imposée aux investisseurs étrangers. Cela a offert à l’industrie chinoise une innovation ouverte et partagée en boostant son économie.
Même si l’économie de l’Open Source devient le mode privilégié de création des logiciels, et même si elle permet de créer des entreprises qui génèrent des chiffres d’affaires de plus d’un milliard d’euros, comme Red Hat, la conséquence globale est plutôt la déflation. Il a en effet été estimé que l’économie du libre réduisait annuellement de quelque 60 milliards de dollars le volume d’affaires dans le secteur des logiciels propriétaires.
Ainsi, l’économie de l’Open Source détruit plus de valeur dans le secteur propriétaire qu’elle n’en crée. Même si elle engendre une explosion de la valeur d’usage, sa valeur d’échange, monétaire et financière décroît.

La fabrication Open Source

Les mêmes effets surviennent quand le partage de l’innovation est utilisé dans la production physique, où il combine à la fois l’approche Open Source des moyens de distribution et l’affectation de capitaux (en utilisant des techniques comme la production communautaire, ou crowdfunding, et des plateformes dédiées comme Kickstarter).
Par exemple, la Wikispeed SGT01, une voiture qui a reçu cinq étoiles en matière de sécurité et peut atteindre 42,5 km/litre (ou 100 miles par gallon), a été developpée par une équipe de bénévoles en seulement trois mois. La voiture se vend au prix de 29.000 dollars, environ un quart du prix que pratiquerait l’indutrie automobile traditionnelle, et pour laquelle il aurait fallu cinq années de R&D ainsi que des millards de dollars.
Local Motors, une entreprise automobile ayant fait le choix du crowdsourcing et connaissant une croissance rapide, annonce qu’elle produit des automobiles 5 fois plus rapidement que Detroit, avec 100 fois moins de capitaux, et Wikispeed a réussi à mettre en place des temps de design et de production encore plus rapides. En ayant fait le pari de l’intelligence distribuée, la voiture Wikispeed a été pensée pour être modulaire, en utilisant des techniques de programmation logicielle efficaces et sophistiquées (telles que la méthode agile, Scrum et Extreme Programming), un design ouvert ainsi qu’une production effectuée par des PME locales.
Et Arduino, un simple petit circuit imprimé de prototypage electronique Open Source, fonctionnant sur le même principe que Wikispeed, provoque une baisse des prix dans son secteur et une extraordinaire effervescence dans les toujours plus nombreux fab labs (NdT : cf l’histoire d’Arduino). Si le projet de Marcin Jakubowsky Open Source Ecology rencontre le succès alors nous aurons à disposition de tous 40 différents types de machines agricoles bon marché rendant un village auto-suffisant. Dans tous les domaines où l’alternative de la production Open Source se developpe – et je prédis que cela affectera tous les domaines – il y aura un effet similaire sur les prix et les bénéfices des modèles économiques traditionnels.

« Consommation collaborative »

