"La plume est la langue de la pensée"
Miguel de Cervantes Saavedra

27/01/2017

Résidus poétique, premier

Quelques vers, certains écrits pour mon père auquel d'autres vers ont pris goût, et d'autres pour une muse hypothétique, et les derniers comme un couperet pour courtisans d'une ex-tête.





Dans mes souvenirs,
dans mon devenir,
à jamais tu resteras
mon papa


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je t'embrasse, tu m'embrases
tu me presses, je me dresse
je te lèche, tu me fesses
tu me blesses, je te flèche
on s'en lasse, on se laisse
on s'désèche à grande vitesse





M'attendant elle m'a dit "Prendre mon mâle en patience."
La quittant j'lui ai dit "Pendre mon mal aux potences."
 

à force de me replier sur moi
je ne voyais plus que mon nombril
mais dans mon obsession puérile
je ne donnais plus à voir de moi
qu'un trou du cul!

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S'éveiller tous les matins dans ce monde

Où l'immonde succède sans honte au pire


Jour après jour s'démener dans cette mer
de haine où sombre et se noie tant d'amour

Chaque soir se relever sans cesse et sans bruit
Se mouvoir et puis disparaître dans la nuit

Lutter dans la longue nuit sombre
S'ouvrir, agir pour en bas à gauche enfin voir
S'élever, briller cette étoile rouge et noire
Née d'la nuit pour dissoudre les ombres d'un doute...

De la main tendue des géants
Prête à broyer les poings levés des arrogants
Prête à souffleter tous les visages béants
Des petits à genoux et pas même innocents
 


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royaliste, si pour oublier en ce jour
celui, céleste, où le roi perdit la tête...
tu devais boire, tel un simple troubadour,
n'oublies pas, malgré les maux d'cul par-dessus tête,
qu'à défaut de l'avoir posée sur les épaules
la tienne n'finira pas sur l'échafaud, lol
mais entre deux fèces d'la cuvette des toilettes

 

29/07/2016

la peau est si...

Ma muse est à poil maintenant que je lui ai arraché toutes ces belles plumes... elle est partie il y a belle lurette et moi je reste las, là à chercher ma prochaine muse:



Elle a le feu,
Elle a la flamme,
Elle a les fesses
Au bord de l'âme

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Les courbes de son corps
Et sa peau diaphane,
Tel le clair de sa lune,
Sont autant d'invite à la prendre
Dans ses bras, moi j'bavais encore,
Qu'elle avait d'jà fondu sur moi.

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nous formons les jeunes
à ne plus savoir
qu'en faire
des vieux
nous déformons les vieux
l'affich'âge jeune
ne retourne pas
la page mais l'arrache
nous réformons les individus
pour qu'ils n'aient
qu'un peut-être
qui ne sera jamais sans avoir
nous conformons les fous
pour qu'ils ne soient
autres que c'nous
qui n'est autre que moi
nous informons les foules
sur toutes autoroutes
passant sous les radars
elles tournent en boucles
autour du libre choix
vraie poursuite illusoire
de la liberté

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Souvenons-nous

Levons haut le rideau sur les maîtres!
Souvenons-nous du poids d'nos chaînes
Rutilant' qu'posent le patron
Fabriquant chômeurs et ouvriers à la peine
Sans l'sens mais bien sous l'empire de sa raison.

Élevons nous sur le dos d'ces traitres!
Souvenons-nous de bains d'boue où
Nous piétine bottes bruyantes
Et bras armés qui choppent les ombres fuyantes,
Maintenant sous sa chape la rage qui bout.

Relevons le défi de ces piètres!
Souvenons-nous d'larmes de sang
Que tiraient alors d'nos yeux
Les brouillards bleus lacrymogènes, nous masquant
L'hideux visage de ce pouvoir insidieux.

Souvenons-nous...
Souvenons-nous d'nos victoires déjà anciennes
D'révoltes gagnanes en évolutions déchues
En révolution perdues ; vieille lune, antienne
D'grands soirs aux lendemains qui déjà ne chantent plus
À chaque jour suffit pourtant sa pleine...
Souvenons-nous de ce qu'est être

Soulevons-nous !


