"La plume est la langue de la pensée"
Miguel de Cervantes Saavedra

27/04/2010

Frankenstein...

... ou le Prométhée moderne, ce roman gothique de la jeune Mary Shelley est souvent présenté comme le précurseur de la science-fiction. Publié en 1818, l'histoire est celle d'un monstre et de son créateur, le docteur Victor Frankenstein... Mary Shelley y aborde différents thèmes comme la solitude, l'amour et l'amitié, l'éducation, l'injustice, l'innocence, la monstruosité, la science et la conscience, l'apparence et les préjugés, la condition de la femme, les progrès et la nature.
Il est disponible en PDF sur le site des Éditions suisse Diogène... alors ne boudez pas votre plaisir et lisez, relisez ce chef-d'oeuvre!

Photo: l'inoubliable Boris Karloff dans le rôle du monstre, dans l'adapatation cinématographique de James Whale (1931)

20/04/2010

No pasaran!

Comme chaque année depuis que Sébastien Deyzieu est tombé d'un toit lors d'une manifestation contre l'impérialisme américain organisé par le GUD et les JNR en 1994, l'extrême-droite radicale tentera de se rassembler pour honorer la mémoire de leur "camarade". Et comme chaque année les antifascistes seront présents pour gueuler une fois de plus que la rue n'appartiendra jamais aux fachos.
Cette année pourtant il y a du changement dans l'air. Les crânes rasés et autres nostalgiques de Vichy se rassembleront en matinée... avec un discours qu'ils voudraient "social"! Dans une vidéo appelant à la manifestation, les fachos ont utilisé des images de luttes sociales... Sud-Rail et la CGT Continental Clairoix, dont les luttes figurent sur la vidéo, ont écrit un communiqué commun pour balayer cette tentative de récupération. Les syndicats appellent donc à la manifestation antifasciste afin de rappeler aux fachos que nos luttes et leurs obsessions sont définitivement antagonistes !


Fédération des syndicats SUD-Rail
Sy
ndicat CGT Continental Clairoix


Nos grèves et manifestations ne sont pas récupérables par les fascistes !


Des groupes d’extrême-droite diffusent sur Internet une vidéo d’appel à une de leur initiative raciste et fasciste, utilisant de nombreuses images de manifestations sociales, notamment de cheminots et des Continental.

Cette manipulation montre que l’extrême-droite recherche un alibi « social » à ses manoeuvres démagogiques et dangereuses.

Dans le même temps, ces groupes multiplient les agressions racistes, les attaques envers des militants du mouvement social. La banalisation du racisme dans le discours d’une droite décomplexée, les dérapages verbaux d’élus ou de leaders politiques ont remis en selle et légitimé une mouvance politique que certains croyaient au bord du gouffre mais qui aujourd’hui s’exprime avec plus de virulence encore dans le discours comme dans les actes. Les dérapages racistes se succèdent, la traque des sans papiers s’intensifie et les pressions s’accentuent afin de criminaliser la solidarité. Il faut dénoncer la lepénisation des esprits et l’offensive patronale contre le mouvement social, qui font toutes deux le lit du fascisme.

La crise sociale offre un terreau propice aux tenants du « chacun pour soi », aux replis communautaires et identitaires. L’extrême droite a toujours prospéré sur la misère et le chômage de masse. Les plans de licenciements qui se succèdent, les délocalisations lui offrent un contexte fertile. Les classes populaires payent encore et toujours l’addition des crises financières et capitalistes.

Lutter contre les offensives patronales, contre la casse des acquis sociaux (retraites, sécurité sociale), c’est aussi lutter contre l’extrême droite. Tout comme lutter aux côtés des franges les plus précaires du prolétariat : les travailleur/ses sans papiers, les chômeurs/ses, les salarié-e-s menacé-e-s de licenciement…

Luttons tous ensemble pour que demain ne soit pas pire qu’aujourd’hui !

Nos grèves et manifestations n’ont rien de commun avec ceux qui distillent la haine, la division, le culte du chef, le rejet des droits de l’Homme, …

Ensemble, et avec d’autres forces syndicales, associatives, politiques, nous participerons à la manifestation antifasciste, le 9 mai à Paris.

13 avril 2010


En prime, deux vidéos du sclap:

la manif du 9 mai 2009 en hommage à la résistance:


et celle de 2006: enterrons le fascisme!

16/04/2010

Sous la cagoule de Marcos... Rimbaud?

Il y a des coïncidences troublantes et même amusantes.
Il y a quelques jours la presse se faisait l'écho d'une nouvelle d'une importance toute relative: une photo inédite du sous-commandant Marcos... sans sa fameuse cagoule, ni d'ailleurs sans sa fumeuse pipe.
Hier, je tombe sur l'article de Libé annonçant qu'une photo montrait pour la première fois le visage de Rimbaud adulte, alors qu'il séjournait à Aden. Aujourd'hui Le Monde, Le Figaro s'en font également l'écho.