Une autre expression de l’économie du partage est la consommation collaborative, ce que Rachel Botsman et Lisa Gansky ont démontré dans leurs récents livres respectifs What’s Mine Is Yours: The Rise of Collaborative Consumption et The Mesh: Why The Future of Business is Sharing. Il se développe rapidement une économie du partage autour du secteur des services affectant même les places de marché et les modes de vie des gens.
Par exemple, il a été estimé qu’il y a environ 460 millions d’appartements dans le monde développé, et que chaque foyer possédait, en moyenne, une valeur de 3000 dollars disponibles en biens inutilisés. Il y aurait un intérêt économique manifeste à utiliser ces ressources qui dorment. Pour la plus grande part d’ailleurs, elles ne seront pas rentabilisées, mais échangées ou troquées gratuitement. Le modèle même du partage payant aura un effet de dépression sur la consommation de produits neufs.
De tels développements sont bénéfiques pour la planète et bons pour l’humanité, mais globalement sont-ils bons pour le capitalisme ?
Qu’arrivera-t-il à ce dernier à l’heure du développement croissant des échanges via les médias sociaux, de la production et de la consommation collaborative des logiciels et des biens ?
Qu’arrivera-t-il si notre temps est de plus en plus dédié à la production de valeur d’usage (une fraction de ce qui crée la valeur monétaire) sans bénéfices substantiels pour les producteurs de valeur d’usage ?
La crise financière commencée en 2008, loin de diminuer l’enthousiasme pour le partage et la production par les pairs, est en fait un facteur d’accélération de ces pratiques. Ce n’est plus seulement un problème pour des masses laborieuses de plus en plus précarisées, mais également pour le capitalisme lui-même, qui voit ainsi s’évaporer des opportunités d’accumulation et d’expansion.
Non seulement le monde doit faire face à une crise globale des ressources, mais il fait également face à une crise de croissance, car les créateurs de valeur ont de moins en moins de pouvoir d’achat. L’économie de la connaissance se révèle être un miroir aux alouettes, car ce qui n’est pas rare mais abondant ne peut pas soutenir la dynamique des marchés. Nous nous retrouvons donc face à un développement exponentiel de la création de valeur qui ne s’accompagne que d’un développement linéaire de la création monétaire. Si les travailleurs ont de moins en moins de revenus, qui pourra acheter les biens qui sont vendus par les sociétés ? C’est, pour simplifier, la crise de la valeur à laquelle l’Humanité doit faire face. C’est un challenge aussi important que le changement climatique ou l’accroissement des inégalités sociales.
La débâcle de 2008 était un avant-goût de cette crise. Depuis l’avènement du néolibéralisme, les salaires ont stagné, le pouvoir d’achat a été maintenu artificiellement par une diffusion irraisonnée du crédit dans la société. C’était la première phase de l’économie du savoir, au cours de laquelle seul le capital avait accès aux réseaux qu’il utilisait pour créer de gigantesques multinationales.
Avec la croissance continue de cette économie du savoir, une masse de plus en plus importante des valeurs échangées est constituée de biens intangibles et non plus physiques (NdT : cf capital immatériel). Le marché des changes néolibéral et ses excès spéculatifs peut être vu comme un moyen de tenter d’évaluer la part de valeur intangible, virtuelle, qui est ajoutée à la valeur réelle par la coopération. Il fallait que cette bulle explose.
Nous nous trouvons dans la seconde phase de l’économie du savoir, au cours de laquelle les réseaux sont en train d’être étendus à toute la société, et qui permet à tout un chacun de s’engager dans une production collaborative. Ce qui crée de nouveaux problèmes et engendre de nouveaux défis. Ajoutons à cela la stagnation des revenus, la diminution de la masse du travail salarié que cette production collaborative de valeur entraîne, et il évident que tout ceci ne peut être résolu dans le paradigme actuel. Y a-t-il dès lors une solution ?
Il y en a une mais elle sera pour le prochain cycle : elle implique, en effet, une adaptation de l’économie à la production collaborative, ouvrant par là-même les portes à un dépassement du capitalisme.
Michel Bauwens est théoricien, écrivain ainsi qu’un des fondateurs de la P2P (Peer-to-Peer) Foundation.

Notes

[1] Crédit photo : Nick Ares (Creative Commons By-Sa)

 

24/02/2012

Defacement de la dette grecque

Le soir du 12 février, alors que des milliers de Grecs descendaient dans la rue pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité que votaient le parlement, sur le net des attaques contre les sites de la police, du parlement ou du gouvernement grec (dont celui du ministère de la justice ci-dessous). Plusieurs Anonymous grecs ont d'ailleurs été arrêtés depuis.
Anonymous lance une nouvelle mise en garde au gouvernement du pays et au FMI et annonce qu'ils pourraient effacer une partie de la dette pour soulager le peuple. Comment? Ils ne le disent pas, alors s'agira-t-il vraiment d'effacer la dette ou de la "defacer"?
 Solidarité avec le peuple de Grèce