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je voudrais écrire
des mots qui s'effacent;
disparus
à peine caressés.
jungle des sens
s'enflammant
dans l'absence
d'essence;
des mots comme des feuilles
mortes, tombées de l'arbre,
se décomposent
pour composer le menu,
vivifier le terreau
sylvestre.
des mots brûlés
par l’œil qui lit
des mots dont
l'embrasement parcourt
le nerf optique
des mots forges
qui marquent
au fer rouge
la psyché
de l'autre
côté du miroir.
des mots nues
des mots nuages
des mots chimères
des mots rêves
des mots fantômes
des mots revenant
hanter la réflexion
de l'autre
côté du regard;
persistance rétinienne,
résistance idéale,
existence utopique.
des mots zapatistes,
disparaissant
pour mieux paraître.
des mots torrents
qui coulent de source,
se jettent dans la gueule,
dans le delta débouchent.
des mots sang
qui n'fait qu'un tour,
des mots sang-qui-bout
cent fois
sans loi,
cent feux
sans lieu,
des mots sans dieu
ni maître, ni esclave
des mots
mi maître, mi esclave.

28/06/2016

La présidentielle n'aura pas lieu





À l'assaut du ciel.
Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce…
Nous sommes le peuple qui manque,
L'être et le néon.
Arrache la joie aux jours qui filent...
Nous sommes l'étoffe dont sont tissés les rêves.
Nous sommes de ceux qui font l'amour l'après-midi,
Nous naissons de partout, nous sommes sans limite!
Le ciel sait que l'on saigne sous nos cagoules contre la loi « travaille » !
Accommodez-vous de nous, ne nous accommodons pas de vous.
Ne nous vouons pas au pouvoir, dévouons-nous à pouvoir !
Donnons du sens à nos actes, ne soyons plus automates !
Et qu'il vienne! Le temps dont on s'éprenne !
Nos nuits sont plus belles que vos jours !
La révolte est notre seule boussole.
Paillettes et barres à mine...
Nos casseurs ont du talent,
Nos vies contre votre béton.
Nos éboueurs ont du talent.
L'enfance est notre seule patrie !
On veut 100 balles et le mois de mars !
On passera en avril quand on le décidera…
Nos banderoles ont de la gueule et des dents !
Si c'est eux qui ont raison, je ne suis pas raisonnable.
Nique les porsches, on veut des faucons millenium !
Si on se jette dehors avec le diable au corps,
c'est qu'on refuse de vivre comme des morts!
Se salarier pour étudier ou étudier pour se salarier?
Je veux vivre de grève si vivre c'est travailler.
Travailleurs de tous pays qui repasse vos chemises?
Nous sommes de celles qui s’organisent :
on ne repassera plus jamais vos chemises !
Notre éducation nous prépare à la soumission.
Arrêtons d'être des copies qu'on forme !
Ne vivons plus comme des esclaves !
On a rien et on en veut encore.
Notre sport préféré: l'émeute!
Organizadons-nous !
Spinozad partout !
Grèce générale !
Occupons tout!
Bloquons tout!
À très vitre...


Les banks pillent les états,
l'état ruine le peuple.
caca pipi talisme
Paradis pour les uns,
pas un radis pour les autres...
Une chaîne de télé ça reste une chaîne,
Ouvre les yeux éteins la télé !
Retrait de la loi travail
ou on spoil
Game Of Thrones !
Leurs règles ont toutes une tombe.
Néolibéralisme mange tes morts !
Le travail est en crise, achevons-le!
Ni loi ni travail, de la révolte en pagaille !
La bourgeoisie au RMI, le patronat au RSA.
Le lacrymo gène, le fumi gène... on ne vous dérange pas trop?
Ils ont du sang sur les mains, on a que nos colères et nos poings!
Le travail est la pire des polices... détruisons les 2!
Que fait la police? Ça crève les yeux!
Qui sème le gaz récolte le pavé.
Arrêtez de nous arrêter!
Embrasons la police...
Tout le monde déteste la police.