Or, après avoir relayer l'info ici-même, sont apparus deux commentaires signés Raphaël Zacharie de IZARRA, prétendant être l'auteur de cette supercherie rimbaldienne, comme il l'avait déjà fait fin 2008 avec le texte "Rêve de Bismarck". Quelques recherches sur internet nous renvoie vers de nombreux blogs du sus-nommé RZI, qui semble jouer avec facétie de ses multiples facettes de faussaires. Par contre, en cherchant à identifier le journaliste "Jacques Quentin" qui semble trouver un plaisir certain à confirmer les dires du faussaires aux faux airs de Rimbaud dans le cas qui nous occupe, on ne trouve sur le net que les rares traces ayant traits aux frasques d'Izarra... Le journaliste n'apparaît nul part ailleurs! Serait-il lui aussi bidon? Né de la plume maniée par l'égo démesuré qui semble animer cet Izarra? Certainement.

Mais qu'importe finalement que la photo soit vraie ou fausse car elle a surtout démontré l'engouement que l'auteur maudit des Illuminations suscite encore de nos jours, validant la puissance littéraire qui s'écoulait à flots rouges de ses veines ouvertes d'adolescent révolté...
Le sous-commandant Marcos, lui aussi joue avec la révolte qui secoue sa plume, bien que ses mots puisent plus certainement leur force dans les veines ouvertes de l'Amérique Latine que dans celle d'une France saignée par les vainqueurs de la Commune de Paris. Tout comme le seul véritable visage de Marcos est celui de la révolte des indigènes du Chiapas ou des révoltés du monde entier, le visage de Rimbaud s'efface derrière ses mots. Son visage adulte ne revêt de l'importance que pour les adorateurs d'icônes... littéraires ou non, les crédules de toute mystification.
J'attends avec impatience une photo de Rimbaud affublé de la cagoule et de la pipe du révolutionnaire maudit du Chiapas...





Photo de Marcos prise par mes soins en janvier 2006 à San Cristobal de las Casas, lors du lancement de la Otra campaña.

Rimbaud en vers... et en photos

LES PAUVRES À L’ÉGLISE

Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d’église
Qu’attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux
Vers le chœur ruisselant d’orrie et la maîtrise
Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;
Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire,
Heureux, humiliés comme des chiens battus,
Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire,
Tendent leurs oremus risibles et têtus.

Aux femmes, c’est bien bon de faire des bancs lisses,
Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir !
Elles bercent, tordus dans d’étranges pelisses,
Des espèces d’enfants qui pleurent à mourir :

Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,
Une prière aux yeux et ne priant jamais,
Regardent parader mauvaisement un groupe
De gamines avec leurs chapeaux déformés.

Dehors, le froid, la faim, l’homme en ribote :
C’est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !
− Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote
Une collection de vieilles à fanons ;

Ces effarés y sont et ces épileptiques
Dont on se détournait hier aux carrefours ;
Et, fringalant du nez dans des missels antiques
Ces aveugles qu’un chien introduit dans les cours.
Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
Récitent la complainte infinie à Jésus
Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,
Loin des senteurs de viande et d’étoffes moisies,
Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ;
− Et l’oraison fleurit d’expressions choisies,
Et les mysticités prennent des tons pressants,
Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie
Banals, sourires verts, les Dames des quartiers
Distingués, − ô Jésus ! − les malades du foie
Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
Arthur Rimbaud, 1871





Photo de Rimbaud prise à Aden vers 1880 et récemment dénichée par des libraires dans le XVIIIe arrondissement à Paris.
Le poète maudit est à droite, à côté de la femme.

14/04/2010

Le cirque de la Feria

Comme chaque année en ce mois d'avril, les hydrocalides s'apprêtent à déserter leur ville, la laissant aux touristes et autres buveurs invertébrés. En effet, pendant trois semaines, dans la zone dédiée à la Feria San Marcos, l'une des plus importante du Mexique, la consommation d'alcool est autorisée dans les rues!!! Beaucoup de (riches) habitants de la ville préfèrent profiter des vacances pour aller se faire bronzer au soleil ou visiter d'autres latitudes, laissant toute latitude aux (pauvres) bougres qui eux doivent rester (ben oui, les 5 semaines de vacances à la française ici on connaît pas vraiment) et qui du coup boivent pour oublier... pendant trois semaines! C'est long.
Cette fin avril - début mai est donc la période idéale pour observer le mexicain bourré, espèce loin d'être en voie de disparition, bien qu'elle ait tendance, le reste de l'année, à vivre cachée pour vivre heureuse... comme le dit l'adage.
Enfin, la Feria c'est aussi du divertissement (de masse trop souvent) et de la culture (trop rarement)... Au programme donc, tout ce que compte le pays de stars de la fameuse cumbia, de musique de bandas ou ranchera (avec parfois des perles, on a ainsi pu apprécier l'an passé la voix sans pareil de Lila Down), du théâtre, une foire monstre (attention pas une foire aux monstres, quoi que?)... et de la tauromachie. Le tout étant l'occasion de rencontrer l'homme ou la femme idéale... pour la soirée au moins! Soit du sang, du sexe et du son... le tout bien arrosé!
Ah, j'allais oublier les combats de coqs (je ne parles pas des bagarres autour des poules du quartiers des putes), les casinos (loin d'être en ligne ici), les bars et discothèques (remises à neuf chaque année) et la corrida... ah oups je l'ai déjà dit?! Ben oui c'est juste pour dire que des fois on peut quand même voir des trucs chouettes pendant la Feria, par exemple le 25 avril à 17h à la Casa de la Cultura. Profitant de la la grande foire médiatique le cirque Alegria nous propose une soirée antitaurine alors que le sang des bêtes à cornes coulera à flots et que la Feria battra son plein... Un évènement qui nous mettra un peu de baume au cœur.