Traduction du message des Anonymous au peuple grec publié sur AgoraVox:





"Citoyens de la Grèce

Nous sommes Anonymous.
Nous regardons tous les jours votre gouvernement qui abolit la Constitution et les institutions du pays.
Nous les voyons qui vous conduisent de plus en plus à la pauvreté.
Nous les voyons passer des lois qui vous privent de tout droit à la dignité.
Nous les voyons et livrer le pays au FMI et les banquiers.
Nous savons que les soupes populaires dans les écoles, pour les personnes qui perdent leur emploi et maintenant attendent dans les files d'attente pour une assiette de nourriture.
Nous savons que votre pays a voté ACTA dans un but de garder le silence entre autres du peuple grecs.
Nous savons tout ...


La République en Grèce est décédée.
Elle est morte dans un gouvernement qui n'a pas été élu par le peuple.
Et pour cette raison, le temps pour la discussion est venu puis parti.
Pas de négociation avec quoi que ce soit, aucun de ceux qui l'ont assassinée.
Vous pouvez nous chasser comme vous le souhaitez, vous pouvez même capturer certains d'entre nous, pour essayer de nous faire taire...
Mais pour tout le monde qui se permettra d'en saisir... 3 autres vont surgir. Il y en aura 5 ou 10 ou 100.
Maintenant, les Grecs sont tous anonymes.
Nous sommes des millions contre vous et les 300 dans cette guerre de gaz lacrymogènes ne vous aideront pas.


Gouvernement occupant de la Grèce
Ces jours-ci est voté un projet de loi qui sera le dernier clou dans le cercueil du grec.
Un projet de loi pour revenir au pays à un régime totalitaire.
Pour amener le pays et ses habitants dans la pauvreté absolue.
Nous n'allons pas permettre une autre misère au peuple grec.
Nous exigeons votre démission immédiatement et des élections.
Nous ne payerons pas un centime à vos amis usuriers.
Nous exigeons le retrait immédiat du FMI de la Grèce.
Le ministère de la Justice était seulement un petit échantillon de ce que nous sommes capables de faire.
Même si vous n'avez pas vu la colère d'Anonymous.
Pour chaque article d'un projet de loi qui ferait honte au vote, nous allons arrêter le système et supprimer une dette à l'intérieur du pays pour les citoyens grecs.
Les dettes qui obligent à payer des facistes.
Mais l'Internet est notre domaine. Et j'aime cette guerre.
Nous sommes nombreux et nous allons être bref.

Citoyens de Grèce, Anonymous se bat désormais à vos côtés...

Gouvernement de Grèce, laissez nous attendre...


E X P E C T U S !

J U S T I C E I S C O M I N G !"






21/02/2012

Droit de succession des biens numériques


 Voici la traduction d'un article paru sur le site alt1040.com (en espagnol) qui explore une facette encore peu exploré de la propriété intellectuel dans le monde numérique. L'article s'est intéressé à la question de la transmission des biens que nous acquérons en ligne, après notre mort. Si dans la vie physique, nous pouvons transmettre facilement nos cds ou livres à nos proches, le vide juridique qui perdure concernant nos biens immatériels est une fois encore en défaveur des consommateurs et privilégie les droits des plate-formes de téléchargements.

A notre mort, nos achats en ligne redeviennent la propriété des plate-formes numériques
21 de febrero, 2012, 10:28