1789 les casseurs prennent la Bastille !
Une pensée aux familles des vitrines…
Dites-le avec des pavés !
acabadabra nous revoilà!
Je pense donc je casse,
L'émeute reforme la meute,
Nous sommes un peuple de casseur-cueilleurs!
Agir en primitif, prévoir en stratège...
kass kass bank bank !
Blackbloquons tout !
Paris est une fête...
Paris soulève-toi avec rage et joie !
Sans pétrole la fête est plus folle.
Paris, on nasse très fort à vous,
Pour l'unité il faut des ennemis communs.
Il est grand temps de rallumer les molotov.
Si en mai il n'y avait pas eu de pluie, le feu aurait déjà pris.
Il pleut des perles d'espoir ! 50 nuances de bris.
La liberté se prend comme se donne la vie...
avec violence et dans le bruit !
L'action est la sœur du rêve.
Et si le casseur, c'était ta sœur ?
Mort au symbolique, vive le réel.
Rêve général!
Ceux qui rêvent sans agir, cultivent le cauchemar…
Si vous nous empêchez de rêver, nous vous empêcherons de dormir.
C'est pas la manif qui déborde, c'est le débordement qui manifeste!
Deux émeutes par semaines, oh mon dieu qu’elles sont belles!
On n'entre pas dans un monde meilleur sans effraction !
Valls prend ton temps on s'amuse énormément.
Quand le gouvernement ment, la rue, rue…
Le vrai désordre c'est l'injustice.
En cas de 49.3 brisez la vitre!
Ça passe et ça casse!
Jusqu'ici tout va bien,
c'qui compte c'est pas la loi travail,
c'est l'insurrection qui vient!
La barricade ferme la rue mais ouvre la voie !
Il est l'heure de destituer le gouvernement,
Dernière sommation avant l'insurrection.
En cendres tout devient possible!
Pour la suite du monde
Demain est annulé !
Le monde ou rien,
Demain c'est plus très loin !
L'avenir ne nous dit rien et c'est réciproque...
La fin d'un monde s'annonce par des signes contradictoires.
Renverser l’irréversible et rendre l'éphémère permanent.
Une autre fin du monde est possible ;
Quand tout s'arrête, tout commence.
Demain s'ouvre au pied de biche.
Dans saboter il y a beauté.
Sans vous la vie est belle.
Tout bloquer devient vital !
Soyons ingouvernable!
Continuons le début !
Vainqueurs par chaos !
À ceux qui se soulèvent tôt...
2017, les urnes en miettes !



 

Poésie des meutes:
collage de slogans, entendus en manif, glanés sur les vitres, les murs, les banderoles.
Murs blancs, peuples muet ! dit-on. Depuis le début du mouvement contre la loi « travaille », le peuple pose ses couleurs sur les façades de ses cellules grises...

sources principales: lundimatin ; paris-luttes.info

17/04/2016

poétique veine

Ma muse a trempé ma plume dans la veine poétique, alors que je cherche désespérément l'artère fictionnelle...


j'ai la poésie facile
coincée au fond d'la gorge
je racle et renâcle
à l'idée de cracher
cette morgue à la fesse
de l'Homme.

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Sois ma muse,
Je serai le poète,
Et peut-être, si ça m'amuse,
Alors, t'offrirai-je ma tête.


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j'ai l’œil très noir,
vide d'espoir,
d'un jour encore pouvoir boire
le calice de ton doux con
jusqu'à la lie, cœur de tout ton
corps beau de formes et de fond.


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Je voudrais encore souffrir
Pour me souvenir que je vis,
Alors que j'm'apprête à mourir
De l'extinction de notre envie


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j'ai l'esprit prisonnier
réfléchi
par une psyché
qui n'est pas mienne,
le miroir du monde.


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J'suis saoul,
et le monde appuie
les mille pointes
de ses aiguilles acérées
sur mes globes occupés
à déchirer le monde
devant moi d'un simple
battement de paupières.


Rêver ne me suffit pas!
Je veux ouvrir les yeux sur le monde.
Voir... y faire.
Et s'il me faut pleurer des larmes de sang,
ce sont elles qui teinteront le gris
de mes cellules,
aux barreaux de verre,
de ce feu de rage
qui consumera mon cœur
jusqu'à ce qu'il s’essouffle,
et que je m'éteigne avec lui.


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Le monde
sombre
dans le chaos,
A mis k.o.
debout
les gens au tapis,
rouge ou vert,
moi c'est un drapeau noir
que je brandis
que j'agite sur
l'air contrits
de mes contemporains.


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La majorité est chimère
Nous sommes tous minoritaires.

Moi, j'irai cracher sur vos nombres,
Où est enterrée ma schizophrénie
Dans la jolie boîte poussiéreuse
Si rassurante pour toute pensée binaire.



