"La plume est la langue de la pensée"
Miguel de Cervantes Saavedra

16/04/2010

Sous la cagoule de Marcos... Rimbaud?

Il y a des coïncidences troublantes et même amusantes.
Il y a quelques jours la presse se faisait l'écho d'une nouvelle d'une importance toute relative: une photo inédite du sous-commandant Marcos... sans sa fameuse cagoule, ni d'ailleurs sans sa fumeuse pipe.
Hier, je tombe sur l'article de Libé annonçant qu'une photo montrait pour la première fois le visage de Rimbaud adulte, alors qu'il séjournait à Aden. Aujourd'hui Le Monde, Le Figaro s'en font également l'écho.

Or, après avoir relayer l'info ici-même, sont apparus deux commentaires signés Raphaël Zacharie de IZARRA, prétendant être l'auteur de cette supercherie rimbaldienne, comme il l'avait déjà fait fin 2008 avec le texte "Rêve de Bismarck". Quelques recherches sur internet nous renvoie vers de nombreux blogs du sus-nommé RZI, qui semble jouer avec facétie de ses multiples facettes de faussaires. Par contre, en cherchant à identifier le journaliste "Jacques Quentin" qui semble trouver un plaisir certain à confirmer les dires du faussaires aux faux airs de Rimbaud dans le cas qui nous occupe, on ne trouve sur le net que les rares traces ayant traits aux frasques d'Izarra... Le journaliste n'apparaît nul part ailleurs! Serait-il lui aussi bidon? Né de la plume maniée par l'égo démesuré qui semble animer cet Izarra? Certainement.

Mais qu'importe finalement que la photo soit vraie ou fausse car elle a surtout démontré l'engouement que l'auteur maudit des Illuminations suscite encore de nos jours, validant la puissance littéraire qui s'écoulait à flots rouges de ses veines ouvertes d'adolescent révolté...
Le sous-commandant Marcos, lui aussi joue avec la révolte qui secoue sa plume, bien que ses mots puisent plus certainement leur force dans les veines ouvertes de l'Amérique Latine que dans celle d'une France saignée par les vainqueurs de la Commune de Paris. Tout comme le seul véritable visage de Marcos est celui de la révolte des indigènes du Chiapas ou des révoltés du monde entier, le visage de Rimbaud s'efface derrière ses mots. Son visage adulte ne revêt de l'importance que pour les adorateurs d'icônes... littéraires ou non, les crédules de toute mystification.
J'attends avec impatience une photo de Rimbaud affublé de la cagoule et de la pipe du révolutionnaire maudit du Chiapas...





Photo de Marcos prise par mes soins en janvier 2006 à San Cristobal de las Casas, lors du lancement de la Otra campaña.

2 commentaires:

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Moi aussi j'ai fait des recherches sur ce Jacques Quentin qui semble me suivre dans mes falsifications : à mon avis ce vrai journaliste se protège derrière un faux nom et certainement derrière un faux portrait également.

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PHOTO DE RIMBAUD : JE SUIS L'AUTEUR DE CETTE NOUVELLE MYSTIFICATION

Je constate que certains journalistes sont plus avisés que d'autres. J'ai eu l'heureuse surprise de dénicher un article de Jacques Quentin http://fauxrimbaud.blogspot.com/ qui parle de moi avec grande lucidité... Je trouve fort flatteur qu'un journaliste (de province) un peu plus futé que les autres ait l'audace d'avancer une thèse fort pertinente à propos de cette nouvelle "découverte", à savoir que je serais l'auteur d'une énième farce médiatique à base d'Arthur ... Il faut dire que ce Jacques Quentin connaît bien son gibier : c'est à ma connaissance le seul qui a dénoncé en toutes lettres et sans la moindre ambigüité l'énorme plaisanterie izarrienne au sujet du "Rêve de Bismarck". C'était en avril 2008.