Dans le monde physique, quand une personne décède il semble raisonnable de penser que ses biens reviennent à ses proches, par le biais d'un testament ou d'un rituel de la vie. A-t-on les mêmes droits dans le monde numérique ? Qu'advient-il de nos achats ou téléchargements de matériel digital ? Cette même question a été soulevée sur la page which ? qui a consulté des avocats spécialisés en droits d'auteurs. La réponse, contre toute attente, est que le business est fait de telle manière que nos achats s'apparentent plus à la location d'une licence à vie plutôt qu'à l'achat d'un produit. Céder nos téléchargements et nos archives achetées, une fois mort, pourrait violer les termes du contrat de sites comme Amazon ou iTunes.
Dans ce cas-là il devrait y avoir deux postures claires. Il paraît raisonnable de penser que si un individu a payé pour une collection de matériel numérique, quelle qu'elle soit, il puisse transmettre ses achats une fois mort. Pourtant il n'en est rien si on se fie aux termes des services des plate-formes d'achat en ligne.
L'étude a été réalisée sur deux des géants du marché, Apple et Amazon, avec comme axiome : peut-on transmettre nos téléchargements après la mort ?
La réponse n'aurait pas pu être plus ambiguë selon les experts consultés. Bien que nous vivions une explosion des achats numériques, les droits de transmission de propriété que nous avons payé demeurent dans un vide juridique qui ouvre la porte à la perte de nos achats une fois que nous décédons.
Aussi bien sur Amazon que iTunes, les droits de transmission des clients n'existent pas. Par exemple, si on achète une piste ou un thème numérique, ce que nous faisons réellement est d'acquérir une licence pour pouvoir reproduire ce morceau, dit autrement, il nous est concédé une piste individuelle afin que nous l'utilisions, mais qui n'est pas transmissible après notre mort.
La raison ne tient à rien d'autre qu'aux termes du contrat. Quand on dit que légalement nous louons les pistes cela signifie qu'elle ne nous appartiennent pas, nous ne les possédons pas. Ce que confirme Matthew Strain du cabinet d'avocats spécialisés Strain-Keville :
"Lorsque nous achetons quelque chose sur iTunes, ça ne nous appartient pas, nous n'avons que le droit de l'utiliser. Le droit sur le produit est très limité et le transmettre a quelqu'un d'autre ne sera probablement pas accepté par Apple ou Amazon."

Cela ne vaut pas seulement pour la musique, mais également pour les livres électroniques. La licence du fameux Kindle d'Amazon dit très explicitement interdire la transmission de ses livres électroniques téléchargés. Strain explique à ce sujet :
"Puisque le contraire n'est pas indiqué, il est impossible de sous-licencier ou céder les droits sur tout ou partie d'un contenu numérique à un tiers."

Que peuvent faire légalement les utilisateurs ? La réponse pourrait être de céder directement le dispositif physique qui contient le contenu numérique. Dans ce cas, le "nouvel" utilisateur serait confronté à un nouveau problème. Si on souhaite ouvrir un nouveau compte avec le dispositif dont nous avons hérité, on perdrait le contenu stocké antérieurement.
Le plus logique serait alors de fournir les mots de passe des comptes aux parents les plus proches afin qu'ils puissent accéder à iTunes ou Amazon. Ce serait le plus simple, mais, bien que cela puisse paraître ridicule, nous nous retrouverions une nouvel fois face aux termes d'utilisation des services, lesquels définissent cette activité comme une violation en matière de sécurité. Strain l'explique de la manière suivante :
"Permettre qu'un tiers accède aux détails de nos comptes représente une violation de la sécurité selon le contrat. Bien qu'il ne s'agisse par directement d'une violation des termes du contrat, Apple ou Amazon peuvent considérer que ça l'est et mettre fin à l'accès au compte."
  
Cette terminologie, que pourrait utiliser les entreprises en leur faveur s'appliquerait également aux services de stockage dans le nuage numérique. Si les données sont stockées de façon distante et accessible uniquement grâce à nos comptes, de la manière définie par les termes d'accès, la transmission de nos téléchargements achetés à des proches est rendu tout aussi compliqué par l'encadrement légal. 
Pour résumer, il est, à ce jour, extrêmement compliqué de céder nos achats en ligne après notre mort (de manière légale). Dans la majorité des cas parce que l'encadrement juridique semble nous indiquer clairement que lorsque nous achetons du matériel numérique, dans les faits, nous le louons individuellement jusqu'à la fin de notre vie, moment où il semble qu'il redevienne la propriété des plate-forme de vente. Si nous faisions une comparaison avec le monde physique, c'est comme si une fois mort, les magasins physique nous demandaient de rendre les achats que nous avons fait durant notre vie. Il existe de nombreuses manières "alternatives" pour transmettre nos téléchargements à ceux que nous aimons, mais légalement, il semble que le droit soit défavorable aux utilisateurs.