Je n'veux pas être pris en compte,
Ne comptez pas sur moi pour faire nombre!
Je ne s'rai pas fraction d'vos additions!
Je me soustraie à vos rentables obligations,
Ne v'nez pas m'dire encore et encore de me multiplier,
J'suis disciple indiscipliné de l'unité du multiple, yeah!
Pas l'unité démultipliée, j'suis d'la chaîne le manquant chaînon.
Je suis l'être, ce qui reste de la somme de vos divisions,
Je refuse de n'être que l'plus petit dénominateur commun,
C'que je cherche, moi, toujours et encore, c'est libérer nos envies Commune.




20/03/2016

Vers de terre et de sang, de mer et de vent


Bon, ça fait longtemps, alors voilà quelques vers de terre et de sang, de mer et de vent: 



Range tes yeux dans tes poches,
quand d'autres cousent leurs lèvres;
Clos tes oreilles à l'écoute,
quand les coups de fils te font taire.

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Nous sommes solitaires,
Maintenant soyons solidaires!

Chacun est ego,
Soyons tous égaux!

Nous sommes calibrés
Soyons des cas libérés!

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J'cueille un bouquet de fleurs
d'yeux, dans l'champ sémantique
en flammes, p'tits globes flétris
d'où montent ici de longs pleurs
qui noircissent les nuages, couvrant
de gris un levant fuyant, déposant
à terre leurs larmes de cendres et de sang.

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Nous marchons là, sur la cime des arbres
Nous jetons nos illusions en trombe
Sur les autoroutes d'infos qui plombent,
Où la plume n'fait pas le poids du sabre.
Et nous creusons nos tombes
Dans le sillon d'nos bombes.

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La vie se conjugue à l'imparfait du subjectif,
elle s'écrit sous l'impératif du présent,
et se lit comme futur inconditionnel.

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Le monde est trop vaste
Pour ne vivre qu'ici,
Maintenant est trop court
Pour n'en pas chercher l'ailleurs…


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Quand je pousse mes globes oculaires hors de leurs orbites pour voir au-delà du bout de mon nez, mon regard tombe irrémédiablement de mon nombril sur le bout de mes chaussures.
Le temps avance inexorablement hors de moi, tant il est le maître commun à l'humanité, et me voilà cul par-dessus tête poussé au roulé-boulé métaphysique, je suis une roue arpentant le serpent d'asphalte d'un temps linéaire sans être droit. Le présent devient instantanément ce passé qui se tient face à moi, tandis que je tourne ostensiblement le dos au futur. Je suis un cycle, le petit rouage qui fait avancer le tapis roulant du temps.
Il est temps de dormir.

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Je ne vois pas dans mon corps la prison de mon esprit, mais l'esprit comme la tentative répétée du corps de s'extraire de lui-même, comme l'élan vital cherchant à s'affranchir de la vie, en la recrachant à la gueule du monde.
Je passe mes nuits à prendre mon envol dans cette boue gluante qui me colle au sol. Chaque seconde j'éclos en mille bulles qui explosent aussitôt dans ce bain de culture bouillonnant chauffé aux feux d'une nature irréfléchie. Je m'élève alors une seconde, l'instant d'une larme chaude et salée sur la peau sucrée glacée d'un mort, au-dessus de la bassesse humaine dont je contemple la beauté chaotique du monde, ce magma en fusion nucléaire stellaire et quantique, suintant des particules atomiques comme des supernova dansant telles des diamants sur le disque d'un trou noir ou de ver. Les lois physique naissent et meurent alors au jour le jour, c'est-à-dire en d'innombrables millénaires.
Puis je retombe, rattrapé par la pâte visqueuse qui me fait piquer du nez dans le réel.
Demain sera une autre nuit…

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Salut vieux Jul en peau d'César,
J'aimerai avoir la peau de Césaire,
Mais je n'en aurai jamais qu'ses aires,
Il faut rendre à César ce qui est à César
Et rendre aux poètes leurs papiers,
Aux arbres leurs feuilles,
Au feu ses femmes,
Aux cieux ses nues,
Et remettre en terre
La poussière des Hommes.

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il n'y a plus d'étoiles dans le ciel,
toutes sont dorénavant à l'écran,
tombées, hier pourtant portées aux nues,
étincelantes, dansent les fleurs de trottoir,
passé fuit, nul futur ni reflet dans l'miroir,
flammes dénudées orangées et si menues,
p'tits soleils aux nerfs à vif, d'arrêt à cran,
tableaux teintés de ces ocres de miel.