13/04/2010

Un commandant de police criblé de balles à Aguascalientes

Hier, lundi 12 avril vers 6h45 du matin, le commandant Antonio Flores Salas, chargé du groupe tactique y leader de la section canine de la police municipale a été victime d'une attaque extrêmement violente, le laissant gravement blessé. Il est toujours entre la vie et la mort.
Alors qu'il voyageait dans une voiture de patrouille, trois autres véhicule l'ont encerclé et ont ouvert le feu. Le corps du commandant compte plus de dix impacts de balles et les enquêteurs ont retrouvé pas moins de 40 douilles de gros calibres sur les lieux de la fusillade. Ce qui fait dire au maire, Adrián Ventura Dávila, que cette attaque est le fait du crime organisé, dérangé par le bon travail de la police: "Ce travail ne prendra pas fin car au final, notre responsabilité est d'assurer la sécurité des citoyens d'Aguascalientes et c'est certainement ce qui explique ça (cette attaque, ndla)".
L'édile n'a pas souhaité commenter les rumeurs qui mettent en cause deux policiers qui auraient livrer des informations sur leur commandant, permettant ainsi l'agression d'hier matin. "Il ne faut écarter aucune possibilité dans une enquête, principalement dans ce type de cas" a-t-il toute fois déclaré, n'écartant pas l'ouverture d'une enquête de la Dirección de Asuntos Internos (Direction des affaires internes) sur les liens entre les policiers municipaux et le guet-apens contre le commandant et son escorte. Par contre, ni la presse ni les officiels n'ont évoqué l'éventualité, pourtant loin d'être totalement impossible, d'une implication du commandant dans le trafique.
A quelques jours de l'ouverture de la Feria San Marcos, l'une des foires les plus importante du pays, les autorités locales tiennent à rassurer la population. "Il y a quelques jours nous étions avec le commandant de la zone militaire, avec le général Hidalgo et le gouverneur, justement pour sécuriser la Feria d'Aguascalientes, afin que tous les visiteurs puissent s'y promener en toute sécurité. Nous travaillons en ce sens." Réitérant l'importance du travail commun entre la police et l'armée, Adrián Ventura Dávila a ajouté "Souvenez-vous que (les policiers) sont équipés de gilets pare-balles, d'un armement de qualité, que vont arriver de nouvelles armes automatiques, qu'ils ont de bons véhicules... qu'ils doivent simplement conduire avec beaucoup de précaution."
Le gouverneur de l'état, Luis Armando Reynoso, a expliqué de son côté que les faits survenus hier ne pouvaient en aucun cas être mis en relation avec l'ouverture de la Feria. Tout en se joignant à la peine des familles, il a reconnu que "Si Aguascalientes a connu une amélioration de la sécurité publique, nous ne sommes pas à l'abri d'actes criminels."

photo: deux policiers en patrouille dans le centre d'Aguascalientes

10/04/2010

Solutions locales pour un désordre global

Un film, qui n'est évidemment pas sur les écrans mexicains, mais qui quelques temps après le passage de Serge Latouche au pays de l'EZLN, rencontrerait certainement un écho favorable auprès de certains précurseurs de l'altermondialisme... même si d'autres, même proches des zapatistes, restent accrochés à l'idée de croissance et de productivisme.
A voir, au moins pour se faire une idées des solutions mises en avant par la réalisatrice Coline Serreau... et pour aller au-delà des films catastrophes qui font comme si nous ne pouvions rien faire d'autre qu'attendre un miracle (version religieuse) ou un programme vert (version électoraliste)... Les solutions sont entre nos mains et dans l'élaboration d'autres manières de vivre en relation avec la Terre et de vivre ensemble.
Un autre monde est possible! Et comme disent les zapatistes, dans une phrase qui mêle global et local: "Un mundo donde quepan muchos mundos"*





*: un monde dans lequel tiennent beaucoup de mondes

09/04/2010

Anarchie au paradis

Le pape du punk et producteur des Sex Pistols, Malcom McLaren est mort... espérons qu'il foutra le bronx au jardin d'Eden.

06/04/2010

Festival El Picahielo

Deuxième festival culturel de la revue El Picahielo, du 6 au 15 avril.
Les évènements se tiendront au Rockocó Bar et à la librairie Rayuela, dans la rue Nieto au centre d'Aguascalientes.

info: tu.di@revistaelpicahielo.com

01/04/2010

Todos somos Marcos!

Suite à une photo du "sub" sans son passe-montagne publiée dans la presse, voici enfin dévoilé le visage de Marcos... par l'EZLN!
Le vrai visage du sous-commandant est celui de la rébellion!