20/02/2012

Les Anonymous descendent dans la rue



Un article que j'ai écrit pour le quotidien régional L'écho (Édition Haute-Vienne) sur la manifestation contre ACTA qui a eu lieu à Limoges le samedi 11 février.

Pour lire l'article en Pdf, cliquez ici.


Samedi 25 février nouvelle mobilisation contre l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon. Cherchez les pages FaceBook de mobilisation "Stop Acta" de votre ville .
Et pour rappel une vidéo publiée par les Anonymous contre ACTA.

Le MES n'est pas encore dit

 Demain, 21 février, l'Assemblée Nationale doit examiner le traité dit Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Mais peu de gens savent ce qui se trame sous couvert de la solidarité envers les pays européens en difficultés. Une nouvelle offensive qui veut enlever au peuple le droit de décider par et pour lui-même (le peuple étant ici celui d'Europe).

Pour y voir plus clair, voici une vidéo:







Pour aller plus loin vous pouvez consulter les liens suivants:

- L'article explicatif de Mediapart

- Article du site Bastamag.net

- Page Wikipedia sur le MES

- La page du Conseil Européen sur le MES

- Tribune de Mélenchon publié par Libération (réservé aux abonné du site ou aux lecteurs papier alors que nous sommes à la veille du passage à l'AN, bravo Libé) mais dispo sur le site de campagne du Front de Gauche

- Vidéo d'un meeting de Mélenchon où le candidat explique la mise en place du MES


Informez-vous, informez autour de vous!


J'ai emprunté le dessin au site Médiapart


19/02/2012

Tout ça n'empêche pas Nicolas...

... Qu' la Commune n'est pas morte !



Et si on montrait à notre Nicolas actuel que l'esprit de la Commune vit encore.
Pour se replonger dans cet épisode révolutionnaire du peuple de France on peut visiter le site des archives de la radio télévision suisse. Pour le centième anniversaire de la semaine sanglante (1971), Henri Guillemin présentait en 13 épisodes (presque 30 minutes chacun) cette page rouge de l'histoire du peuple.
De quoi se programmer quelques soirées télé intelligente...

                       ====> VERS LA COMMUNE DE PARIS <====



merci à @__Radiopirate__ qui a twitter ce lien.

17/02/2012

Un revenu de base pour libérer l'humain

Voici un film-essai sur le "revenu de base", c'est à dire découpler revenu et travail afin de libérer les individus. En ces temps de crise économique, l'idée d'un revenu universel de base peut paraître saugrenu et pourtant il rentre dans les solutions qui permettront à l'humanité de sortir du capitalisme et de construire une société plus libre.
Il existe en France un appel pour un revenu de vie qui s'apparente à ce qui est développé dans le film. Vous pouvez vous renseigner ici.


Merci à @ravachol2012 pour avoir signalé cette vidéo dans son commentaire à mon post "sortons du capitalisme"

Bon visionnage... bonne réflexion.




« Un revenu, c'est comme l'air sous les ailes de l'oiseau ! ». C'est ainsi que commence le film. Est-ce que ce revenu devrait être inconditionnel pour chacun ? Est-ce possible, un droit civique économique ?

Le film est captivant, il fait réfléchir, il touche et met le doigt sur ce qui est raisonnable. Il permet de voir la situation de la société et le devoir de l'argent sous un jour nouveau. Un thème d'une actualité brûlante...