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En Saxophonie, la nuit est une longue note bleue,
un air soufflé sur tous les toits aux clefs de sol,
tombée de la partitions de nos grands cieux,
respiration entre noires et blanches, toutes folles.


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Sois le fil rouge
De mon histoire
Tant décousue que noire,
L'étoile de nos bouges,
Ces cieux infiniment nocturne
De mon univers taciturne.

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j'ai le goût de ton sexe sur ma langue
et son odeur sur la pulpe de mes doigts.
je veux courir sur les deux rives de tes lèvres,
te sentir mouiller mes pas, éperdus va-et-vient,
tirer la langue dans l'ascension d'ton mont d'Venus,
t'titiller l'clito, suçoter l'téton d'ta rose bonbon,
enfin, recommencer jusqu'à me noyer corps et âme en toi.


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Et une "reprise" à peine retravaillé de quelques mots écrits en hommage à Artaud et Rimbaud:



Ah, d'Arthur à Artaud,
D'Antonin à Rimbaud.

De Marseille à Marseille,
Du Mexique au Yemen,
Du Paris d'la Commune,
Aux déserts des écumes.

D'la poésie à la folie,
De l'Albatros à l'enfant roi,
Des camisoles nues, des semelles de vent,
Aux cruels théâtres du poète-voyant.

Des fées vertes au Peyotl,
Et des maux de tête à l'ennui,
Des Illuminations aux électrochocs,
D'l'Ombilic des limbes au poète maudit.

Il faut, à les lire, plus d'une saison en enfer,
A l'unité du multiple d'ces deux âmes écorchées,
Comme autant d'bateaux ivres éperdus sur leurs corps échoués,
Pour en finir à jamais avec le jugement de Dieu, d'nos pairs.


14/11/2015

des morts et des mots



les larmes et le sang coulent sans distinctions
de couleur de peau, de culture ou de religion,
ils vident nos corps et nos cœurs, indifférents
et ne laissent derrière eux que des os blancs.
‪#‎VosGuerresNosMorts‬

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Attentat, état d'urgence, fusillade, fermeture des frontières...
pris en étaux entre l'enclume du pouvoir
et le marteau de la haine, ses coups de butoir
j'irai cracher sur vos bombes,

j'irai baiser sur nos tombes...

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face à l'aveugle bêtise aux abois
face aux borgnes au regard bicolore
qui rêvent de peuples pour les faire rois,
non, je ne me voilerai pas de tricolore!
j'ouvre les yeux sur la toile de haine tissée patiemment
par les uns et les autres qui nous enferment sciemment
dans le carcan de leur ignorance,
cherche l'arc-en-ciel de l'intelligence
qui, si elle ne protège pas des flèches de la bêtise
nous empêche de couvrir nos carcasses chétives
de l'atroce peau de cette bête toujours immonde
quelque soit le drapeau qu'elle arbore face au monde.




ils ont en commun leur haine de toute émancipation humaine,
ils ont en commun leur peur de voir tomber leurs dictateurs,
ils ont en commun leur soif de pouvoir, leur dégoût de tout savoir...

31/10/2015

dans l'oeil du cyclope


Tes cheveux blonds comme l'épée ont brûlé vif le sujet, coupé la corde au cou attachée à un bouquet de ballons s'élevant vers les cieux comme une averse tombe à terre, tranché le fil de ma pensée, le lien de raison. Nerfs cataleptiques, sectionnés au culte du mouvement. Moi, je marchais, funambule sur la corde raide de l'amour, suspendu au-dessus de l'abîme des plaisirs. Mise en scène ou en abyme, on s'abîme et on s'aime.

Tes yeux bleus, deux cyclones ! m'ont lancé en l'air en un éclair, comme une pièce en écho au hasard. C'est pile j'm'efface ; c'est face j'm'épile. Je m'élevais dans la cornée d'abondance, des cônes et des bâtonnets en fétus de paille dans l’œil du cyclope. Tranchés, le globe oculaire ! Tranché... La dépression m'a craché sous ma tombe du 7e ciel, maintenant je repose 6 pieds sous terre et m'exprime en vers et contre tout, à tort et à travers.