Cette fois je n'ai même pas eu besoin d'aller répandre des alarmes sur la toile en expliquant que je suis effectivement l'auteur d'un nouveau coup monté concernant cette photo : ce journaliste provincial à la tête froide s'en est chargé à ma place... C'est dire la profondeur de ses intuitions ! Il est vrai qu'il connaît bien son cher IZARRA, mystificateur obsessionnel à but strictement égocentrique : il ne me fait aucun cadeau quand il s'agit de me disséquer de sa plume tranchante comme la vérité, me sachant sur ce point aussi avare de pincettes à l'égard des exégètes crédules que je m'amuse à faire braire avec mes espiègleries rimbalesques de qualité quasi professionnelle répandues à grande échelle médiatique...

Mes détracteurs apprécieront.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

(SUITE)

L'article de Jacques Quentin à mon sujet :

LES DESSOUS DE LA PHOTO DE RIMBAUD : IZARRIMBAUD ?

Elle lui ressemblait comme une fille peut ressembler à son père.

Avec la bonne foi, la sincérité de son âme entière, de son coeur franc (fatalement lucides), le public ne s'y était pas trompé. La France était convaincue !

Sauf que les tests ADN avaient rendu leur verdict, pétrifiant : désaccord génétique total et définitif entre la fille et son prétendu géniteur.

La douche froide.

Qui ne se souvient pas de cette douloureuse affaire Aurore Drossard, fille imaginaire de Montand ? La leçon, authentique cas d'école, doit nous inciter à adopter à l'avenir la plus extrême prudence dans ce genre d'information où la subjectivité peut brouiller les pistes les mieux balisées.

Or, avec le dernier avatar concernant Rimbaud, nous sommes dans un processus médiatico-hystérique exactement inverse : cette fois ce sont les "spécialistes" qui, enivrés de doctes fumées, se sont eux-mêmes convaincus. Et de quoi donc me demanderez-vous ? Du pire : la mine patibulaire d'un Rimbaud aux antipodes de sa légende esthétique.

La pilule à du mal à passer chez les vrais-faux admirateurs du poète de Charleville qui, avec ce bon sens inné caractérisant les profanes et les ignorants, doutent.

La découverte de la photo date de deux ans. Troublant : à la même époque un certain Izarra criait à qui voulait l'entendre -et nul ne semblait vouloir prêter sérieusement l'oreille à ses élucubrations- qu'il était l'auteur du "Rêve de Bismarck", un autre inestimable trésor rimbaldien sauvé des rebuts d'un bouquiniste de Charleville-Mézières. Décidément, le hasard facilite bien des choses dans l'environnement de cet énigmatique Izarra...

Mais revenons à la tête de Rimbaud. Les spécialistes dont le fameux Jean-Jacques Lefrère se sont basés sur quatre de ses photos (plus ou moins nettes) déjà connues et reconnues pour établir un nouveau dogme avec cette vertigineuse certitude propres aux exégètes de leur niveau, élevés au pain blanchit. La farine universitaire a d'incontestables vertus de salubrité intellectuelle... Bref, c'est avec la même conviction, pour ne pas dire la même ferveur que le "Rêve de Bismarck" fut décrété authentique.

Rien n'est plus ressemblant à un portrait qu'un autre portrait, pour peu que le coeur s'emballe. On s'interrogera sur les méthodes employées par ces imprudents spécialistes cherchant à faire passer à la postérité le visage d'un parfait anonyme confondu avec Rimbaud sous le prétexte d'une enseigne d'hôtel en guise de (fausse) piste aux stars du Parnasse, de chasse aux mythes... Bertillonnage ? Identification judiciaire ? Tests ADN ? Les rieurs riront.

Les convictions pour le moins subjectives -autant dire hautement fantaisistes- de Jean-Jacques Lefrère et ses disciples sont une bonne gifle pour nous rappeler qu'à travers ce genre de révélation sensationnelle pleine de flou artistique lié à l'univers de Rimbaud, un Izarra peut toujours en cacher un autre.

Les érudits échaudés ajouteront : aujourd'hui plus qu'hier.

Méfiance donc.

Jacques Quentin
jacquesquentin@hotmail.fr

ARTICLE ORIGINAL : http://fauxrimbaud.blogspot.com/

Lire aussi "Rimbaud et ses faux embrouillages" : http://fauxrimbaud.blogspot.com/2008/11/rimbaud-et-ses-faux-embrouillages.html