13/02/2012

Sortons du capitalisme


Parce que le capitalisme n'est plus adapté au monde qu'il a enfanté, un monde horizontal, décentralisé, un monde d'enfants et d'adultes conscients... Parce que toutes nos alternatives - coopératives, système d'échanges locaux, économie participative, potlach numérique etc - peuvent remplacer avantageusement pour l'humanité le vieux monde... Parce qu'il ne tient qu'à nous de prendre en mains nos vies. Parce que nous sommes tous Anonymous...




Parce que le capitalisme semble se trouver dans une situation où la crise devient son nouveau mode de gestion, comme l'annonçait Naomi Klein dans son essai La stratégie du choc.
Parce qu'ACTA est une tentative désespéré pour maîtriser la liberté sur le net.
Parce que les effets de cette crise ne s'arrêteront pas à la Grèce mais que tour à tour, tous les peuples seront soumis à de telles mesures de réduction de la qualité de nos vies et finalement de nos libertés.
Les Grecs relèvent la tête et brandissent le drapeau de la révolution... Nous devrons nous aussi saisir l’étendard que nos camarades grecs ont le courage de jeter à la face de leur gouvernants et des nôtres.
Solidarité avec le peuple grec.
Vive la liberté!

Nous sommes tous grecs






Hier le parlement grec a voté un énième plan d'austérité, pardon "plan de sauvetage" de la Grèce. Pendant ce temps, les rues d'Athènes étaient en feu, le peuple en ébullition. Plusieurs bâtiments ont brûlé et les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se sont soldés par des dizaines de blessés. Les Grecs ont bien compris que le "sauvetage" en question dans le plan d'austérité concocté par l'UE et le FMI et adopté par le parlement, est bien ce qu'il dit être: un plan de sauvetage de la Grèce et non des Grecs! Les parlementaires, le gouvernement, le clergé orthodoxe et les armateurs ne sont, eux, pas touché par le serrage de ceinture... peut-être portent-ils des bretelles? Il s'agit bien pour la classe possédante de préserver ce qu'ils ont... Qu'ils ne s'étonnent pas si les Grecs qui n'ont plus rien à perdre refusent avec toute la violence du désespoir d'être sauvé par un capitaine, qui à l'image de celui du Costa Concordia, a depuis longtemps quitté le navire...

 dessin d'el-paso


Solidarité avec le peuple révolté de Grèce!!!

Anonymous, comme ils affirment leur solidarité dans cette vidéo, ont revendiqué des attaques en déni de service (Ddos) contre des sites de la police grecque, du premier ministre et du gouvernement.


11/02/2012

Anonymous lève le voile sur ACTA

Une nouvelle vidéo des Anonymous, trouvée sur RezoCitoyen, pour comprendre les implications de l'ACTA contre lequel des manifestations sont organisées aujourd'hui, samedi 11 février.




Le traité ACTA expliqué par Anonymous.
ACTA créerait de nouvelles sanctions pénales forçant les acteurs de l’Internet (FAI) à surveiller et à censurer les communications en ligne. Cet accord est donc une menace majeure pour la liberté d’expression en ligne. Au nom du droit des marques et des brevets, il pourrait également freiner l’accès aux médicaments génériques dans les pays pauvres.
ACTA est une offensive de plus contre le partage de la culture sur Internet. ACTA (pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement ou accord commercial anti-contrefaçon) est un accord négocié secrètement de 2007 à 2010 par 39 pays, dont les 27 de l’Union européenne, les États-Unis, le Japon, etc...
ACTA, véritable feuille de route pour des projets comme SOPA et PIPA, créerait de nouvelles sanctions pénales forçant les acteurs de l’Internet (FAI) à surveiller et à censurer les communications en ligne. Cet accord est donc une menace majeure pour la liberté d’expression en ligne. Au nom du droit des marques et des brevets, il pourrait également freiner l’accès aux médicaments génériques dans les pays pauvres.
Négocié en secret par les multinationales plutôt que débattu démocratiquement, ACTA contourne les parlements et les organisations internationales pour imposer une logique répressive dictée par les industries du divertissement.