Ta peau de sable fin abrite mile criques qui s'ouvrent sur les pores où font naufrage les bateaux ivres, où j'ai jeté l'encre, où j'ai échoué. J'ai retourné la plage avant de tourner la page et traversé les déserts de pierres brûlantes recuits au soleil des nuits humaines. J'ai gravi tes seins comme une chevauchée de champs de blés, j'ai cavalé dans ta forêt au feuillage doré, mes pieds vouvoyaient la terre pour mieux tutoyer les nuages.

Dans la grotte humide de ton sexe j'ai goûté à l'un des sens, le 6e caché cul pardessus tête, j'suis à l'ouest, propre comme un sou neuf. J'ai mis l'doigt sur le point j'ai mis le poing sur les i... dont les dés sont jetés! L’ascension des sens se fait sans raison mais pas sans sentiment. Je suis nu comme un ver sur le tapis rouge. Les jeux sont faits et divins. Rien ne va plus. Un sort est fait au 69, de fait c'est le 96 qui sort. La bête à deux dos n'est plus au bout de la nuit qu'une créature à deux ventres repus de plaisir, deux amants qui se tournent le dos sans s'faire la tête, qui se disent au revoir sans plus se voir.

21/10/2015

Petites pièces poétiques


Ma muse y a perdu des plumes, mais elle vole en corps et encore...




 L'amour a éclos
Jolie bulle d'été indien,
L'automne l'explose.
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Deux bourgeons au dos
Ailes de l'amour naissant,
L'oiseau vient libre.
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Mon doigt est en toi
Chaleur moite de l'été,
L'tactil fait écran.


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Je voudrais courir là
Où toussent les chrysanthèmes.
Je voudrais mourir là
Où poussent les cris sans thème.
Je voudrais pourrir là
Où moussent les crises antiennes.
Je voudrais nourrir là
Où sourcent les tristes antennes.
Je voudrais sourire là
Où jouissent les mises en scène.

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j'peux plus jeter ton nom en pâture à mon âme,
seul au combat dans l'arène de cœur d'ma dame,
corps à corps, encore! mais l'cœur à cœur désarme.

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Cet été qui était

Ludi tu as été, une comète dans mon ciel d'été,
Ce bel été n'est plus, en ce début d'automne, qu'un était.
Moi je rêvais un peu trop fort, de nous conjuguer au futur,
Le présent nous étant interdit et le passé trop présent, un mur.
Présent imparfait quand déjà je rêvais de futur, neuf années à l'antérieur.
Un passé si vite décomposé en devenirs à titre indicatif, l'ailleurs.

Puis le passé a traversé le temps, tu étais là, une présence,
Un présent dissolvant le passé dans le tumulte de l'indécence.
J'ai ouvert les fenêtres de mon âme sur l'à venir, œil sur la cible,
Mais les nuages amoncelaient leur grisaille sur le chant des possibles,
Quand d'un geste délicat, tu as tiré le rideau sur la psyché du futur
Déjà loin d'être simple, le présent étant bien plus que parfait, un matin pur.

Tout n'est plus aujourd'hui que subjonctif, paumé entre passé et présent,
Un amour condamné en liberté conditionnel, un présent très plaisant,
Pour moi insuffisant. Aimer, comme être, ne se conjuguent vraiment qu'au pluriel.
Toi et moi peut être Nous, un Vous tout désigné, un Ils, entité tierce et impersonnelle,
Un On, pluriel à la conjugaison singulière, première personne d'un pluriel deux fois singulier.
Nos singularités, si bien désaccordées, c'est au rythme heurté de nos vies qu'elles ont du mal à s'accorder.

Je hais c'problème de concordance des temps,
Qui en nos corps danse, détend, nous l'espace et l'étend,
Laisse passer le temps dans le trou d'ver, sous le pont d'envie,
Ce manquement à l'accord à corps sur les sens dilués à l'eau d'vie.

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Nous pensons voir,
mais nous ne faisons que regarder la surface;
Nous croyons écouter,
mais nous ne faisons qu'entendre la rumeur;
Nous souhaitons sentir,
mais nous ne faisons que renifler la morgue;
Nous imaginons toucher,
mais nous ne faisons qu'effleurer l'autre;
Nous présumons savourer,
mais nous ne faisons que goûter au plaisir;

Nous désirons aimer,
mais nous ne faisons que nous accoupler;
Nous espérons réfléchir,
mais nous ne faisons jamais qu'y penser;
Nous nous sentons vivre,
mais nous ne faisons que sous-vivre.

27/09/2015

poésie etc...

le problème des plumes, c'est que pour écrire on les arrache aux ailes des muses...




Tomber en amour
Pour se laisser rattraper,
Nous cet autre jeu.
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Ta peau au matin
Sous le pinceau du soleil,
L'amour nous éveille.
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Corolles ouvertes
Fleur de plaisir en bouton,
Jouis sans entraves.
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Lèvres ajourées
Goût d'ton sexe sur ma langue,
Le temps vagabonde.
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Sur ton mont plaisir
Tétons en éruption,
L'être s'évapore.
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Deux lacs bleus plaisirs
Reflètent ton blues à l'âme,
Les fleurs d'yeux éclosent.
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Courbes pleines et
Fines lignes de tes forces,
L'amour ça écorche.
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Ne nous aimons pas
Vie détourne nos regards,
Entrevivons-nous !


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Nos corps se connaissent par coeur
Nos coeurs ont à s'connaître encore,
Le temps a tant de sens.

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Viens, fais couler les larmes,
ou fais monter la sève,
Allez, déchire ce voile d'incertitude.

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Ballotté par les vagues
Battu par tous les vents,
Tanné par le soleil,
Tourmenté par la terre

Écartelé en long en large et en travers
Pendu haut et pendu court
Brûlé au dernier degré
Enterré six pieds sous terre

Jeté aux quatre vents
Ou noyé dans la nasse
Enselevi dans l'trou
Recuit aux feux d'l'enfer

Fusillé d'sang froid
Éventré à chaud
Je ne souffrirais jamais tant de maux
Qu'en ces jours loin d'toi...

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Le sourire que tu as figé
Sur mes lèvres turgescentes
sèche, commissures en descente,
fane puis s'étiole tel une fleur arrachée.

Les mots irriguent encore
Ma langue rendue muette
Ne parcourant plus ton corps
Elle esquisse ton ombre fluette.

Pas assez de tes baisers
Trop de ces lourdes sentences
Abreuvons nos consciences
Aux sources d'l'amour brasier.

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quand je t'appelles je n'aime pas
la solitude sonnant à la consicence,
Je hais quand tu ne m'appelles pas
cette distance décroche ma patience.

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cassez vos télés, vomissez sur les guignols qui s'agitent au petit théâtre des cruautés cathodiques, ne changez pas de chaîne, brisez-les, libérez-vous de l'emprise de ces marionnettistes, ne soyez plus marionnettes tristes, ne vendez pas votre temps de cerveau disponible aux bonimenteurs qui gouvernent mentent, n'achetez plus les programmes de vos vies, de vos soirées, de vos journées, de vos nuits, déprogrammez-vous, consumez-vous, ne consommez plus, le capitalisme n'est pas le royaume de l'individu, il prend les enfants à la crèche, les classe, leur dicte l'univers cité, les élève en série, tous semblables tous inégaux devant le "métro-boulot-dodo", il n'y a pas d'individu, que des clones sériels, des serial cloneurs patronaux, le travailleur ne fait pas l'usine, mais l'usine fait le travailleur, l'homme ne fait plus la pensée binaire, la pensée binaire fait l'homme d'aujourd'hui d'une société cohérente où Président Directeur ou Généraux visent à ce que chaque citoyen pense de même, alors la plus-value spirituelle est attendue, c'est entendu, une société vivante n'attend rien de sa communion, elle découvre, en communard, la force des individus et laisse éclore la fleur commune de la révolution sociale.

12/09/2015

précipités poétiques

faut que ça sorte si je veux pas que ma tête explose... alors je continue :)


Du soir au matin
Et du matin au soir
Nous avons fait et défait
l'amour et la mort,
Nous avons noué et dénoué
Nos intestins entre eux,
Nous avons lacé et délassé
Nos corps et nos cœurs,
Enlaçant et entrelaçant
Nos âmes et nos peaux,
Mêlant et emmêlant
Nos chairs et nos sangs.
Nous avons accordé et désaccordé
Le rythme et le souffle de nos désirs,
Avons effleuré, fait affleuré nos sexes silexs,
Embrassé et embrasé nos corps écorchés,
Baisé les braises encore envies,
Désacralisé les fluides de nos corps,
Sacralisé les nerfs coulant sur nos os.
Nous jouissons et nous réjouissons de tous
Les membres de nos anatomies démembrées.
L'un contre l'autre nous nous sommes pelotés,
Et pelotonnés l'un dans l'autre,
Nous nous sommes serrés et desserrés,
Nous avons désaltéré nos substances altérées.
Déstabilisants, nos émois nous stabilisent,
La tendresse nous aliène en nous désaliénant,
Nos désillusions nous illusionnent,
Nos illusions nous désillusionnent.
En susurrant nos desseins en ton sein,
Nous encensons les sens indécents et incertains.




Cons sommés de consommer
De se consumer aux feux de la productivité.
Entrez! Entrez!
Prenez la file. Patientez!
Consommez! Consommez
Les rayons de supermarchés,
Produits d'appel du pied
Pour disposer de cerveaux laids.
Faites la queue,
Encaissez! Encaissez!
Crachez le cash, cachez le trash
Du prêt-à-porter prédigéré.
Habillé pour l'été, rhabillé pour l'hiver.
Mangez! Mangez!
Pizza 4 raisons à en perdre les saisons.
Prêt-à-penser pour papiers prémachés.
Pas d'amour, faites le buzz,
Lady coca-cola, love buzz.
En route pour la joie d'heures
Et d'heures de choix de vie,
Devant les linéaires d'eaux embouteillées,
D'aliments calibrés, surgelés.
Consommez! Consommez cons gelés
Par les colonnes d'entrée et de sortie,
Faites du chiffre, défaite du sens.
Bouffez! Bouffez!
Il en sortira toujours quelque chose.
Nos boîtes n'usinent pas de causes,
Rien que des conséquences.
Merde!





Nous croyons regarder nos écrans,
mais ce sont eux qui nous épient,
nous nous fixons, miroirs de nos
âmes abîmées et désincarnées.

Nous croyons plonger dans nos écrans,
dans des paysages i-réels, feux d'artifices
et de pixels, mais une fois la fenêtre ouverte
l'i-monde colonise jusqu'à nos pensées cachées.

Nous croyons nos rêves enfermés,
amis et followers mis en boîtes,
à la religion du 0 et du 1, les convertis
jamais n'éteignent ni la foi ni les écrans.

Mais pour ce dessein aussi peu intelligent
bien que complexe, nous mettons nos
vagabondages au pas cadencés, décrépis
et corps et âmes nous voilà dissociés.

À force de mirer nos écrans,
nous sommes tombés dedans,
loin du terrain, proche du plan,
on ne vit plus les évènements
on événementialise le vivant.





Vous vouvoyer?
Tu me tues toi!





Je me suis perdu dans l'eau claire de tes yeux
pour t'y retrouver. À la surface calme de ton âme
c'est alors mon reflet qui a jailli en place et lieux
tel un géant dressé, abreuvé de tes larmes bleues,
tombé à genoux, laissant choir toutes ses armes,
il a replongé. Moi, je suis né de l'orage de tes cieux.


Le géant de perles d'émotions, disjoint de sa mer
de naissance, cherche hagard à combler ce vide,
implorant Spock de le téléporter, d'amour avide
il ne bouge point, pieds aux nues et tête amère.

Le géant de chagrin se dresse puis tutoie les étoiles,
il creuse les cieux, troue la matière noire de ses griffes
blanchies par toutes les nuits à prospecter le multivers,
pendu haut et court aux cordes tendues de toiles branaires,
dansant et sautant des dimensions de sciences apocryphes
en univers parallèles, pages de Sable Fin, dort à la belle étoile.

Le géant de sanglots s'étire, lance ses bras en tous sens,
il saisit entre ses mains puissantes l'espace et le temps
les tords pour tendre un pont vers sa belle, un trou de verre,
mais la passerelle, tel un ressort, la lui fait à l'envers
s'écrase sur sa face, efface le sourire sur ses lèvres, palpitant
son cœur s'emballe, explorant des lois la désobéissance.

Le géant de spasmes, réduit à la taille d'un chat
de Schrödinger, se débat dans l'absurde du monde
de l’infiniment petit et de ses vérités quantiques,
tente de vider sa matière de toute structure, de ses tics,
de transférer son fond aux formes de la vagabonde,
semer la lumière par la grâce de quelqu'entrechats.

Le géant, entièrement éploré, n'est plus que fine pluie,
il ne lui reste plus pour se rapprocher de sa dulcinée
qu'à coucher sur les plages blanches de ses courriers
les émotions miroitantes à la surface de l'océan infini

De tes yeux